Quel cirque !
© Malavida
Quel cirque !
    • Quel cirque !
    • Tchécoslovaquie
    •  - 
    • 1957 / 1959 / 1983
  • Réalisation : Břetislav Pojar, Zdeněk Rozkopal, Zdeněk Ostrčil
  • Production : Malavida
  • Le Petit Parapluie (Paraplíčko), réalisé par Břetislav Pojar (0h16, 1957)
    Deux cœurs en piste (Komu Patři Její Sdrce), réalisé par Zdeněk Ostrčil (0h09, 1983)
    Monsieur Prokouk acrobate (Pan Prokouk Akrobatem), réalisé par Zdeněk Rozkopal, sur un scénario de Karel Zeman (0h11, 1959)
  • Distributeur : Malavida
  • Date de sortie : 11 octobre 2017
  • Durée : 0h36

Quel cirque !

Rassemblant quelques classiques du cinéma d’animation tchèque (notamment Le Petit Parapluie de Břetislav Pojar, sorti en 1957), Quel cirque ! assume fièrement sa programmation axée principalement sur le spectacle ludique – c’est-à-dire le plaisir innocent d’une célébration cinétique, propre à la plupart des films des premiers temps. Les réalisations misent d’ailleurs avant tout sur le visuel, s’attachant à une expérience sonore rudimentaire, qui se rapproche plutôt du « mickey-mousing » musical. Elles s’inscrivent donc dans une tradition foraine du cinéma, qui fut exploité, durant ses jeunes années, à des fins attractives (dans le sens d’attraction foraine, d’où la célèbre formule de « cinéma d’attraction »).

Nostalgie des prémisses du cinéma

Les séquences s’enchaînent donc au gré d’une logique de numéros, selon un héritage du music-hall et du cabaret, négligeant volontairement la dimension narrative (c’est-à-dire la construction d’un récit élaboré). Le premier film met d’ailleurs en scène des jouets s’animant le soir grâce à un lutin magique, et exécutant toute sorte de pirouettes spectaculaires, sans véritable enjeu dramatique. Le thème du cirque se présente alors comme un réceptacle idéal pour y déployer, sans limite spatiale, ces acrobaties visuelles. Il se dégage bien un réel plaisir enfantin de briser les contraintes des lois physiques pour déconstruire l’espace et le re-configurer à l’envie, idéal prestidigitateur que visait en son temps Georges Méliès.

Finalement, les timides esquisses narratives sont tout autant pliées au service du spectacle attractif. La romance des deux employés du cirque, dans le second film, se retrouve dépouillée au profit du numéro : leur amour, figuré par un cœur au dessus de leur tête (objet immatériel, donc), est saisi par le magicien de la troupe, qui s’en sert alors pour son spectacle. Le troisième film quant à lui frictionne sa narration en une suite de sketchs, où l’espace est constamment réinvesti pour y accueillir de nouvelles scènes comiques (tout est prétexte à malmener M. Prokouk, tour à tour avalé par un lion, envoyé à l’hôpital puis à nouveau blessé par des clous au sol). Cet ensemble de situations, se jouant de la mécanique classique d’épreuves physiques pour son personnage principal, renvoie aussi à l’atmosphère enfantine du théâtre de marionnettes de Guignol. En invoquant et évoquant les charmes de ces spectacles juvéniles, Il se dégage de ces films une douce mélancolie, émanant de cette ambition de créer du mouvement, sans entraves et à l’infini.