Accueil > Actualité ciné > Critique > Beira-Mar, ou l’âge des premières fois mardi 16 février 2016

Critique Beira-Mar, ou l'âge des premières fois

Mauvaise peau, par Quentin Le Goff

Beira-Mar, ou l’âge des premières fois

Beira-Mar

Premier long métrage de deux jeunes Brésiliens, Beira-Mar se présente comme le voyage initiatique de deux adolescents : accompagné de Tomaz, Martín va rencontrer la famille de son père qu’il n’a jamais vue ; les deux vont en profiter pour « se découvrir ». Mais si les personnages, eux, sont censés vivre les choses pour la « première fois » – comme nous l’indique le sous-titre –, il en est bien autrement pour tout ce que nous voyons et que nous avons, malheureusement, déjà vu un bon nombre de fois.

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La porte des clichés est enfoncée à la première mauvaise peau du premier visage morne et inintéressant du film. À partir de là, Beira-Mar va dérouler à travers des séquences anodines l’enchainement habituel de l’ennui, du mal-être, de la perte/recherche de soi, de la sexualité… Pourtant les réalisateurs essayent de dépasser le déjà-vu en filmant de la manière la plus brute : pas de musique extra-diégétique, pas de surinterprétation, presque pas de scénario ; ils tentent de prendre les personnages dans leur dénuement le plus absolu. Mais à vouloir tout dire à demi-mots, le film finit par être inaudible, et les acteurs/personnages n’ont pas la présence suffisante pour combler l’aridité que pose le film. Et comme les réalisateurs ne veulent rien rajouter, ce qui se lit finalement sur leurs corps, ce sont tous les clichés évoqués. Trop peu incarnés, on finit par se dire que les personnages eux-mêmes, au lieu de vivre, passent leur temps à se dire combien l’adolescence est un âge compliqué et indécis.

Le film possède donc des tics auteuristes qui se confondent finalement avec un amateurisme assez peu engageant. Il abuse par exemple de la durée de ses plans, qui se transforme indéniablement en un problème de rythme général. Trop peu s’offre à une quelconque contemplation dans cette maison froide et sans vie, dans l’image grisâtre et surexposée de la caméra, pour que la durée puisse exister. C’est un grand problème pour un film convaincu à ce point de la nécessité d’un scénario minimaliste de ne pas parvenir à saisir autre chose de l’ordre du temps ou du moment présent.

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