Accueil > Panorama > Rétrospective > Pedro Almodóvar samedi 22 avril 2006

Rétrospective Pedro Almodóvar

¡ Mírame !, par Raphaël Le Toux-Lungo

Pedro Almodóvar

De la Telefónica à El Deseo, de l’underground aux Oscars, de la Mancha à Madrid et de Carmen Maura à Carmen Maura, retour sur l’œuvre de Pedro Almodóvar. À l’heure où sort son prochain film, Volver (sur les écrans le 19 mai) la Cinémathèque française propose une intégrale et une exposition qui revient sur 25 ans d’une passion de cinéma sans cesse renouvelée. 25 ans d’un désir toujours plus fort de raconter des histoires et d’inventer un monde qui soit au croisement de l’art et de la vie. La reprise de ses films nous permettra de replonger dans une orgie de sensations et d’émotions toujours aussi vives, tandis que « Almodovar exhibition ! » réalise le fantasme de pouvoir traverser l’écran du film et de se retrouver de plain-pied dans l’univers almodovarien.

Hola chicas y chicos, le printemps sera Almodóvar ou ne sera pas. Une rétrospective, une carte blanche, une exposition et un livre, le cinéaste espagnol sera sur tous les fronts et partout ; de Paris à Lyon en passant par Cannes où la sélection de sa dernière œuvre Volver ne fait plus aucun doute. Gardons-nous bien de nous plaindre de cette surexposition qui vient, s’il en est encore besoin, consacrer l’une des œuvres les plus originales du cinéma mondial de ces dernières décennies. L’occasion de voir et revoir des perles comme Talons aiguilles, Parle avec elle, La Loi du désir ou La Fleur de mon secret, mais aussi des films plus rares comme Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier ou l’hilarant Labyrinthe des passions. La carte blanche, sans surprise, nous permettra quant à elle de voir et revoir des grands chefs d’œuvre du cinéma (surtout hollywoodien) qui ont influencé, orienté son propre cinéma.

Almodovar exhibition !

L’exposition « Almodovar exhibition ! » est quant à elle plus interrogatrice. Elle témoigne de l’intérêt qui apparaît depuis quelques années pour ce moyen de présenter le travail d’un cinéaste ou du cinéma en général. L’actualité nous confirme ce parti-pris à l’heure où Beaubourg organise pas moins de deux expositions centrées sur le septième art : « Le mouvement des images », réorganisation de la collection permanente autour de thèmes issus de la pratique cinématographique, et la très attendue « Voyage(s) en utopie » conçue par Jean-Luc Godard, qui devrait débuter le 23 avril.

Le second point qui fait de cette exposition Almodóvar un événement, loin de ses généralités sociologiques, est le désir personnel qu’a toujours exprimé le cinéaste à concevoir une expo sur son travail. Ainsi, dans le livre d’entretiens avec Frédéric Strauss, Conversations avec Pedro Almodovar, publié aux éditions Cahiers du Cinéma pour la première fois en 1994, le cinéaste déclare au sujet de la conception visuelle de ses films : « Ce n’est pas un merchandising aussi standard que celui des Américains. Mais un jour j’arriverai à faire une exposition de tous les objets de mes films, et de toutes les idées plastiques qu’ils ont générées. » Souhait exaucé 12 ans après par la Cinémathèque, qui offre une pénétration fascinante et ludique du cinéma d’Almodóvar. Costumes, tableaux et objets de décor, affiches réelles et affiches de film dans le film, extraits d’œuvres, interviews, scénarii et toiles de maîtres s’organisent à travers sept grands thèmes : Émois, Almodovar et Madrid, En plein corps, La figure humaine, « Pop », L’écrit et La vie spectacle. Il semblerait qu’il s’agisse bien d’une œuvre du cinéaste à part entière qui nous permette de voyager dans son univers artistique et personnel. Un collage géant de costumes, de photographies du cinéaste, d’archives personnelles et d’œuvres picturales comme il les affectionne. La scénographie, avec la boîte personnelle d’Almodóvar au séminaire placée dès l’entrée de l’expo, ne laisse pas de doute. C’est bien sa boîte de Pandore que le cinéaste ouvre sous nos yeux.

