Accueil > Actualité ciné > Critique > Ma petite planète verte mardi 1er mars 2016

Critique Ma petite planète verte

Morale écologique, par Raphaëlle Pireyre

Ma petite planète verte

Ce petit programme éco-responsable concocté par Little KMBO à partir de films trouvés dans le monde entier commence comme une fable. Un Inuit est contraint de quitter son igloo qui fuit et la mer, si polluée que plus aucun poisson ne peut y frayer. Prenant le large, il viendra en aide successivement à un pingouin, un ours et un loup qui à leur tour, le moment venu, lui porteront secours. Bienvenue chez moi est la plus belle réussite de cet ensemble de cinq courts métrages. Sous la forme d’une ballade, il fait traverser à son héros des paysages variés, sur la banquise et sous la mer, semée de rencontres et d’apprentissages. Réalisé en papiers et tissus découpés, le film accumule les matériaux recyclés alors même que l’Inuit se sert des déchets collectés avec l’aide des animaux pour se construire un nouvel abri.

Réalisé avec une classe d’école primaire belge par Louise-Marie Colon et Quentin Speguel, Paola poule pondeuse varie le thème du rat des villes et du rat en champ : Paola « travaille » dans une usine, sa vie est morne et triste. Une carte postale de sa cousine de la campagne l’incite à organiser son évasion, pour changer de vie et rejoindre sa parente. Dans la ferme, auprès d’une vache réchappée d’une laiterie industrielle, Paola découvre enfin un foyer. Trouver un endroit où vivre heureux, c’est le motif qui relie tous les films de ce programme qui cherche à aborder l’écologie avec les plus petits : les enjeux climatiques avec le réchauffement qui change les conditions de vie de l’Inuit, l’élevage industriel des bêtes, la surconsommation des ménages ou le tri sélectif. Autant de questions écologiques qui rendent l’environnement harmonieux ou invivable.

Mais la limite de ce type de programmes est que les motifs de cette thématique citoyenne et engagée ne passent de la fable à la petite leçon de morale et se transforment en message unilatéral peu fertiles pour l’imaginaire. Après une douche un peu trop longue, Ponkina constate que l’eau cesse de couler dans sa maison. La fillette de S’il vous plaît gouttelettes (Beatriz Herrera), qui a abusé des douches longues et négligé les fuites d’eau, n’a plus qu’une chose à faire : rendre visite aux nuages pour les supplier de faire couler la pluie à nouveau. La morale ne se fait pas attendre (avec une petite pointe de culpabilisation, puisque Ponkina a abusé des ressources naturelles) : il faut penser à fermer le robinet ! Dans Prends soin de la forêt, Pikkuli (Metsämarja Aittokoski), les animaux s’amusent dans les bois et oublient sans cesse de ne pas jeter leurs ordures dans les bosquets. S’ensuivent des séances de rangement à l’issue desquelles tout ce petit monde retrouve sa bonne humeur. Si le programme varie avec application des esthétiques et des techniques d’animation soignées, la tendance à privilégier un message univoque et un brin moralisateur sur les mouvements, les matières et les couleurs laisse par moment la désagréable impression de se faire taper sur les doigt et de devoir se justifier de son propre bilan carbone.

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