Accueil > Actualité ciné > Critique > Des vents contraires mardi 13 décembre 2011

Critique Des vents contraires

Calme plat, par Fabien Reyre

Des vents contraires

réalisé par Jalil Lespert

Comédien sympathique vu dans quelques films estimables (Ressources humaines, Le Petit Lieutenant, Le Promeneur du Champ-de-Mars, entre autres), Jalil Lespert s’est déjà piqué de réalisation en 2007 avec un 24 mesures de triste mémoire, caricature lourdingue de drame psychologique. Avec son casting de vedettes et son pedigree vaguement prestigieux, Des vents contraires se présente d’emblée comme un divertissement de belle facture, plein de tourments et de mystère, d’intensité et de larmes : pour preuve, il est adapté d’un roman d’Olivier Adam, lui-même co-auteur du scénario (avec Lespert et Marion Laine) après avoir écrit ceux de deux gros succès du box-office français de ces dernières années, Welcome et Je vais bien, ne t’en fais pas.

On retrouve d’ailleurs dans Des vents contraires le goût du romancier pour les intrigues à chausse-trappes, ancrées dans un contexte social bien défini (ici, la province, sa petite bourgeoisie et ses laissés-pour-compte) et prenant pour prétexte une énigme policière pour évoquer la complexité des rapports humains (amour, amitié, famille, etc.). Soit l’histoire de Paul Anderen (Magimel, atone), écrivain à la peine depuis la disparition inexpliquée de sa femme (Audrey Tautou) suite à une engueulade. Quittant Paris avec ses deux jeunes enfants pour une maison familiale en bord de mer, Paul retrouve son frère (Antoine Duléry), se lie d’amitié avec un déménageur en pleine crise familiale (Ramzy Bedia, pas mal dans un contre-emploi) et essaye, avec l’aide d’une flic (Isabelle Carré) de faire la lumière sur des appels anonymes qui pourraient avoir un lien avec sa femme.

Vaste programme, illustré avec monotonie par une mise en scène qui se contente de coller platement à un scénario trop dispersé, bourré d’intrigues secondaires souvent bâclées (la liaison du héros avec une jeune fille trop jeune pour lui, piste intéressante mais pas du tout développée ; le kidnapping d’un enfant par son père) et de personnages trop figés pour éveiller le moindre intérêt. Des vents contraires se regarde comme un modeste téléfilm, sans déplaisir mais avec si peu d’ambition esthétique ou narrative qu’il est tentant de dresser sa liste de courses et de régler ses factures EDF entre deux scènes. Le dénouement, usant maladroitement d’un fait divers récent comme d’un électrochoc pour le spectateur comme pour les personnages (insupportable scène de douleur familiale), enfonce un peu plus le clou : Jalil Lespert, comédien sympathique sûrement, mais réalisateur tout à fait dispensable.

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