Une manière aussi de permettre au spectateur de traverser l’écran pour pouvoir observer, pour leur valeur propre, les multiples créations qui accompagnent la réalisation d’un film d’Almodóvar. Car son cinéma puise profondément ses ressources dans les arts plastiques, le design, la musique et la photographie. On pourra aussi observer le rôle prépondérant que tiennent dans son œuvre les collages (il en réalise par ailleurs lui-même dans sa jeunesse) et, plus surprenant, les romans-photos. Mais aussi découvrir l’importance du travail fourni par certains artistes comme Dis Berlin, Juan Guatti ou Sigfrido Martin Begué, collaborateurs depuis de nombreuses années de l’univers esthétique et plastique du cinéaste.

Un aspect intéressant et vertigineux est aussi mis en avant, il s’agit des diverses affiches de film dans le film. En effet, de nombreux personnages d’Almodóvar sont cinéastes ou acteurs et ces affiches sont censées témoigner de leurs créations passées. Si, pendant la vision, reléguées au second plan dans la profusion du décor almodovarien, on n’y prête pas toujours attention, le cinéaste leur apporte pourtant un soin particulier. On pourra voir ainsi l’affiche de La Noche de Madrid au casting alléchant (Maura, Banderas et Alaska) mais totalement imaginaire, Double Identitad et La Visita, films réalisés par Enrique Goded, le cinéaste de La Mauvaise Éducation, qui prolonge la troublante mise en abyme provoquée par cette œuvre construite en poupées russes et en décalage constant film/réalité. Une autre affiche est très drôle, celle du film porno Haz el Amor y No La Guerra, dans lequel le personnage de Paul Bazzo, violeur de Kika, a joué.

Les commissaires d’exposition ont très bien réussi à rendre cette ambiance si particulière que dégagent les toiles du maître et on a tout au long du parcours, l’impression de déambuler dans l’un de ses films, à travers une scénographie surréaliste et drôle.

À partir de cette actualité ô combien chargée, mais qui permet aussi de se confronter à la totalité de la création almodovarienne en une sorte de bilan, il paraît possible de tirer certaines des grandes lignes de cette œuvre qui détonne et surprend toujours autant. Voici quelques thèmes récurrents, évolutions qui dessinent le parcours d’Almodóvar, l’homme d’un rêve : faire du cinéma.

Movida : le génie d’Almodóvar

Le parcours d’Almodóvar est l’un des plus atypiques de l’histoire du cinéma. Il répond à un contexte unique, celui de la fin du franquisme et de l’explosion de la Movida. Issu d’une famille pauvre de paysans de la Mancha, Almodóvar aura été un autodidacte en tout. Aucune école, aucune formation spécifique ne seront à la base de sa formation. Son apprentissage, c’est celui de la vie et de la salle obscure. À 16 ans, après avoir passé son enfance dans des écoles religieuses, il se rend à Madrid pour faire du cinéma. Il y vivra de petits boulots avant de décrocher une place au PTT espagnol. Il y restera douze années où il fera preuve d’une véritable frénésie de création, travaillant le jour et tournant la nuit des films en super-8, des romans-photos, écrivant scénarii et nouvelles underground (créant à l’occasion le personnage culte de Patty Diphusa, à l’origine de son seul livre à l’heure actuelle). Travesti avec son ami MacNamara, ils forment aussi un groupe de punk nommé « Almodóvar y MacNamara », qui déchaîne les nuits madrilènes avec ses chansons qui font l’apologie de la drogue ludique et du sexe dans tous ses états.

