Life – Origine inconnue
Life – Origine inconnue
    • Life – Origine inconnue
    • (Life)
    • États-Unis
    •  - 
    • 2017
  • Réalisation : Daniel Espinosa
  • Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick
  • Image : Seamus McGarvey
  • Décors : Nigel Phelps
  • Costumes : Jenny Beavan
  • Montage : Mary Jo Markey, Frances Parker
  • Musique : Jon Ekstrand
  • Producteur(s) : David Ellison, Dana Goldberg, Bonnie Curtis, Julie Lynn
  • Production : Columbia Pictures, Skydance Productions, Sony Pictures
  • Interprétation : Jake Gyllenhaal (Dr. David Jordan), Rebecca Ferguson (Dr. Miranda North), Ryan Reynolds (Rory Adams), Ariyon Bakare (Hugh Derry), Hiroyuki Sanada (Sho Murakama), Olga Dykhovichnaya (Ekaterina Golovkina)...
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing France
  • Durée : 1h44
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Life – Origine inconnue

Life

réalisé par Daniel Espinosa

Difficile de ne pas penser à Alien et à The Thing devant Life : origine inconnue. Ce film d’horreur dans l’espace relatant la découverte d’une cellule martienne qui, peu à peu, va grossir jusqu’à s’avérer une menace redoutable, emprunte en effet beaucoup aux classiques de Ridley Scott et de John Carpenter. Pourtant, et malgré la forte impression de déjà-vu (en témoigne le plan-séquence inaugural et la conclusion, qui lorgnent fortement du côté de Gravity), quelque chose parvient à prendre, avant que le film ne rentre progressivement dans le rang. Ce quelque chose, c’est la créature, baptisée « Calvin » : un petit amas de neurones et de muscles qui, à l’occasion d’une excellente séquence (la seule du film), va se révéler particulièrement astucieux. En quelques minutes, la bestiole encore minuscule va neutraliser un adversaire, recourir à l’utilisation d’un outil pour s’évader, avaler et assimiler une souris, échapper aux flammes, et enfin assassiner sa première victime humaine et se nourrir de ses entrailles. L’horreur est ici un spectacle auquel les occupants de la navette spatiale assistent de derrière la vitre du laboratoire où se situe l’action ; le spectacle d’une mutation, mais aussi le spectacle de la naissance d’un monstre. Reste que la principale attraction que nous propose alors le film est celui de la représentation, par le numérique, de l’éveil d’une intelligence. Ce n’est pas rien, bien que la scène n’aille pas au-delà de ces fulgurances parfois cachées au sein de blockbusters certes calibrés, mais toutefois capables d’explorer le temps d’une séquence le potentiel mutant d’un cinéma où s’entrechoquent le vivant et le numérique – par exemple, ce passage de La Planète des singes : l’affrontement où le singe Kuba, pour berner des gardes qui se tiennent sur son chemin, joue au primate innocent afin de se saisir d’une arme et abattre les victimes de sa duperie.

Croissance interrompue

Par ce pic, le film se démarque momentanément de ses modèles, mettant moins en scène un mal émergeant des profondeurs de l’homme (comme dans The Thing et Alien) qu’une créature simplement vorace. Le problème tient à ce que les éléments constitutifs de cette scène remarquablement efficace ne nourrissent pas ce qui suit : rapidement, la forme de la créature se fige et prend une apparence plus conventionnelle (de petits yeux sournois et une bouche monstrueuse), le film alterne séquences où le monstre est caché (un bout de tentacule qui traîne dans un couloir) et où il est filmé sous toutes les coutures, et, surtout, le récit se focalise davantage sur les occupants du vaisseau que sur les prouesses de l’alien au potentiel inconnu. À l’exception d’un twist final attendu mais tout de même glaçant, le film ne parviendra jamais à retrouver l’intensité de cette bonne séquence et végétera, au fil de situations répétées en boucle (trouver la créature, l’isoler, lui tendre un piège), dans un long ventre mou.