Accueil > Actualité ciné > Critique > 17 ans encore mardi 21 avril 2009

Critique 17 ans encore

Zac a dit, par Nicolas Maille

17 ans encore

17 Again

réalisé par Burr Steers

Avec ses allures de Ken sur pattes, doté d’un organe vocal qui a émoustillé plus d’une fillette, Zac Efron avait tout pour être le survivant de la trilogie au succès planétaire High School Musical. Après une prestation plutôt réussie dans Hairspray, Zac, devenu un produit marketing à lui tout seul, renoue avec ses premières amours : la comédie guimauve pour pré-ados. Point de chansons ici, mais un peu de fantastique et surtout une complaisance hallucinante dans la propagande des valeurs puritaines. À fuir !

Quand il avait 17 ans, Mike O’Donnell (Zac Efron) était la star du lycée. Toutes les filles étaient folles de lui et il était le roi du dribble ! Vingt ans après, il a pris les traits de Matthew Perry (cherchez l’erreur) et il est devenu un loser. En instance de divorce, il vit chez son meilleur pote, un ado attardé archétype du nerd qui prend son petit dej’ avec des oreilles de Spock et peut vous réciter l’intégrale du Seigneur des anneaux. Heureusement, un bon génie donne à Mike une seconde chance et lui offre de nouveau son corps d’adolescent. Mike reprend les bancs du lycée et, en justicier des bons sentiments, il parviendra coup sur coup à récupérer sa femme, à défendre son fils souffre-douleur du bahut et à inculquer à sa fille de bonnes valeurs rétrogrades. Tout un programme !

Si certains penseront à Big, gentille comédie pour ados où un gamin se retrouvait comme par magie dans le corps de Tom Hanks, la comparaison s’arrête là car il n’y a pas grand-chose à sauver dans ce énième teenage-movie formaté. Le véritable sujet du film, c’est Zac Efron, produit marketing à la mèche longue révélé dans High School Musical. Il peut à lui seul déplacer des armées de pré-ados au bord de l’apoplexie, rien qu’à l’idée de voir leur idole en grandeur cinémascope. Reconnaissons au moins qu’elles ne dépenseront pas pour rien l’argent gagné à la sueur de leur baby-sitting puisque le beau gosse est de tous les plans. En guise d’amuse-gueule, il nous offre même ses abdos et son sourire ultra-bright avant de se risquer à une petite chorégraphie sur le terrain de basket, encouragé par des blondasses décolorées. Mais c’est une bien maigre consolation !

Ne cherchez, en effet, aucun cinéma ni sens de l’écriture dans ce navet affligeant qui ferait passe un épisode de 7 à la maison pour le comble de l’avant-gardisme. Car en quittant les délires musicaux formatés de Disney, Zac Efron s’est soudain transformé en messie des associations catholiques, se complaisant à véhiculer des messages remplis de puritanisme abject que nos chères têtes blondes vont s’empresser de gober. Au bout de ces 90 minutes irritantes (et autant de faux raccords sur les cheveux de Zac), on aura donc appris qu’il ne faut surtout pas être gros, qu’il vaut mieux éviter d’être homo et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir de préservatifs avec soi puisque bien entendu il ne faut pas coucher avant le mariage (c’est Benoît qui va être content !). Si seulement notre nouveau Jésus-Christ Superstar s’était mis en tête de multiplier les pains, il nous aurait au moins sorti de la crise. Malheureusement, son jeu du « Zac a dit » ne risque pas de faire de nombreux miracles, bien au contraire !

Alors on se console en essayant de trouver des excuses (qui ont du mal à venir). On se surprend à croire que cette fuite dans le puritanisme est une sorte de repentance des trop rares élans transgressifs du scénario, notamment lorsque l’histoire esquisse une idylle inévitable entre Zac et sa fille. Et on se dit que c’est bien dommage que cette voie ne soit prise que par intermittence, trop timidement. 17 ans encore ne dépasse ainsi jamais le stade du film formaté boosté à la sauce catho pour les ménagères de moins de 12 ans. Espérons que Zac (pas trop mauvais acteur au demeurant) ne s’enferme pas dans ce créneau. Car à voir l’hystérie provoquée lors de sa présence à l’avant-première parisienne, il y aurait fort à parier que la propagande continue encore quelques années.

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