Almodóvar devient ainsi très vite une figure incontournable de la Movida émergente. Mais il n’en n’oublie pas moins son intérêt principal, le point où convergent ses obsessions : le cinéma. De 1974 à 1978, il ne tourne pas moins de douze films en super-8, courts métrages pour la plupart, parmi lesquels apparaissent le notable trailer de Who’s Afraid of Virginia Woolf ? (des photogrammes sont visibles à l’exposition) où Almodóvar moustachu y reprend le rôle titre d’Elizabeth Taylor, ainsi que son premier long métrage (pourtant jamais cité dans ses filmographies officielles) ¡ Folle... Folle... Fólleme Tim !, qui marque aussi sa première collaboration avec son actrice la plus fétiche, Carmen Maura. Cette partie de l’œuvre est la seule véritable formation d’Almodóvar. Les choses deviennent sérieuses avec la réalisation de Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier en 1980. Almodóvar y continue son exploration de la faune de la Movida. Le film capte, à la façon de la trilogie Heat, Flesh, Trash de Paul Morrissey, pour son aspect réaliste et fauché, la liberté qui souffle alors sur l’Espagne avec une drôlerie proche de la farce et un vrai sens de la provocation. Flic violeur, junkie, concours de la bite la plus longue (mesures prises par Almodóvar himself !), scatologie, homosexualité, le cinéaste n’a aucun tabou et fustige clairement la morale franquiste. Almodóvar agitateur, image qu’il n’abandonnera jamais vraiment. Même assagi, les sujets restent crus et les personnages continuent à parler de sexualité, à consommer des drogues et à avoir des pratiques physiques des plus originales. Ainsi, Agrado, dans Tout sur ma mère, qui pratique la fellation par bonté d’âme, ou les relations sexuelles voyeuristes Kika/Ramón dans Kika. La liberté acquise par Almodóvar à cette période, mais aussi par tout un peuple, le cinéaste ne s’en détachera jamais. Mêlée à l’humour, elle lui permettra d’aborder les sujets les plus délicats et les plus forts.

Avec le temps, le style du cinéaste évoluera pourtant vers une plus grande émotion. Si les sujets choquants resteront toujours centraux, le style se fera plus suggestif, plus pudique. Le meilleur exemple de cette transformation reste Parle avec elle. Réalisé en 2000, ce film retrouve les thèmes de toujours (le viol, l’homosexualité, le franquisme), mais la mise en scène en propose une représentation très différente qui a surpris jusqu’à ses admirateurs. Le viol par exemple, qui est un thème récurrent de l’œuvre. Même si avec ce motif Almodóvar a toujours évité un traitement réaliste attendu, surtout grâce à l’humour, il devient dans Parle avec elle elliptique, métaphorique. Il est représenté par une citation intratextuelle, le film dans le film que va voir Benigno et qu’il décrit à Alicia : L’Amant qui rétrécit. Le viol a lieu dans cet intervalle et sa représentation est strictement voilée, témoignant d’une surprenante économie de moyens pour le cinéaste. Une vraie leçon de suggestion, qui permet aussi au-delà du choc de l’acte de permettre une intense émotion inédite chez le réalisateur, qui n’est pas exempte non plus d’un certain malaise.

De la même manière, l’homosexualité, souvent représentée chez le cinéaste, devient ici latente, plus que frontale. À travers le personnage de Marco notamment. En effet, ce dernier voit apparaître dans ses rêves un beau nageur, est amoureux d’une torero et entretient une amitié particulière avec Benigno. L’homosexualité devient sensibilité, et dessine les mystères du personnage par petites touches accumulées. Elle y est plus son affaire que celle du spectateur. C’est aussi la volonté du cinéaste de nous faire prendre différentes fausses pistes. Derrière ses histoires « Lydia et Marco », « Alicia et Benigno » ou « Marco et Alicia », se tisse l’intrigue la plus importante, celle de Benigno et Marco, une histoire d’amitié ambiguë.

