On a un gros problème...
Critiques > 20 mars 2005

De Une époque formidable à Casque bleu, l’ancien membre du Splendid prenait le risque de rompre avec les canevas de la comédie en abordant des sujets relativement difficiles. Aujourd’hui, le succès des Choristes a considérablement amplifié le retour de Pinot simple flic, déjà amorcé par le carton tout aussi incompréhensible de Monsieur Batignole.
Sur tous les fronts, des César aux Oscars, de Télérama aux Enfoirés, Gérard Jugnot ne doute plus de rien. Il s’attaque désormais au texte de René Fauchois qui avait inspiré le grand classique de Jean Renoir en 1932. Mais tous comparatifs semblent ici superflus : il ne s’agit en aucun cas d’un remake, comme en atteste sans la moindre ambiguïté l’affiche, d’une laideur déconcertante, qui vend son film sur une phrase bête comme bonjour : « on a un GROS problème ».
Et ce problème, c’est bien Gérard Depardieu, tout droit sorti d’Astérix, qui fait aussitôt oublier le grand retour qu’André Téchiné lui avait offert dans Les Temps qui changent.
Il est évident que le Depardieu de naguère, façon cousin de De Niro, n’est plus, et ne sera plus. Celui qui a tourné avec de grands cinéastes avant-gardistes, s’est confiné dans un rôle de grand beauf, personnage assez démodé de nos jours, pourrait-on souhaiter.
Seulement, le cinéma populiste revenant sur le devant de la scène on peine d’ailleurs à croire que cela puisse exister en 2005, la faute à Raffarin ? et l’anti-intellectualisme puant de certains, trouve en Depardieu leur plus grand défenseur.
Clément Graminiès
Image Pathé Distribution