| ------- Partenaires ------- |
Dans la cour des petits
Critiques > 19 octobre 2010
Kate et Humphrey ne sont pas des stars absolues du cinéma hollywoodien − mais on sent la référence, oui −, non : ce sont des loups. Et dans la société des loups, les meutes se divisent en Alpha (en gros, les leaders et les guerriers), les Omega (les bouffons) et... le reste de l’alphabet grec, probablement, qui s’applique à tous les autres. Les Alphas et les Omegas ne se mélangent pas, vous pensez bien, mais lorsque Kate-l’Alpha et Humphrey-l’Omega se retrouve embarqués dans une grande aventure pour retrouver leurs terres, tandis que deux meutes menacent de s’entredéchirer s’ils ne rentrent pas à temps, on sent poindre l’aventure édifiante qui verra les deux tourtereaux-louveteaux se jeter dans les pattes l’un de l’autre.
Bon. Autant dire que le scénario ne brille ni par son originalité, ni par sa volonté de complexité. Non, Alpha et Omega tient de la production à la chaine, prévue pour remplir le cahier des charges d’un film d’animation 3D familial. Assez court, le film aurait sans doute peiné à rajouter de la matière à son scénario déjà des plus minces. Les repères attendus dans une production de ce type sont bien là, avec notamment une paire de goosy sidekicks improbables (un canard anglais et un jar français) plutôt ratés mais heureusement très discret, une aventure balisée selon le mode exposition − utilisation des forces des protagonistes, etc.
Techniquement, le film surfe − c’est le cas de le dire, au vu des performances de Humphrey le loup-à-luge − sur la vague 3D avec des séquences échevelées dont la pertinence n’est pas évidente mais l’efficacité avérée. Courant droit au plus spectaculaire, le film ne prend le temps de s’arrêter sur rien − si l’ambition de l’équipe est de donner dans le spectacle premier degré, soit, c’est réussi, d’autant qu’au contraire d’un Kung-Fu Panda réac, le film a la bonté de se faire l’apologie de la rébellion contre les traditions. Voilà qui change. Cela dit, ce n’est qu’une maigre consolation à une exécution sans passion de son sujet. On peut d’ailleurs regretter que ce film bien inoffensif se révèle être le dernier film de feu Dennis Hopper, dont la performance vocale est le dernier "rôle" au cinéma. Comme chant du cygne, un loup hurlant à la lune convient fort bien, mais quand même...
Vincent Avenel