Le Roi du curling
Le Roi du curling
    • Le Roi du curling
    • (Kong Curling)
    • Norvège
    •  - 
    • 2012
  • Réalisation : Ole Endresen
  • Scénario : Ole Endresen, Atle Antonsen
  • Image : Askild Edvardsen
  • Montage : Per-Erik Eriksen
  • Musique : Stein Johan Grieg Halvorsen, Eyvind Andreas Skeie
  • Production : Håkon Øverås
  • Interprétation : Atle Antonsen (Truls Paulsen), Linn Skåber (Sigrid Paulsen), Kåre Conradi (Stefan Ravndal), Ingar Helge Gimle (Gordon)
  • Distributeur : KMBO
  • Date de sortie : 2 janvier 2013
  • Durée : 1h20
  • voir la bande annonce

Le Roi du curling

Kong Curling

réalisé par Ole Endresen

Le curling est-il un sport ridicule en soi ? C’est en tout cas de ce postulat que semble partir la comédie d’Ole Endresen, déroulant autour du roi éponyme une galerie de personnages loufoques voire absurdes, prétextes à tous les gags possibles. Si le film souffre d’une chose, c’est de son scénario : décousu, il aligne les bonnes idées comme des trouvailles comiques se suffisant à elles-mêmes. Derrière cela, aucun fil conducteur ne vient apporter au Roi du curling le moindre fond.

Truls Paulsen est le meilleur joueur de curling de son patelin et est obsédé par la discipline. La régularité de la glace l’obnubile, l’éventualité de la défaite le crispe. Jouant de son sport comme d’un art, il est interné suite à une crise et, dix ans plus tard, se retrouve sous la tutelle d’une épouse dominatrice, aussi psycho-rigide pour ce qui concerne son intérieur que Truls l’est sur la glace. Surtout, on lui impose une interdiction de pratiquer son activité favorite et de retrouver ses copains, membres de l’équipe dont il est capitaine. Ainsi, si on croit que Le Roi du curling est une comédie sur le curling, c’est un leurre : la pratique est évincée de la fiction, retranchée à ses début (avant la crise) et fin (le traditionnel championnat dans lequel le héros joue son honneur). Pour le scénario et la comédie, il ne reste que les personnages, tous plus caricaturaux les uns que les autres : ils vont être les moteurs du propos, et sont censés être ceux du rire.

Là où pèche le film, ce n’est pas tant dans cette constante caricature, dans cet excès revendiqué ; mais dans l’aspect parfaitement décousu du récit. Une fois que le caractère de chaque personnage est posé (la dominatrice psycho-rigide, le prétentieux ringard, la névrosée incongrue…) et leurs motivations rapidement présentées, le scénario exploite chaque scène comme une démonstration – à des fins, on l’a compris, humoristiques. L’intrigue n’ayant au fond aucune véritable continuité (outre ses grandes lignes, les péripéties ne sont que des détails comiques qui ne changent rien à l’affaire), on s’égare devant Le Roi du curling comme devant l’exposition d’une bonne idée – d’ailleurs pas toujours bonne, rarement drôle. Si ce film est le premier long d’un scénariste de séries et d’émissions télé comiques, ce n’est pas une surprise tant ce film se contente de son pitch pittoresque – peu adapté au long format. La seule logique qu’applique le scénario est celle de la surenchère, exploitant pendant près d’une heure trente ses petites idées qui, sans doute, auraient fait un amusant court-métrage.