Un printemps de chien

Ces dernières semaines, la Faucheuse a semblé avoir une dent contre Hollywood : le 9 avril ce fut au tour de Sidney Lumet (vétéran de 84 ans tout de même) de tirer sa révérence. Sidney, et non pas Sydney (Pollack), qui, lui, nous a déjà quittés. Lumet : un nom que les cinéphiles ont un peu du mal à cerner. On le connait, certes, mais qu’a-t-il réalisé déjà ? A-t-on même vu tous ses films, ou au moins la majeure partie ? De fait, Sidney était un peu imprévisible : des plans novateurs d’Un après-midi de chien (1975) au casting de stars du Crime de l’Orient-Express (1974), il y a un grand écart de cinéma. Et nombre des œuvres de Lumet (quarante en tout) resteront sans doute mineures. Oui, mais voilà, il y a le premier chef d’œuvre, Douze hommes en colère (1957) et le plus fameux « not guilty » du cinéma. Puis Serpico (1973) ou The Offence (1972), parmi les premiers films à dégommer la belle image du flic américain. C’est que Sidney n’hésitait pas à tirer là où ça fait mal. La justice, mais quelle justice ? Allez donc poser la question à Al Pacino. Il pourrait bien vous répliquer (et il aurait raison) : « Attica ! »