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Les dix meilleurs films de 2010 selon la rédaction
Hors-champ > 4 janvier 2011

| La rédaction |
Sébastien Chapuys
1. Teza de Haile Gerima
2. The Ghost Writer de Roman Polanski
3. Bright Star de Jane Campion
4. The Social Network de David Fincher
5. Les Arrivants de Claudine Bories & Patrice Chagnard
6. Lenny and the Kids de Benny & Joshua Safdie
7. Le Braqueur de Benjamin Heisenberg
8. Poetry de Lee Chang-dong
9. Un transport en commun de Dyana Gaye
10. Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
– Ha ! C’est tout ?... – Mais… – Ah ! non ! c’est un trop court podium !
On voudrait citer bien d’autres films en somme…
En effet, la période ne fut pas avare en œuvres stimulantes - même si elles constituèrent souvent l’exception plutôt que la règle :
Des fresques foisonnantes et généreusement romanesques, venues d’Éthiopie (le magnifique et trop peu vu Teza), de Palestine (Ajami), du Portugal (Mystères de Lisbonne), d’Italie (Amore) ou encore d’Égypte (Femmes du Caire)… surent rappeler que le cinéma international ne s’adresse pas qu’aux critiques et aux jurés de festival, et ne se réduit pas à quelques œuvrettes minimalistes au récit anémique.
Une poignée de films inventifs et ambitieux (Scott Pilgrim, I Love You Phillip Morris, Kaboom, voire Inception) rachetèrent une production américaine qui table de moins en moins sur l’imagination et l’audace. La généralisation de la 3D ne constitue qu’un piteux cache-sexe technologique à un récit hollywoodien qui peine à concurrencer l’excellence des séries télévisées, alors qu’il gagnerait à s’en inspirer, comme le prouve The Social Network. Parallèlement, le cinéma dit « indépendant » disparaît peu à peu, faute d’avoir su renouveler ses recettes – seul demeure le touchant Lenny and the Kids.
Au-delà des languissantes chroniques adolescentes et autres portraits de groupes de bourgeois désœuvrés (que d’autres que moi se chargeront de vanter), quelques films français parvinrent surtout à nous rendre proche le passé (Liberté ; Nannerl, la sœur de Mozart ; Vénus noire) ou à ausculter le temps présent avec culot et pertinence (Le Nom des gens, Les Mains en l’air, ou le très sous-estimé Le Temps de la kermesse est terminé).
Quelques documentaires (dont le remarquable Les Arrivants, mais aussi Le Président, Faites le mur ! ou Le Temps des grâces) surent se placer à la bonne hauteur et à la juste distance de leurs sujets et ne pas sacrifier leurs visées didactiques à la précision de leur dispositif – même s’ils furent quelque peu noyés dans la masse des reportages plus ou moins militants mais rarement pertinents qui envahissent le grand écran depuis que le petit a définitivement abandonné sa mission d’information du citoyen.
Bref, pour celles et ceux pour qui le cinéma ne saurait se réduire à des installations d’art contemporain ou à des démonstrations de force d’auteurs-démiurges, mais constitue avant tout un récit en prise avec le monde qui l’a vu naître, 2010 n’aura pas été une trop mauvaise année !
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