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	<title>critikat.com, le site de critique de film</title>
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	<description>critikat.com, le site de critiques de films : des critiques, dossiers, analyses, interview retro, dvd, festivals...</description>
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		<title>Edito 224</title>
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		<dc:creator>Cl&#233;ment Gramini&#232;s</dc:creator>

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&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class='spip_document_11126 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L87xH116/edito-cineclub-3-5e9be.gif' title=&quot;&quot;/ width='87' height='116' style='height:116px;width:87px;' class='' &gt;&lt;/span&gt;Le jeudi 13 juin, la saison du cin&#233;-club, organis&#233; par Critikat en partenariat avec le Nouveau Latina, s'est achev&#233;e autour du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;musical&lt;/i&gt; de Mark Sandrich, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Amanda-edition-DVD.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;analyse du film Amanda&quot;&gt;Amanda&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Tout au long de l'ann&#233;e, ce sont neuf longs-m&#233;trages totalement diff&#233;rents que nous vous avons eu le plaisir de vous pr&#233;senter, marquant pour nous l'occasion de vous faire d&#233;couvrir des films m&#233;connus, mais aussi d'&#233;changer sur les &#339;uvres que nous avions s&#233;lectionn&#233;es avec un public qui s'est toujours montr&#233; r&#233;ceptif &#224; notre d&#233;marche. Toujours anim&#233;e par un d&#233;sir de partage et de transmission, la r&#233;daction de Critikat a le plaisir de vous annoncer que l'exp&#233;rience sera reconduite l'ann&#233;e prochaine pour une saison de dix s&#233;ances mensuelles (de septembre 2013 &#224; juin 2014). Encourag&#233;s par la confiance que nous accorde le Nouveau Latina, nous travaillons activement &#224; la constitution d'une nouvelle s&#233;lection originale. L'ann&#233;e derni&#232;re, nous avions choisi de proposer des films commen&#231;ant par la lettre A car la contrainte est toujours stimulante et nous a parfois invit&#233;s &#224; aller chercher des &#339;uvres oubli&#233;es ou largement m&#233;connues. Lors de notre derni&#232;re projection, nous avons tir&#233; une nouvelle lettre au sort : la saison 2013-2014 sera donc plac&#233;e sous le signe du &#171; T &#187;. Nous invitons nos fid&#232;les lecteurs et spectateurs &#224; nous faire part de leurs suggestions. La programmation d&#233;finitive sera d&#233;voil&#233;e au cours de l'&#233;t&#233; !&lt;/div&gt;


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		<title>Les Parapluies de Cherbourg</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Estelle Bayon</dc:creator>

<category domain="http://www.critikat.com/-Critiques-.html">Critiques</category>


		

		

