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Les dix meilleurs films de 2010 selon la rédaction
Hors-champ > 4 janvier 2011

| La rédaction |
Vincent Avenel
1. Valhalla Rising, le guerrier silencieux de Nicolas Winding Refn
2. Kaboom de Gregg Araki
3. Tournée de Matthieu Amalric
4. Les Invités de mon père d’Anne Le Ny
5. Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson
6. Centurion de Neil Marshall
7. Une Vie de chat de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol
8. The Ghost Writer de Roman Polanski
9. L’Illusionniste de Sylvain Chaumet
10. We are four Lions de Christopher Morris
On nous a déjà rappelé, dans les colonnes du courrier des lecteurs, la vacuité de l’exercice d’un classement des meilleurs films. Marronnier éditorial, l’exercice manque pourtant, il est vrai, de la plus élémentaire rigueur critique. Comment juger de la qualité d’une Vie de chat, joli film d’animation plein d’audaces inaccoutumées, de brillantes tentatives narratives et visuelles, à l’aune de la rudesse visuelle et formelle de the Ghost Writer, ou des éclats de rire de sale gosse de We are four Lions ?
Pas d’entourloupe, pas de pirouettes : c’est une comparaison vaine. Comme de vouloir désigner, avec un tant soit peu d’objectivité, un numéro 1. Les Invités de mon père pourrait aisément y prétendre, étant probablement l’une des plus intelligentes et courageuses comédies françaises ; Tournée pour son évident amour du cinéma ; Kaboom, parce qu’il marque le retour d’un Gregg Araki intelligent, audacieux, dynamique et brillant... Mais non. Ce sera le très décrié Valhalla Rising, qui, était vu en "rattrapage" très récemment, a eu l’immense avantage de la proximité temporelle.
Qui sait si le film, vu à l’époque de sa sortie en salle, après la vision d’une bande-annonce parfaitement mensongère, n’aurait pas été, en cette fin d’année, relégué aux fins fonds du classement ? Mais, il n’en sera pas ainsi : tempête cinématographique de cette fin d’année, Valhalla rises. capable tout à la fois d’évoquer les expérimentations de Kenneth Anger que le style élégiaque de Terrence Malick, que la rigueur réjouie et tendre d’Albert Serra, le film vaut aussi par son détachement intellectuel, sa proposition artistique éthérée et subtile sur les mystères de la foi et du martyr - et ce, sans avoir jamais recours à l’appui musical d’un Lac des cygnes trop pathétique.
Chacun sa foi, en somme, pour son classement. Foi également dans le monde de l’animation, qui s’épanouit avec les styles si différents de Mr. Fox, de L’Illusionniste ou d’une Vie de chat, et qui persiste à montrer que, là où le cinéma traditionnel peine à se renouveler formellement (malgré d’intéressantes tentatives comme le très surprenant Sound of Noise, à l’orée de ce classement), l’animation prend toujours plus la mesure de ses possibilités formelles. Foi, enfin, dans un cinéma toujours plus confidentiel : celui du geek Neil Marshall, encore honoré cette année, avec son Centurion qui devrait, et à juste titre, apparaître comme un grand film culte avec le temps.
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