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Better Things

réalisé par Duane Hopkins

Critiques > 20 janvier 2009

critique du film Better Things, réalisé par Duane Hopkins

Le moins qu’on puisse dire du premier long métrage du réalisateur britannique Duane Hopkins, c’est qu’il ne prête pas à l’optimisme. Amours et haines divers se nouent à tous les âges ainsi sous la caméra volontiers dépressive du réalisateur. Celui-ci fait preuve d’une rigueur omniprésente dans une mise en scène appliquée, mais également dans ses thématiques, sombre et sans concessions. On ne le dira jamais assez, cependant, la noblesse d’un propos ne fait pas la qualité d’un film.


L’amour, ça se décline infiniment. Combien de films nous ont ressassé cette vérité ? Et combien d’entre eux ont conclu, une petite musique romanesque et d’émouvants mouvements de caméra à l’appui, que c’était tout de même ce qui comptait, avant tout, l’amour ? Le film de Duane Hopkins n’est pas de ceux-là. Dans une petite ville d’Angleterre, on s’aime comme on peut : une jeune fille handicapée ne s’aime pas elle-même, mais elle se rattrape maladroitement sur la vieille dame dont elle s’occupe avec sa mère ; un jeune homme aime tragiquement son ex-petite amie, morte d’une overdose ; un couple âgé essaye de s’aimer, malgré de vieilles trahisons qui ont tout brisé entre eux... Et aucune de ces personnes ne vivra tout cela facilement.

Car rien n’est badin, léger, paisible, souriant chez Duane Hopkins. Chacun de ses protagonistes payera le prix fort, dans sa tentative d’aimer – car on n’aime jamais impunément, que cela soit dit. Également présent dans la chaise du scénariste, Duane Hopkins raconte donc avec application les destins de chacun de ses amoureux, la façon dont parfois ils s’interpénètrent... Et c’est là, notamment, que le bât blesse : que la tragédie inhérente à l’amour et à la romance rassemble ses protagonistes devant la caméra de son réalisateur, soit – la cause est entendue, le thème proprement défini, c’est presque un exercice de style à la Queneau, avec les souffrances de l’amour en guise de bus. Mais si Hopkins possède une capacité réelle à explorer scénaristiquement les méandres de la diversité des amours, il bute souvent sur les difficultés à créer un récit homogène.

Plus gênant encore, si Hopkins peine réellement à crédibiliser les liens entre ses personnages, son montage s’en ressent également. Réalisateur à la stylistique froide et appliquée, Hopkins parvient à créer un univers visuel rigoureux, à la fois grâce à sa mise en scène (qui n’est pas sans rappeler certains aspects de celle de Steve McQueen dans Hunger), à la photographie de Lol Crawley, et à son choix narratif. Le récit, ainsi, est automnal, gelé autant physiquement que métaphoriquement. Si la tentative est intéressante, Hopkins va malgré tout empiler sans vraiment de grâce ses morceaux de récit, avec une volonté manifeste de coller presque toujours à la chronologie stricte. Si cela permet certainement d’établir un comparatif entre les difficiles renaissances de certaines histoires, et la déchéance d’autres, la cohérence du récit s’en ressent malgré tout – comme si Hopkins s’était finalement refusé à styliser sa temporalité, sans pour autant que cela soit un choix artistique de sa part.

Après l’impressionnant Hunger, Better Things enfonce le clou : le cinéma indépendant britannique a toujours des choses à dire. Comme le film de Steve McQueen, celui de Duane Hopkins n’est cependant pas exempt de défauts, avant tout d’un point de vue formel. Mais, toujours comme le film de Steve McQueen, il demeure la preuve que la perfide Albion est une contrée fertile en talents en devenir, qu’il convient de découvrir et de suivre.

Vincent Avenel


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Better Things (Royaume-Uni, 2008). Durée : 1h33. Réalisation et scénario : Duane Hopkins. Photographie : Lol Crawley. Montage : Chris Barwell. Musique : Dan Berridge. Production : Samm Haillay, Rachel Robey. Interprètes : Rachel McIntyre (Gail Wilson), Liam McIlfatrick (Rob), Betty et Franck Bench (Mr et Mrs Gladwin)... Sortie : 21 janvier 2008.

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