Accueil > Autres pages > Editoriaux > Fracture numérique mardi 9 février 2010

Editoriaux Fracture numérique

par Emmanuel Didier

Fracture numérique

Sur un total de 5 400 écrans en métropole, 900 sont aujourd’hui équipés en numérique. Parmi ces zélés innovateurs figurent les grands réseaux de l’exploitation, CGR et Europalaces (Gaumont et Pathé), MK2 ou Kinépolis, et très peu d’indépendants. Les mastodontes peuvent se permettre de faire appel à des intermédiaires privés promettant le remboursement des prêts (entre 70 000 et 100 000 euros d’investissement par écran) en échange d’un prélèvement sur les recettes de la salle. D’où une logique économiquement cohérente : plus la salle est susceptible d’apporter une part substantielle de recettes, plus l’opérateur privé couvre les frais d’équipement, excluant ainsi un grand nombre de salles indépendantes à la rentabilité incertaine. Pour remédier à cela, le CNC a mis en branle un projet ambitieux, un fonds de mutualisation des recettes garantissant à chaque exploitation – grande ou petite – un financement à 75% du budget final. Un système solidaire et efficace que l’Autorité de la Concurrence a jugé mardi dernier contraires au règles de la libre concurrence, intimant au CNC d’étudier d’autres pistes incluant les tiers investisseurs privés. Se conformer à cet avis ferait planer une menace mortifère sur l’avenir des salles indépendantes en France, confirmant ainsi la toute-puissance du marché sur la notion d’intérêt général et culturel. Afin d’explorer ce chantier complexe, Critikat va très bientôt vous proposer un article « Hors-champ » sur ces questions relevant in fine d’un véritable choix de société.

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