Accueil > Panorama > Festival > Festival de Cannes 2015 > Sleeping Giant vendredi 15 mai 2015 23:35

par Raphaëlle Pireyre

Semaine de la critique

Sleeping Giant

critique: Sleeping Giant
réalisé par Andrew Cividino

On peut voir dans cette chronique d’une fin d’été qui emmène avec elle la fin de l’adolescence une petite réplique canadienne des Combattants de Thomas Cailley, présenté l’an dernier en tout début de Quinzaine des réalisateurs. Avec le succès que l’on sait, l’adolescent molasse se laissait happer par le désir d’aventure d’une jeune fille de passage pour les vacances sur la côté landaise.
Adam n’est pas tellement plus déterminé que ne l’était Kevin Azaïs et passe lui son été sur les rives d’un lac de l’Ontario dans la maison que ses parents viennent d’acheter.
Sa rencontre avec deux cousins qui occupent leur temps à fumer des joints et inventer des sports risqués le conduit sur le chemin d’un apprentissage de la transgression. Dans ce premier long (qui est d’ailleurs la version étirée d’un court), Andrew Cividino veut tout mettre. Les tergiversations sexuelles de l’adolescence, la construction contre le modèle des parents, la rivalité entre amis, la trahison, la volonté de revanche sociale… et c’est un peu trop. Si le fil de la chronique s’appuie sur des dialogues assez vifs (entre les deux cousins et leur grand-mère, par exemple) et souvent drôles, la volonté de faire ressurgir une progression narrative noie le film dans un drame un peu pataud.

Braquer une épicerie pour en voler les bouteilles d’alcool, imaginer des figures de skate acrobatiques ou sauter dans le lac depuis de hautes falaises : la répétition d’actes de bravoure inutiles donne à ce temps de l’innocence perdue une lassitude désabusée. Car ces garçons ne parviennent jamais à se définir par ce qu’ils seraient, ou feraient, mais toujours par la façon dont ils observent le monde qui les entoure. Assez étonnamment, Cividino fait apparaître l’adolescence comme le moment du regard. Celui de Riley qui fouille la maison confortable d’Adam, celui d’Adam qui espionne sa voisine nuitamment au télescope, ou celui de Nate qui surprend le père d’Adam en compagnie d’une autre femme que la sienne. Ces deux idées sur comment filmer l’adolescence donnent de jolis moments malheureusement trop noyés dans les rebondissements des petites trahisons entre amis qui conduisent jusqu’à une grande catastrophe.

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