Accueil > Actualité ciné > Critique > Mon meilleur ami mardi 19 décembre 2006

Critique Mon meilleur ami

Images © Wild Bunch

Les copains d’abord, par Alexandre Labarussiat

Mon meilleur ami

réalisé par Patrice Leconte

Patrice Leconte, fidèle à la cadence qui le caractérise depuis plus de trente ans, revient sur les écrans après le dispensable Les Bronzés 3 l’année dernière et Dogora, son film musical, en 2004. Sans enjeux ni proposition formelle majeures, Mon meilleur ami, atteint les ambitions qui sont les siennes : rendre crédible et attachant un duo de personnages artificiellement réunis pour le plaisir de les confronter.

Un marchand d’art peu ouvert aux autres (Daniel Auteuil) a dix jours pour exhumer de son passé un « meilleur ami » et l’exhiber à son groupe de proches et collègues de travail qui le mettent au défi. Le hasard le rapproche d’un chauffeur de taxi (Dany Boon) aussi chaleureux et avenant qu’il est froid et associable.

L’intrigue de Mon meilleur ami est, disons-le tout de suite, plus un prétexte scénaristique pour confronter deux personnalités qu’un sujet destiné à développement et méditation. Patrice Leconte installe ses personnages et son intrigue sans y prêter d’attention (les premières scènes de Dany Boon en Encyclopédie vivante sont particulièrement peu convaincantes) et le film ne commence à prendre d’intérêt qu’une fois ses formalités accomplies. Le duo Auteuil/Boon s’impose avec un naturel et une complicité réjouissante et d’autant plus surprenante que le choix du casting pouvait laisser perplexe. Finalement, Dany Boon se révèle être un acteur plus que convaincant, juste dans son interprétation et parvenant la difficile épreuve de faire oublier le comique surmédiatisé. Daniel Auteuil, admirable comme toujours, traverse le film avec le naturel et l’assurance qui le caractérise.

Mon meilleur ami décline le thème de l’amitié et de l’ami sous les différents motifs qu’il peut prendre dans la vie courante, et c’est ce côté répétitif qui donne au film sa légèreté sans qu’on puisse réellement parler de comédie (pas de répliques comiques − qui auraient assurément détruit le jeu de Dany Boon − ou de situations cocasses). La mise en scène posée de Patrice Leconte, sans grande ambition formelle, contribue par sa neutralité à maintenir le film dans un entre deux doux-amer entre légèreté du propos et « gravité » du thème.

Ainsi Mon meilleur ami n’est-il assurément pas le meilleur film de Patrice Leconte bien qu’il s’inscrive dans la continuité d’une filmographie marquée par la figure du couple décliné sous toute ses facettes, de Tandem à La Fille sur le pont en passant par Rue des plaisirs, Le Mari de la coiffeuse, L’Homme du train ou Confidences trop intimes. Il n’en demeure pas moins une réussite dans les objectifs mineurs qui étaient les siens et se laisse, en somme, regarder avec un certain plaisir.

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