Accueil > Actualité ciné > Critique > Bad Moms mardi 2 août 2016

Critique Bad Moms

© STX Entertainment

Bad programme, par Josué Morel

Bad Moms

réalisé par Jon Lucas, Scott Moore

Mis en scène par le tandem de scénaristes de Very Bad Trip, Bad Moms se fonde sur un principe simple : en déplaçant un imaginaire propre aux comédies teens (fêtes, excès et déluge de grivoiseries) dans l’univers d’une mère combattante et dévouée à sa famille, le film joue la carte du décalage pour ravir son auditoire. D’où une ouverture se gorgeant de situations et de figures archétypales pour dépeindre le quotidien de l’héroïne (famille, école, boulot) avant le bouleversement promis par le titre, soit la mutation de cette mère lambda en « bad mom ». Problème : si le cliché peut favoriser le décalage, le décalage lui-même est ici affaire de clichés. Noyant son vide d’inspiration sous la mélasse de tubes insipides, le film revêt la forme d’une suite de scénettes et de clips où les « mauvaises mères » se déchaînent au ralenti. La libération des pulsions et le rejet d’une image de mère idéale s’accomplit par l’adoption d’une autre imagerie, tout aussi cadenassée, constituant elle aussi un programme qui gouverne les actions des personnages.

Fausse mutation

Cette libération factice se révèle d’ailleurs passagère, puisque les protagonistes ne sont définis que par leur fonction maternelle et doivent donc nécessairement revenir à leur mission première. C’est là que le film, comédie repoussante de laideur et de paresse, se révèle toutefois un brin moins balisé qu’attendu dans son faux dynamitage du train-train domestique : cette mutation de la mère-type en « bad mom » s’achève par un aplanissement généralisé, où ce qui est d’abord présenté comme exceptionnel se retrouve finalement promu en norme (« Nous sommes toutes des mères indignes » est littéralement la morale du film, assénée par l’héroïne au cours d’un discours face à un parterre de mères en délire). Pas étonnant, donc, que les trois mères au centre de l’intrigue incarnent chacune un archétype (la normale, la weirdo et la dévergondée). Reste qu’un trio d’actrices à la hauteur aurait néanmoins pu relever la saveur de la soupe. Pas de chance, l’invisible Mila Kunis est épaulée par une Kristen Bell trop timorée et une Kathryn Hahn, seule actrice au potentiel comique du casting, en surrégime par rapport à ses camarades. Rien à sauver donc de cette comédie qui n’arrache pas un sourire.

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