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Ringardise et compagnie

Edy

réalisé par Stephan Guérin-Tillié

Critiques > 2 novembre 2005

Malgré un réel talent pour les dialogues, Guérin-Tillié n’a pas su se démarquer du cinéma français comique (on pense aux Ripoux, Tontons flingueurs et compagnie) ; le jeune cinéaste, et c’est dommage, pèche par manque d’audace. Si Edy suscite un rire convenu, ce film repose beaucoup trop sur les prestations de l’ami Noiret et du vieux clown Berléand. On peut donc reprocher à ce premier long-métrage de faire coïncider registre noir (d’un goût douteux) et prose franchouillarde réchauffée.


Nom ringard pour un film ringard, Edy est le premier long-métrage de l’acteur Stephan Guérin-Tillié. Ringard parce qu’il y a dans Edy une sorte d’entourloupe narrative : le scénario est solide certes, appliqué, et consciencieux mais proprement tiré par les cheveux. Ce film noir aux 1001 rebondissements ressemble à un mauvais polar d’un Pouy à bout de souffle (RN86 au hasard). Edy, c’est donc l’histoire d’un assureur véreux (François Berléand) qui tue un pauvre type par malchance ; notre assureur maquille alors le crime avec l’aide de son acolyte chef, Le vieux grandiloquent, j’ai nommé Philippe Noiret.

Un mot. Si ce premier film est racorni c’est à cause de ses acteurs vieillissants en mal d’eux-mêmes : un Philippe Noiret nostalgique des Ripoux 3 et un François Berléand au rôle un peu tiède après sa shakespearienne prestation de méchant des Choristes. C’est du réchauffé ces huiles qui viennent se charrier au milieu d’un cimetière ; dommage qu’un jeune cinéaste les y encourage. Les deux acteurs font la causette, les femmes, la solitude, l’ennui, les animaux domestiques, enrobés dans le caustique potache. Humour franchouillard jusqu’au bout des ongles (d’assureurs crapules), des répliques qui font sourire mais qui lassent. Et puis la complicité de ces deux forces tranquilles constitue la clé de voûte du film et ce au détriment des personnages féminins remarquables d’inconsistance (dont Marion Cotillard pourtant inoubliable dans Taxi) : pendant que les hommes raisonnent ou magouillent, les dames se font assassiner, virer ou alors dansent à moitié nues.

Conclusion : Guérin-Tillié s’est concocté une petite recette imparable, huiles du cinéma, polar à ressorts, et donc un producteur qui suit. Mais le cinéaste ne prend pas de risques et réalise un film français qui date. Rien de nouveau. Ce cinéma a cinquante ans. Sans compter les maladresses : cadrages un peu curieux, plans trop longs, musique qui meuble (décevant de la part du norvégien Nils Peter Molvaer : encore un musicien obsédé par Ascenseur pour l’échafaud, n’est pas Miles Davis qui veut...). Mais ce n’est pas ça qu’on reprochera à Guérin-Tillié : on pardonne mille choses à un premier film mais pas la frilosité.

Chloé Larouchi

Image © Mars Distribution


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EDY - Réalisateur : Stéphan Guérin-Tillié, production : little bear/Frédéric Bourboulou, Studiocanal/France 2 cinéma en association avec les films Zen ; image Christophe Offenstein, direction artistique : Fred Remuzat, montage : Stan Collet, son : Murielle Damain,/Elisabeth Paquotte, Eric Tisserand/ Williams Schmit, Interprétation : François Berléand (Edy), Philippe Noiret(Louis), Yves Verhoeven (l’inspecteur), Laurent Bateau (le guignol), Marion Cotillard (Céline/Chanteuse rêve). Et par ordre d’apparition : Sophie Nollet (Femme guignol), pascal parmentier (Voisin enervé), Marie Pillet (voisine Edy), Bernard Guérin (voisin Edy). Sortie le 2 novembre 2005

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