Accueil > Actualité ciné > Critique > Bienvenue au cottage mardi 8 juillet 2008

Critique Bienvenue au cottage

Blood in Britain, par Nicolas Journet

Bienvenue au cottage

The Cottage

réalisé par Paul Andrew Williams

Un kidnapping raté tourne au cauchemar pour ses protagonistes, perdus au fin fond de la campagne anglaise et poursuivis par un fermier psychopathe. Inégale série B mêlant horreur et comédie.

Depuis l’arrivée sur la scène cinématographique d’Edgar Wright, avec ses désopilants Shaun of the Dead et Hot Fuzz, l’outre-Manche est devenu le territoire de prédilection d’une écriture mêlant codes du genre horrifique et irrévérence comique. Dans notre contemporanéité excessive, où de Saw en Martyrs l’interdiction aux moins de 18 ans apparaît comme un efficace certificat de perversité pour les futures ventes DVD, l’introduction d’une distance comique était de très bon aloi. Une judicieuse invitation à ne pas prendre le gore trop au sérieux.

Après London to Brighton, thriller fauché mais globalement salué par la critique, Paul Andrew Willams s’engage lui aussi dans cette nouvelle veine britannique. Le problème est que son film n’en a pas toutes les qualités. Là où Edgar Wright fait rapidement mouche avec son sens aiguisé du contre-pied burlesque, Paul Andrew Williams patine près de la moitié du film pour provoquer le premier rire. Il ne fait qu’enchaîner des joutes verbales aux finalités drolatiques si forcées qu’elles tombent à plat.

Il est vrai qu’il s’appuie sur un casting qui grimace plus qu’il ne joue. Andy Serkis se croit encore sous les traits du Gollum ou de King Kong. Stars de la télévision anglaise, Jennifer Ellison et Reece Shearsmith ne déméritent pas non plus dans le cabotinage. Mais tous ne font que se débattre avec un scénario qui insiste pendant de très longues minutes à installer des personnages dont la psychologie stéréotypée ne mérite pas tant d’égards. Quelques scènes bien senties auraient largement fait l’affaire.

Curieusement, alors qu’il semblait tourner définitivement à vide, le film finit par trouver un second souffle quand il se décide enfin à plonger dans l’horreur. La ferme maudite est bien rendue. Avec une très belle lumière notamment pour la partie cuisine. Le fermier assassin fout clairement les jetons. Et les tentatives comiques désespérées de la première partie se transforment en saillies vachardes plutôt réussies.

Alors qu’Andy Serkis continue sur le même rythme médiocre, le duo Jennifer Ellison et Reece Shearsmith finit par trouver le bon tempo. Le second pousse son rôle de victime expiatoire jusqu’à l’hystérie. Véritable fil conducteur du récit, il emmène tranquillement le spectateur amusé jusqu’au générique de fin. Dommage donc que Paul Andrew Williams ait autant tardé à trancher dans le vif. De cette hésitation première, il résulte un film bancal, coupé en deux, avec une face trop sèche, et une autre bien saignante.

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