Accueil > Actualité ciné > Critique > Expendables 2 : unité spéciale mardi 21 août 2012

Critique Expendables 2 : unité spéciale

Papys Boom, par Antoine Oury

Expendables 2 : unité spéciale

The Expendables 2

réalisé par Simon West

Aussi indéracinables que des marronniers, les cadors du film d’action années 1980-90 reviennent (encore), pour une suite que la tradition et le succès du premier volet appelaient forcément. Si le casting s’épaissit avec quelques kilogrammes de muscles supplémentaires, le maître de cérémonie Stallone laisse sa place de réalisateur à Simon West, pour un résultat plus… raffiné.

Les Expendables sont has-been, et ils le savent très bien : la première aventure des mercenaires laissait malgré tout une impression un peu pathétique d’obsolescence involontaire mais bien réelle, le long-métrage s’enfonçant dans de mauvais effets, des performances d’acteurs risibles et un scénario douloureusement eighties (le dictateur vénézuélien…). Expendables 2 n’est toujours pas l’adaptation d’un roman de John Le Carré : le méchant y est cruel, le plutonium russe et les troufions criblés de balles, mais le second degré qui manquait atrocement au premier volet pour le rendre potable est ici bien présent, si bien qu’il devient le véritable fond de commerce de la franchise.

Il suffira pour s’en convaincre de guetter les réactions des spectateurs à l’arrivée de Chuck Norris, une des nouvelles recrues d’Expendables 2 : précédé d’une réputation d’invulnérable combattant acquise sur Internet plus qu’à la télévision ou au cinéma, l’acteur Chuck Norris dépasse le personnage qu’il incarne, et dont on oublie vite le nom. Le phénomène s’observe pour chaque protagoniste : très vite, la filmographie ou le statut de la célébrité occulte la moindre substance fictive, et force est de constater que les noms (Stallone, « Schwarzy », Van Damme) se suffisent généralement à eux-mêmes. Conscients de leurs méthodes brutales et outrageusement simplistes (on parle ici aussi bien des personnages que des acteurs), les Expendables en rajoutent une couche : lorsque l’un d’entre eux tente une formule chimique pour sortir l’équipe de la panade, c’est en fin de compte la force brute qui les sauve, comme si l’action à l’ancienne se refusait absolument gadgets et intellect. Face à leurs remplaçants de blockbusters, solitaires façon Jason Bourne ou bien super-héros, les vieux grincheux tentent tout de même le bras de fer doublé d’un bras d’honneur.

L’absence de scénario, qui évoque quelques perles de la filmographie de chacun (le Commando de Schwarzenegger, Universal Soldiers de Van Damme et Lundgren…) est finalement rattrapée par une équipe beaucoup plus crédible que celle du film précédent : au tandem omniprésent Statham-Stallone, on préférera ici une répartition plus homogène des morceaux de bravoure et dialogues, au point que la cohabitation s’avère parfois hilarante. L’aspect le plus réjouissant d’Expendables 2 n’est clairement pas son action effrénée, à l’inventivité zéro (ça tire et ça explose, même si West fait son petit clin d’œil aux Sept Samouraïs) si bien qu’elle passe inaperçue, ni son scénario, mais bien l’exercice réussi de caméo auquel se livrent les différents acteurs, allant jusqu’à échanger leurs répliques cultes : Willis promet de revenir quand Schwarzenegger bondit de joie en faisant « Yippee-ki-yay ». Sympathique, l’exercice peut toutefois vite se retourner contre les acteurs, en signant la fin de tout rebond dans leur carrière : pour le prochain volet, il paraît que Nicolas Cage rejoint l’équipe…

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