La Movida est aussi l’occasion pour Almodóvar de se donner un espace et un temps : l’Espagne et ses évolutions culturelles. Si la Movida est le cœur de ses deux premiers films, le cinéaste, dès Qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça ?, s’en détache clairement pour filmer le portrait d’une famille de prolétaires vivant dans une sombre banlieue madrilène. Même si le regard reste le même – généreux et sans complaisance, drôle et fantaisiste – un réalisme social assez dur fait ici son apparition. Almodóvar est un cinéaste qui, bien que fasciné par le cinéma et les références, n’en n’oubliera jamais la réalité sociale et culturelle de son pays. Car le cinéma chez Almodóvar n’est jamais donné en temps que tel, il est la vie même. Chacun des films du cinéaste s’ancre ainsi dans son époque comme en témoignent encore Kika et sa réflexion sur les médias et la télé ou la réalité du sida dans Tout sur ma mère. Témoin du monde qui l’entoure, tout en étant éloigné d’une réflexion post-modernisme et d’une morale de l’art pour l’art. Dans son cinéma, la vie conserve ses droits. La dimension sociologique n’est jamais évacuée totalement et le cinéaste se révèle au fil des années un très grand observateur de la vie quotidienne. La Movida réapparaîtra dans La Mauvaise Éducation, mais sous la forme d’une reconstruction historique, premier retour d’Almodóvar sur la période originelle qui l’aura vu devenir cinéaste.

Mythologie de la vie : merci le cinéma !

Comme on l’a vu, Pedro Almodóvar est un cinéaste pour qui le cinéma fait partie intégrante de la vie. Il n’y a pas confrontation, bien au contraire : les deux se fondent, se greffent l’un à l’autre pour ne former plus qu’un. Le cinéma oriente la vie et vice versa. Cette fusion vie/cinéma se retrouve à tous les niveaux ; c’est un grand fantasme qu’il partage avec Fassbinder (comme lui, il a d’ailleurs filmé sa mère et ses compagnes à plusieurs reprises). Dans la réalisation, la conception, comme dans les histoires et la vie que partagent comédiens et réalisateur. Car il existe une planète Almodóovar. Il a réussi à créer, comme pendant l’âge d’or d’Hollywood, une véritable mythologie à partir de ses films. Une mythologie liée à la création, par ses comédiens fétiches, ses techniciens, mais une mythologie qu’il exploite même au sein de ses films avec des personnages ou des figures récurrents : la tauromachie, les actrices, les travestis, les mères possessives...

