
Qu’écrire sur un tel film, tellement mauvais qu’il peut rendre agressif ? L’équipe de Scary Movie reprend du service ! fanfaronne le dossier de presse, slogan publicitaire qui finalement dit tout du film. Même goût du vulgaire, du gag corporel scabreux et de la citation en forme de détournement (exception faite, qu’ici ce sont les films d’amour et non les films d’horreur qui sont visés) que dans les déjà minables Scary Movie. Pourtant dans la trilogie quelques gags restaient à sauver, à l’inverse de Sexy Movie où tout est consternant et déjà vu, au point que l’on songe à une sorte de Scary Movie movie.
C’est le mouvement le plus daubesque de l’esthétique post-moderne qui s’exprime là, ne reculant devant aucune forme de cynisme pour faire rire son spectateur, n’ayant plus pour références que d’autres références. Ce cinéma vire au Barnum, mais un Barnum débarrassé de toute fascination et de tout esprit de contradiction. Ne nous y trompons pas, ce déballage de dégueulasserie n’a rien de provocateur comme chez les Farrelly ou chez Waters, et la morale triomphe toujours. Le mariage de nos deux tourtereaux aura bien lieu, qui plus est célébré par un nain noir. Deux minorités en une pour célébrer le triomphe de l’amour, nous sommes au Paradis.
Pour finir sur ce type de film qui devient tristement le tout-venant de la production comique américaine (sortie prochaine de Scary Movie 4), une citation du réalisateur et de son scénariste, Jason Friedberg : « Nous voulions créer un film romantique qui plaise aux femmes et une comédie qui plaisent aux hommes ! » Les clichés que véhicule ce type de film sur la nature des sexes révèle bien aussi la vision qu’ont les créateurs de l’humanité : une bande d’abrutis n’ayant plus qu’à réagir à des stimuli : romance pour mesdames, pets, rots et blondasses nues pour messieurs.
Seuls les fans de hardcore et les sociologues alarmistes apprécieront. Mais pour ceux qui n’ont jamais mis leurs yeux devant cet assemblage d’immondices, mais qui serait tenté par un dépucelage, nous leur recommanderons la bonne vieille morale américaine : restez vierge !
Raphaël Le Toux-Lungo
Photos © Twentieth Century Fox France