© Pyramide Distribution
  • Nothingwood

  • France, Afghanistan
  • -
  • 2016
  • Réalisation : Sonia Kronlund
  • Scénario : Sonia Kronlund
  • Image : Alexander Nanau, Éric Guichard
  • Son : Matthieu Perrot, Hassan Shabankareh, Emil Klotzsch, Tobias Fleig
  • Montage : Sophie Brunet, George Cragg
  • Producteur(s) : Laurent Lavolé
  • Production : Gloria Films, Made in Germany
  • Interprétation : Salim Shaheen...
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 14 juin 2017
  • Durée : 1h25
Quinzaine des Réalisateurs

Nothingwood

réalisé par Sonia Kronlund

Lorsque Salim Shaheen arrive dans une ville, il dit toujours que c’est celle où est née sa mère. Voilà qui peut donner une idée du protagoniste de Nothingwood, un acteur-réalisateur-producteur de séries Z pour le moins exubérant et très populaire en Afghanistan. La journaliste Sonia Kronlund, notamment connue pour l’émission radiophonique « Les Pieds sur terre », le suit avec une équipe de tournage dans la région de Bâmiyân, où il vient lui-même tourner plusieurs films, et montre à quel point la vie de cet homme est indissociable de sa passion pour la réalisation. Au passage, elle capte des scènes de tournage cocasses, fait la connaissance de ses fils, rencontre ses admirateurs, aidée d’un dispositif qui lui permet d’échanger avec eux dans leur langue.

Aussi divertissante soit-elle par moments, cette aventure reste est aussi très anecdotique. Faute de principe d’écriture précis, Nothingwood se disperse au gré des événements et saute sans arrêt du coq à l’âne. Sonia Kronlund a conservé une flopée de scènes qui reflètent sans doute l’expérience du tournage mais ne servent aucun propos. Elle évoque également en voix-off sa propre expérience de l’Afghanistan, bien que celle-ci semble assez hors sujet. Salim Shaheen aurait facilement pu faire l’objet d’un portrait, mais la réalisatrice ne résiste pas à la tentation de s’attarder aussi sur ses collaborateurs hauts en couleur, notamment l’un de ses comédiens, spécialiste des rôles de femmes.

La question de la place du cinéma en Afghanistan revient également à plusieurs reprises dans le film. Salim se remémore son enfance, lorsqu’il se faufilait dans les salles pour se délecter de films bollywoodiens. Il parle de la guerre, à l’issue de laquelle il reçut sa première caméra. Un spectateur raconte comment il a réussi à voir ses films sous le régime des Talibans. Une actrice évoque la vigilance de sa famille afin qu’on ne la prenne pas pour une danseuse. Malheureusement, ces anecdotes sont éparses et l’on reste sur sa faim, tant la réalisatrice a ici manqué une occasion d’évoquer les façons dont la création s’adapte et survit dans des contextes à la fois hostiles et instables.