Accueil > Autres pages > Editoriaux > Mostra nova ? mardi 28 août 2012

Editoriaux Mostra nova ?

par Arnaud Hée

Mostra nova ?

L’arrivée d’un nouveau directeur artistique d’un grand festival est toujours scrutée avec une attention plus ou moins bienveillante. Alberto Barbera n’est pas tout à fait neuf ; il a déjà été en effet à la tête de la Mostra, de 1998 à 2002, avant que Marco Müller ne lui succède jusqu’à l’édition précédente, et de faire ses bagages pour une courte distance : direction Rome, festival directement concurrent de celui de Venise. Premier constat, la Mostra conserve son rang avec une compétition où se croiseront, entre autres, les films de Paul Thomas Anderson (The Master), Olivier Assayas (Après mai), Marco Bellocchio (Bella Addormentata), Brian De Palma (Passion), Takeshi Kitano (Outrage Beyond) ou Terrence Malick (To the Wonder). On jugera sur pièce, ainsi que le jury présidé par Michael Mann, mais c’est ce que l’on peut considérer comme une belle affiche, assez fidèle aux équilibres des dernières éditions, entre cinéastes bien identifiés et mise en avant d’auteurs qui le sont moins – Kirill Serebrennikov (Betrayal) ou Valeria Sarmiento (Linhas de Wellington). Au regard de la programmation, l’évolution la plus notable réside sans doute au niveau d’Orizzonti, sélection officielle parallèle consacrée aux écritures cinématographiques dites novatrices. Ces dernières années, cette section était largement ouverte à des œuvres documentaires, hybrides ou encore expérimentales (courts et longs), l’occasion de découvrir, par exemple, les superbes films de Gianfranco Rosi (El Sicario – chambre 164), Patrick Keiller (Robinson in Ruins), Ben Rivers (Two Years at Sea) et Ben Russell (River Rites). Or, il semble que cette tendance connaisse un coup d’arrêt lorsqu’on consulte les films proposés. Si l’on note la présence d’un documentaire de Wang Bing (Three Sisters), la fiction semble reprendre ses droits dans des proportions ainsi très fortes. On jugera également sur pièce, mais cette évolution est a priori regrettable. Le documentaire sera pourtant bien représenté, mais hors compétition – pas moins de dix ! Il ne s’agit évidemment pas de jouer un match idiot fiction versus documentaire, mais l’intégration de ce dernier dans les compétitions n’a rien d’une audace, il constitue une part stimulante de la création cinématographique, le dernier Festival de Locarno en fut une belle preuve. Nous jugerons donc sur pièce, et sur place ; comme ces dernières années, Critikat sera présent à Venise pour suivre quotidiennement le festival. Nous vous donnons donc rendez-vous sur le mini-site habituel, consacré à cette 69e Mostra de Venise.

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