Accueil > Actualité ciné > Critique > La Première Étoile lundi 23 mars 2009

Critique La Première Étoile

Étoile morne, par Vincent Avenel

La Première Étoile

réalisé par Lucien Jean-Baptiste

Dix ans après ses débuts devant la caméra, l’acteur Lucien Jean-Baptiste passe derrière elle pour un projet étonnant : une comédie entre propos social et poilade potache. Problème : entre les références au Splendid obligées vu le thème et le simplisme affligeant de l’écriture, les ambitions socio-artistiques du projet tournent court, pour ne donner finalement qu’une petite comédie de seconde zone, sans même quelques éclats de rire.

Faire rire avec des clichés raciaux, ça n’est pas donné à tout le monde. Cela peut être élégant, drôle et enlevé – pour Woody Allen. Cela peut être honteusement fourvoyé, et honteux tout court, comme dans l’épouvantable Agathe Cléry. Lucien Jean-Baptiste ne se situe ni au niveau de l’un, ni, heureusement, à celui de l’autre. Il n’est pas même à mi-chemin, mais sur le côté, dans la triste catégorie des comédies creuses.

Le réalisateur-scénariste tente sa chance sur le thème des Antillais. Après s’être fait une liste des lieux communs attachés à ceux-ci, Lucien Jean-Baptiste s’est donc lancé dans une petite entreprise de « coenisation » du propos : faire rire de ces lieux communs, en montrant leur absurdité, et leurs éventuels fonds de vérité, pour les désamorcer, au moyen notamment d’une pléiade de rôles pittoresques dans des situations qui ne le sont pas moins.

Est-ce par timidité ? Lucien Jean-Baptiste se refuse à tenter l’originalité : le meilleur ami de son personnage principal (qu’il interprète) est une variation sur le Jesus de John Turturro avec une voiture « tunée » en guise de boule de bowling ; sa fille trouve l’épanouissement dans une scène presque copiée plan par plan sur le final de Little Miss Sunshine ; les voisins collet monté et racistes par défaut (normal, ils sont montagnards), le fils noir qui rencontre une jeune fille blanche avec des amis racistes mais qui ne l’est pas, sortent de situations mille fois vues…

Seule, Firmine Richard cabotine suffisamment dans le rôle de la mère qui a reniflé et refuse l’arnaque de son fils (il l’invite au ski pour pallier l’absence imprévue de sa femme – et donc pour s’occuper des tâches domestiques) pour donner un peu de vie à cette comédie pleine de bonnes intentions, mais dénuée, non pas de talent, mais de respiration, d’ironie – de ce qui eût fait de cette Première Étoile une vraie bonne surprise.

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