Accueil > Actualité ciné > Critique > Échange standard mardi 27 décembre 2011

Critique Échange standard

Gode blesse America, par Fabien Reyre

Échange standard

The Change-Up

réalisé par David Dobkin

Il fallait s’en douter : pour un Mes meilleures amies qui parvient à faire pleurer de rire en montrant notamment une bande de copines foudroyées par une impitoyable intoxication alimentaire, les studios américains vont continuer à nous abreuver de navrantes resucées du déjà passablement consternant Very Bad Trip avec amitié improbable entre personnages que tout oppose, humour riche en calories et beaucoup, beaucoup de gags peu ragoûtants. Lorgnant désespérément du côté des comédies des frères Farrelly (sans la tendresse pour les freaks en tous genres) et des productions de Judd Apatow (sans la sincérité geek et l’ambition un peu folle qui faisait la réussite de Funny People), cet Échange standard décroche la timbale de la plus éprouvante comédie caca-prout de ces dernières années. C’est dire.

L’histoire, déjà racontée mille fois, est celle de deux potes qui, après avoir pissé dans une fontaine magique, se réveillent un matin en ayant échangé leurs corps. Dave, accro au travail, mari et père frustré et épuisé, se retrouve donc dans les abdos de Mitch, grand con loser qui passe le plus clair de son temps à essayer d’avoir un début de carrière de comédien dans des soft porn sordides. Chacun des deux abrutis va passer la quasi-totalité du film à saboter la vie de l’autre tout en apprenant une splendide leçon de vie. Car, voyez-vous, le plus important, c’est la famille : sans elle, on n’est rien. Après avoir enfilé ses doigts dans l’arrière-train d’une actrice de X sur le retour à la gigantesque poitrine artificielle et essayé d’emballer sa collègue de travail, le pauvre Dave (dans la peau du bôgosse Mitch) rentre fissa la queue entre les jambes retrouver sa chère épouse, si sexy malgré ses problèmes de constipation : cette belle prise de conscience lui permettra de retrouver ses traits d’Américain moyen plus du tout tenté par le vote Démocrate (quelle tristesse de voir Jason Bateman se compromettre dans pareille daube). Mitch, lui, aura appris à travailler dur en se glissant dans la vie du volontaire Dave, mais n’aura pas non plus réussi à maintenir son érection devant la femme de son meilleur pote (bah oui, c’est sacré). Les gags les plus gore ont beau s’enchaîner avec la volonté évidente de choquer l’Américain lambda, rien ne provoque plus de dégoût que l’ignoble discours réac prôné par les "auteurs" de ce cauchemar. Difficile de s’en remettre.

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