Accueil > Actualité ciné > Critique > Camping mardi 25 avril 2006

Critique Camping

© Daniel Angeli

Cherchez le beauf, par Clément Graminiès

Camping

réalisé par Fabien Onteniente

Fabien Onteniente n’est pas ce qu’on peut appeler un réalisateur qui prend des risques. Après avoir surfé sur le succès de la France en Coupe du monde de football (rappelez-vous, c’était en 1998, quand tout le monde était convaincu que notre pays était le meilleur) avec son édifiante comédie 3 zéros, après nous avoir abreuvés de deux épisodes sur la Jet Set – plus Pédale douce que portrait au vitriol du monde de la bourgeoisie décadente –, après avoir surfé sur la vague de protestation de 1995 pour nous pondre un risible Grève party, voilà que le tâcheron de la comédie populo nous livre une énième variante du beauf moyen version Bronzés première génération, les répliques drôles en moins.

Comme son titre l’indique, Camping se passe dans un camping (jusque-là, le scénario reste simple) où plusieurs couples et personnages pittoresques (ah ! Patrick Chirac – sans lien de parenté – incarné par Franck Dubosc, tout un programme !) s’entrecroisent, s’entremêlent et finalement s’entrechoquent façon La Baule-les-Pins. En gros, nous dit le film, qu’est-ce que c’est mignon – mais quand même un peu con – quelqu’un qui campe. Ça écoute du Michel Sardou, ça mange des BN, en gros, ça se contente de peu. Mais qu’on se rassure, le réalisateur et les acteurs l’affirment haut et fort dans le dossier de presse : nulle question de se moquer de la pratique du camping ! On y apprend par exemple que Franck Dubosc en a fait « jusqu’à l’âge de 36 ans ! » (un exploit). Même le ténébreux Gérard Lanvin (rendez-vous compte !) avoue avoir dormi plusieurs jours dans son camping-car lors du tournage. Comme quoi, Camping est un film proche du peuple où l’on s’amuse de voir que les stars peuvent finalement être comme nous, se faire cuire un cassoulet dégueulasse sur le vieux réchaud de mamie. Et pour enfoncer le clou, le réalisateur avoue qu’il voit dans ces fins de vacances un peu de « la tristesse ouvrière ». Une comédie fine et politique, en somme, avec Mathilde Seigner la philosophe en prime : on ne se refuse rien !

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