Kingsman : Le Cercle d’or
© Twentieth Century Fox France
Kingsman : Le Cercle d’or
    • Kingsman : Le Cercle d’or
    • (Kingsman: The Golden Circle)
    • États-Unis
    •  - 
    • 2017
  • Réalisation : Matthew Vaughn
  • Scénario : Jane Goldman, Matthew Vaughn
  • d'après : la bande dessinée The Secret Service
  • de : Mark Millar, Dave Gibbons
  • Image : George Richmond
  • Décors : Darren Gilford
  • Costumes : Arianne Phillips
  • Montage : Eddie Hamilton
  • Musique : Henry Jackman, Matthew Margeson
  • Producteur(s) : Adam Bohling, David Reid, Matthew Vaughn
  • Production : Marv Films, Cloudy Productions
  • Interprétation : Taron Egerton (Gary « Eggsy » Unwin, alias « Galahad »), Colin Firth (Harry « Galahad » Hart), Julianne Moore (Poppy Adams), Mark Strong (Merlin), Halle Berry (Ginger Ale), Pedro Pascal (Agent Whiskey), Channing Tatum (Agent Tequila), Jeff Bridges (Agent Champagne), Elton John (lui-même)...
  • Distributeur : Twentieth Century Fox France
  • Date de sortie : 11 octobre 2017
  • Durée : 2h21

Kingsman : Le Cercle d’or

Kingsman: The Golden Circle

réalisé par Matthew Vaughn

Si Kingsman : Le Cercle d’or semble reproduire à l’identique la formule du premier volet, celle d’un film d’espionnage désinvolte et cartoonesque, deux petites différences le distinguent de son aîné. La première tient à la disparition de l’horizon adolescent, au cœur de Kingsman : Services secrets mais aussi de X-Men : First Class du même Matt Vaughn, qui conférait aux surhommes des deux films (les apprentis agents de la société secrète d’un côté, les jeunes mutants de l’autre) un supplément d’âme et de fragilité contenu dans logique narrative du récit d’apprentissage. La seconde, plus embêtante, concerne la mutation discrète du cartoonesque, qui parfois se grippe, s’enraie à cause des tracas humains qui affectent les personnages. Par exemple, lorsque Harry Hart (Colin Firth) s’apprête à rejouer la scène emblématique du premier volet où il affrontait les clients belliqueux d’un bar mal famé, la logique de la situation (l’enchaînement des mots soigneusement choisis, l’articulation des coups portés) est perturbée par le traumatisme subi entre-temps par le personnage, dont les capacités physiques et cognitives ne sont guère au mieux. D’un film à l’autre, l’attachement que porte Vaughn à ses personnages s’est développé au point de nuire à ce qui fait leur singularité, à savoir un devenir robotique travaillé au cœur de la mise en scène (des corps conditionnés pour la performance et la gaudriole) qui entre ici en contradiction avec les enjeux portés par le scénario (le deuil, la perte, l’amnésie, la crainte de ne pas retrouver l’être aimé, etc.)

D’où l’impression que le film, décalque inégal mais par instants réussi du premier volet, s’en tient à une redite en-deçà de son modèle. Il faut dire que la mise en scène de Vaughn semble elle aussi piétiner, ressasser ce qu’elle s’est déjà employée à faire, à l’image de ces scènes d’actions en plan-séquence où des corps à moitié numériques (voire dans la diégèse à moitié cybernétiques) virevoltent d’un coin à l’autre dans une chorégraphie dictée par un standard pop. Si ces « morceaux de bravoure » peinent à convaincre (à l’exception, peut-être, d’une scène dans les Alpes italiennes où les personnages deviennent de purs projectiles), Vaughn retrouve ceci dit un peu de son inspiration lorsqu’il s’attarde sur les nouvelles figures de bande-dessinées qui peuplent ici et là l’univers de Kingsman : Statesman, l’équivalent américain du service secret britannique, Poppy, la méchante jouée par Julianne Moore, mais aussi un président américain qui parodie assez limpidement l’actuel occupant de la Maison Blanche. C’est peut-être là d’ailleurs que le film trouve son meilleur gag, dans la réponse savoureuse (on n’en dira pas plus) du président des États-Unis à la démoniaque Poppy et son plan pour devenir la plus puissante femme au monde. Pour le reste, il faudra s’en tenir à un programme honnête mais déjà à bout de souffle, préparant sa suite (le rôle confié à Channing Tatum, sous-exploité pour probablement mieux occuper le feu des projecteurs dans le troisième volet) et s’appuyant sur ses acquis.