Mais la vie avant tout doit pouvoir affecter la création du film en une sorte de work in progress. Cinéaste de l’écrit, Almodóvar a toujours été sensible aux évolutions notables qui s’opèrent sur ses tournages. Le meilleur exemple de ces changements au moment du tournage reste le travail fait sur La Loi du désir. Dans ce film, le personnage qu’interprète Carmen Maura devait n’être qu’un rôle secondaire mais, devant les difficultés rencontrées par Almodóvar avec Eusebio Poncela, elle est devenue « d’une manière tout à fait inattendue, la représentation du désir et le véhicule de ce que je voulais dire et raconter. Finalement La Loi du désir est quand même un de mes films préférés, même si ma projection personnelle est malheureusement ce qui tombe le plus à côté. » Si le film existe, c’est justement grâce à ce mélange de vie et de cinéma et à une parfaite connivence avec les protagonistes qui participent à l’œuvre. Il faut aussi noter la relation qui le lie particulièrement à Carmen Maura, l’actrice qui aura tourné le plus de films avec lui et donné des prestations des plus hallucinées. Son dernier film, Volver (« revenir », en espagnol) ne marque-t-il pas aussi le retour de l’actrice de toujours avec qui il n’avait pas tourné depuis Femmes aux bords de la crise de nerfs ? Ses actrices (les chicas d’Almodóvar), sont toutes marquées au fer rouge de l’empreinte du cinéaste. Marisa, Rossy, Victoria, Veronica, Bibi et autres Penélope sont toutes des créatures de leur auteur démiurge. Le travail que met en place le réalisateur avec ses comédiens rejoint cette logique. Comme il l’explique à propos de sa collaboration avec Victoria Abril dans Attache-moi ! : « Victoria avait le plus grand mal à dire à Lola, sa sœur dans le film, “Je t’aime bien”, d’une façon très normale. [...] Techniquement parlant, Victoria pouvait dire cette phrase, mais je demande plus. Un acteur ne peut mentir à un metteur en scène et une chose techniquement bien faite n’est pas assez pour moi. Il fallait que Victoria apprenne à dire vraiment “Je t’aime bien” et le mieux était qu’elle l’apprenne dans la vie [...] Simplement, quand les problèmes personnels deviennent des problèmes d’interprétation, c’est la vie qui doit alors aussi devenir un apprentissage. » La vie doit venir interférer le travail fourni sur le film. Sans tomber dans l’obscène ou la perversion, l’engagement de tout un chacun doit être total. C’est le cinéma passion. Le cinéma idéal que rêve depuis toujours Almodóvar, un cinéma qui ne serait pas du régime du faux ou du fabriqué, mais qui puisse toucher au réel. Un cinéma qui, en réfléchissant la surface des choses, puisse finir par en tirer le plus profond, comme le cinéaste le dit dans la préface de Patty Diphusa.

Cette mythologie passe aussi par la création de sa maison de production El Deseo S.A, fondée en 1986 avec son frère Agustín Almodóvar. Outre le fait de lui procurer une indépendance totale, cette structure lui permet aussi de produire divers films comme L’Échine du diable de Guillermo Del Toro en 2001, La Niña Santa de Lucrecia Martel en 2004 ou The Secret Life of Words d’Isabel Coixet en 2006. Toujours des films qui lui tiennent à cœur. Car s’il produit peu, c’est qu’El Deseo est restée une structure « artisanale », avec des collaborateurs de toujours, surtout dévouée à ses propres réalisations. Entouré des mêmes personnes fidèles, son frère Agustín (qui tient un petit rôle dans presque tous ses films) et Esther García (qui avait inspiré le rôle de Loles León dans Attache-moi !), El Deseo apparaît comme un des centres du système Almodóvar, celui de la liberté de réalisation et de la création.

La vie et le cinéma ne peuvent faire qu’un chez Almodóvar, comme le prouve aussi au niveau de la transtextualité la métaphore de la greffe dans Tout sur ma mère. Les références cinématographiques sont collées (dans le film Opening Night de John Cassavetes et All about Eve de Mankiewicz) entre elles pour ne former qu’un seul corps, le cinéma et la vie fonctionnent alors sur le même registre. Les deux se répondent en écho.

Ce corps nouveau, composite, qui s’unit grâce au désir de cinéma, prend aussi la forme du travestissement. Mais chez Almodóvar il est difficile de parler de travestissement ou de transsexualité tant les personnages, en changeant de sexe ou d’aspect, deviennent profondément eux-mêmes. Ainsi dans Kika, le personnage de Juana, domestique lesbienne qui se laisse pousser la moustache, se sent travestie une fois rasée et maquillée en femme. Ou à travers le personnage d’Agrado qui a utilisé des litres de silicone pour devenir une femme réelle. Son corps, c’est celui que l’on rêve avant tout, celui que l’on se fabrique plus que celui qui existe. Ainsi même s’il ne représente que très rarement le rêve, Almodóvar est un grand cinéaste onirique. Mais un onirisme qui s’ancrerait dans le réel et le corps même. Non pas une rêverie stérile, mais un désir qui pousse à l’action et qui devient le seul moteur de l’existence.

La philosophie d’Almodóvar serait alors : le cinéma c’est la vie rêvée et le rêve de sa vie, le film idéal.

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