Accueil > Actualité ciné > Critique > Le Chat potté mardi 29 novembre 2011

Critique Le Chat potté

Conte de chat !, par Vincent Avenel

Le Chat potté

Puss in Boots

réalisé par Chris Miller

Quand vous ne pouvez plus faire de suites, faites un spin off ! Alors que la franchise Shrek n’en finit plus d’agoniser, avec chaque nouvel épisode moins convaincant que le précédent, voici venir le film attendu depuis Shrek II : Le Chat potté, ou les aventures d’un greffier grande gueule et pattes de velours. Autant être clair – le minet roux est bien parti pour enterrer le gros ogre vert.

Il faut dire que la tâche n’est pas des plus difficiles : au bout de quatre épisodes, la saga Shrek a bien perdu de son très relatif charme originel. Elle avait surtout tourné le dos à ce qui avait permis au premier épisode de sortir du lot du tout venant de l’animation à l’époque (2001) : un goût prononcé pour l’irrévérence vulgaire, pour une grossièreté réjouie qui fut – pour ceux qui se souviennent des pets foireux lâchés en pleine vase, pardonnez le paradoxe – comme un bol d’air frais dans l’univers compassé des productions DreamWorks. Les premières minutes du Chat potté [1] tranchent, de ce point de vue, avec le style timide des derniers Shrek : en effet, gags potaches et humour doucement graveleux sont au rendez-vous.

Évidemment, la suite ne tient pas les promesses de ce prologue, mais, de virevoltantes cabrioles en méchants savoureux, d’épreuves dantesques en antagonistes épiques, le film parvient à faire oublier cette faiblesse. Cette faiblesse, et bien d’autres. Ainsi, la maladie qui veut que l’on sacrifie la cohérence d’un scénario aux grands noms du casting explique certainement la présence de Humpty Dumpty, sorti de l’univers de Lewis Carroll et de son Alice, et personnage presque intégralement raté dans Le Chat potté. Destiné à recevoir la voix de Zach Galifianakis, Humpty Dumpty ne véhicule rien du – supposé – talent burlesque du barbu de Very Bad Trip. Certes, l’acteur est bankable, et ceci explique peut-être sa présence au générique. Pourtant, tant qu’il tente de légitimer à l’écran la présence de ce personnage gauche et passablement énervant, le film peine à trouver son rythme, et plonge son auditoire dans un ennui profond.

Fort heureusement, Antonio Banderas et Salma Hayek, dans les deux rôles principaux, bénéficient de dialogues plus savoureux et, les scénaristes sachant manifestement quoi faire de leurs bondissants protagonistes, remplissent l’écran. Toujours situé dans la veine culturellement ultraréférentielle de Shrek, Le Chat potté revient cependant aux origines : les références aux contes de fées traditionnels, qui faisaient également le prix du premier Shrek. On y revient toujours : Le Chat potté contient, en somme, tout ce qui faisait le charme de Shrek, sans pour autant que ce soit une redite – les bonnes recettes déjà éprouvées, assorties de progrès techniques notables. Espérons juste qu’après cet agréable premier épisode, la saga du matou bretteur empruntera des chemins plus pertinents que son cousin l’ogre pétomane.

Notes

[1Honnis soient les traducteurs responsables de cet immonde « potté », en passant.

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