Les 3 Frères, le retour
Les 3 Frères, le retour
    • Les 3 Frères, le retour
    • France
    •  - 
    • 2013
  • Réalisation : Didier Bourdon, Pascal Légitimus, Bernard Campan
  • Scénario : Bernard Campan, Didier Bourdon
  • Image : Pascal Caubère
  • Décors : Christian Marti
  • Costumes : Marie-Laure Lasson
  • Son : Samy Bardet
  • Montage : Jeanne Kef
  • Musique : Olivier Bernard, Didier Bourdon
  • Producteur(s) : Philippe Godeau
  • Production : Wild Bunch, Pan-Européenne Production
  • Interprétation : Didier Bourdon (Didier Latour), Bernard Campan (Bernard Latour), Pascal Légitimus (Pascal Latour), Sofia Lesaffre (Sarah), Daniel Russo (beau-père de Michael), Biyouna, Antoine du Merle (Michael), Christian Hecq...
  • Distributeur : Wild Bunch
  • Date de sortie : 12 février 2014
  • Durée : 1h46
  • voir la bande annonce

Les 3 Frères, le retour

En 1993, ils avaient « marqué » favorablement le public par leurs tribulations comiques et leur maladresse attachante, jusqu’à même remporter le césar de la meilleure première œuvre. Près de 20 ans plus tard, en fiction comme dans la vie réelle, les Inconnus tentent de reformer le trio populaire de l’époque. Les trois frères auront-ils eu raison de leur come-back ? La réponse sera aussi courte que le résultat est définitivement affligeant.

Un mauvais départ

Ils n’ont presque rien en commun, sauf peut-être leur propre mère… et un certain goût pour le mensonge. Réunis à l’occasion de la mort de cette dernière, les trois frères, qui s’étaient jusqu’à présent volontairement éloignés, sont contraints à des retrouvailles forcées. Lorsque le premier (Pascal Légitimus) se retrouve étriqué par une vieille bourgeoise acariâtre, que le second (Didier Bourdon) tente de cacher à son entourage une activité peu glorieuse (la vente internet de sextoys) et que le dernier (Bernard Campan) tente de lamentablement percer grâce à un one-man-show, on peut facilement dire que les trois frères mordent bien malgré eux la poussière, en attendant désespérément des jours plus heureux (un héritage pour les deux premiers, un succès surprise pour le dernier).

Chacun tente donc de se dépatouiller avec une existence misérable, mais c’est sans compter sur l’intervention d’un double sort du destin, qui les pousse à se coltiner les cendres de leur mère défunte, et à faire connaissance avec Sarah, l’adolescente supposée de l’un d’entre eux (Bernard Latour). Après le jeune Michael du premier opus, c’est au tour de cette ado, poursuivie par un caïd de cité, d’être prise en charge par les trois frères. Seulement, les mêmes ingrédients peuvent-ils de nouveau aboutir au même gage de succès ?

La soupe populaire

Rien ne paraît moins facile. En tentant de reproduire les éléments qui avaient signé le succès populaire du premier épisode, le film accumule les mauvais gags. Dès la première partie du film, le principe d’exagération apparaît clairement comme le ressort comique principal de la réalisation. La vieille bourgeoise acariâtre, l’épouse envahissante ou l’avocat véreux, les personnages censés participer ici à la tribulation comique deviennent rapidement des outils de reproduction des pires clichés, trop attendus pour être réellement efficaces, trop primaires pour être suffisamment élaborés, et empêchent tout tentative de renouvellement comique.

La réalisation se réduit dès cet instant à une compilation sommaire de situations attendues, symptomatiques d’un manque d’inventivité et de la pauvreté de l’intrigue scénaristique. Les répliques cultes du premier épisode laissent rapidement place à des échanges dialogués plats, dont l’effet comique est rendu stérile, à la limite du supportable dès lors qu’il est accentué par les mimiques propres aux Inconnus (les « pépètes » en rafale et autres tics langagiers). Le film s’apparente alors à la pale reprise de certains personnages (et acteurs) du premier opus et de situations dont la parfaite similitude par rapport au premier succès (le pillage en direct d’une émission filmée, la consommation involontaire de stupéfiants…) trahit un évident problème d’originalité. Même si elle est donc présente, la correspondance thématique n’aura finalement servi que d’artifice, comme de cache-misère pour un film indigeste, très vraisemblablement écrit et codifié avec la rapidité flagrante des œuvres trop ambitieuses et des suites inutiles.