Accueil > Actualité ciné > Critique > MinoPolska 2 mardi 6 octobre 2015

Critique MinoPolska 2

Douce Pologne, par Raphaëlle Pireyre

MinoPolska 2

Folklore joyeux

On pouvait craindre que ce nouveau programme de courts métrages polonais à destination du très jeune public (à partir de 3 ans) sorti par Malavida à peine un an après le premier MinoPolska, ne fasse un peu les fonds de tiroir de l’animation des années soixante. Heureuse surprise, il n’en est rien. On peut même dire que cette nouvelle compilation s’avère plus joyeuse que la précédente dont certains films présentaient une imagerie un peu grise voire franchement datée. Au lieu de donner de l’unité au programme, cela aplatit un peu les films.

Comme dans tous les pays qui ont, à cette époque-là, développé des écoles et studios pour un cinéma pédagogique (on peut penser aux studios de Shanghai, au Kanun iranien, aux studios russes ou encore à l’ONF québécois), la dimension folklorique s’impose au premier plan. Les jeunes filles blondes chantent gaiement en allant récolter le blé ; elles y rencontrent de vaillants garçons, tout aussi enthousiastes aux travaux des champs. Ces tableaux de la vie villageoise jouent des motifs des tissus traditionnels et s’animent dans des aplats de couleurs vives.

Tout comme le programme précédent, celui-ci fait varier les techniques d’animation, les sujets intimistes ou les peintures de la société (forcément joviale et acquise aux valeurs de travail et d’entraide). Ainsi, Rexy (aussi connu sous le nom de Reksio, que le Forum des Images avait programmé dans un ciné-concert voilà quelques années), chien de ferme héros d’une série de films, dans lequel il veille à la bonne entente de la communauté.

Jeux de formes

Animation de jouets, jeux entre enfants et animaux mettent en avant une vie simple et joyeuse. Ce qui relie ces quelques films d’auteurs différents, c’est leur goût commun pour une mise en abyme malicieuse des techniques d’animation ainsi que pour les effets de surprise sur les déplacements des personnages. Créée à partir de matériaux et d’esthétiques aussi simples que la vie qu’elle décrit, l’animation est prétexte à jouer sur les formes. C’est le cas du jeu du chat et de la souris auquel se livrent les deux personnages du premier film, dans lequel le chat présente l’avantage sur sa proie (ou le désavantage) d’être un dessin (dans le dessin). Son contour prend vie, emprisonne la souris ou se laisse prendre à ses pièges, et le jeu totalement déréglé sur la mise en abyme de la forme dans une malice s’approche par moments de la folie d’un Tex Avery.

Il est parfois dommage que ces très belles idées d’animation ne tiennent pas toujours le rythme et que la musique (comme les ajouts du distributeur d’une voix qui résume un peu inutilement les films sur leur carton de titre) soient d’une uniformité qui aplatit l’ensemble. Ces cinq petits films n’en restent pas moins de belles découvertes.

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