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;2013 sera d&#233;cid&#233;ment l'ann&#233;e Jacques Demy. Le monde enchant&#233; du cin&#233;aste d&#233;borde l'exposition et la r&#233;trospective que lui consacre la Cin&#233;math&#232;que Fran&#231;aise jusqu'en ao&#251;t pour gagner les salles de cin&#233;ma. Apr&#232;s &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Lola,5883.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Lola&quot;&gt;Lola&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; en novembre dernier, et en attendant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Baie des anges&lt;/i&gt; le mois prochain, Cin&#233;-Tamaris ressort &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt;, Palme d'Or 1964, pour prolonger l'enchantement toujours intact que procure l'univers si singulier du compagnon d'Agn&#232;s Varda.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enchant&#233;, le cin&#233;ma de Demy ? Et pourtant&#8230; faisons l'inventaire de ces &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Parapluies&lt;/i&gt; : la pluie qui frappe les pav&#233;s gris de la province d&#232;s le g&#233;n&#233;rique, la guerre d'Alg&#233;rie, une s&#233;paration, une m&#232;re qui dit avoir g&#226;ch&#233; sa vie, un p&#232;re absent, un attentat &#224; la grenade et une blessure au genou, deux d&#233;c&#232;s, une grossesse solitaire&#8230; Sur le papier, rien de tr&#232;s r&#233;jouissant, encore moins de merveilleux dans le troisi&#232;me long-m&#233;trage de Jacques Demy. Menace de la perte, douleur de l'absence, pr&#233;carit&#233;, heurt entre d&#233;sir et convictions, r&#233;signation, d&#233;ception, barri&#232;re des classes, solitude : une infinie m&#233;lancolie parcourt le film. Y a-t-il un plan plus triste que le travelling arri&#232;re qui abandonne Genevi&#232;ve sur le quai de la gare ? Il n'emp&#234;che, l'adjectif aura un peu partout, ces derni&#232;res semaines, guid&#233; notre (re)plong&#233;e dans l'univers demyesque. Invent&#233; par le cin&#233;aste et son compositeur Michel Legrand pour qualifier la forme nouvelle qu'ils cr&#233;&#232;rent avec ce film, le n&#233;ologisme &#171; en-chant&#233; &#187; et son tiret malicieux indique &#224; lui seul les nuances et libert&#233;s que le duo symbiotique va prendre avec un genre qui commence &#224; s'essouffler alors s&#233;rieusement, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;musical&lt;/i&gt;. Demy et Legrand prennent le contrepied de sa structure classique, alternance de dialogues parl&#233;s et de chansons, pour mettre en musique chaque phrase, chaque mot. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt;, c'est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Chantons-sous-la-pluie.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;analyse du film Chantons sous la pluie&quot;&gt;Chantons sous la pluie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, mais chantons le jour et la nuit, chantons les rires et les pleurs, chantons l'amour (&#171; Je t'aimerai jusqu'&#224; la fin de ma vie &#187;), la banalit&#233; (&#171; Tu sens l'essence &#187;) voire la trivialit&#233; (&#171; Pousse ta viande &#187;). Seul &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une chambre en ville&lt;/i&gt; reprendra dix-huit ans plus tard ce m&#234;me jusqu'au-boutisme, t&#233;moignage d'une audace sans concession bravant toujours les modes, qui ne sont que l'autre nom de la prudence timor&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Demy-monde ne fait pas les choses &#224; moiti&#233;, et c'est ce trop expansif, ce d&#233;bordement de la bande-son qui gagne les images, badigeonnant les murs et les costumes de couleurs vives, qui transporte et ravit. Il exalte le premier amour comme s'il avait la saveur de l'&#233;ternit&#233;, avant de combler l'absence et le vide en donnant &#224; un sc&#233;nario a priori bien mi&#232;vre la forme d'une emphatique trag&#233;die. La r&#233;p&#233;tition de quelques-uns des dix-neuf th&#232;mes compos&#233;s par Legrand joue sur la m&#233;moire &#233;motionnelle du spectateur, qu'elle met en accord avec les rythmes des chansons et des c&#339;urs. Il fallait bien un adjectif avec un trait d'union pour caract&#233;riser la belle intimit&#233; qui nous relie au destin de ces &#234;tres aussi sublimes qu'ordinaires. C'est d'ailleurs &#224; cet attachement du public au cin&#233;aste que l'on doit aujourd'hui la ressortie sur les &#233;crans des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt;. Cin&#233;-Tamaris a en effet eu recours au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;crowdfunding&lt;/i&gt; pour trouver les fonds n&#233;cessaires &#224; la restauration et la num&#233;risation du film, qui manquaient encore apr&#232;s la r&#233;colte d'une partie de la somme aupr&#232;s de m&#233;c&#232;nes et divers organismes [&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/#nb1-1&quot; name=&quot;nh1-1&quot; id=&quot;nh1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Sur les 115000 euros HT requis, Cin&#233;-Tamaris a collect&#233; 90000 euros (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]. La g&#233;n&#233;rosit&#233; des donateurs anonymes a largement d&#233;pass&#233; les attentes de Varda et de ses enfants, preuve de l'attachement profond des spectateurs &#224; l'un des plus beaux m&#233;lodrames du cin&#233;ma fran&#231;ais, qui fait d&#233;sormais partie du patrimoine tant culturel qu'affectif. Et d'une reconnaissance aussi envers un cin&#233;aste qui tournait pour le public. Demy ambitionnait avec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Parapluies&lt;/i&gt; de r&#233;aliser un op&#233;ra populaire, qui puisse appartenir au peuple. Non sans humour, le cin&#233;aste devance les sceptiques d&#232;s la premi&#232;re s&#233;quence : &#171; J'aime pas l'op&#233;ra, le cin&#233; c'est mieux. Tous ces gens qui chantent, &#231;a m'fait mal &#187; peut-on entendre dans la bouche d'un coll&#232;gue garagiste de Guy. Avec son art en-chant&#233; de l'assemblage, Demy donne une forme op&#233;ratique au quotidien, saisit avec pr&#233;ciosit&#233; l'instant (le film est l'un des premiers &#224; aborder le sujet tabou de la guerre d'Alg&#233;rie) comme l'&#233;ternel (l'amour, toujours).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ancrage dans le banal s'accorde &#233;galement &#224; la volont&#233; effront&#233;e de marquer un net &#233;cart avec le musical hollywoodien, plus enclin &#224; convoler vers l'extraordinaire. Et si l'on chante sans cesse, on ne danse pas dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Parapluies&lt;/i&gt;, sauf si la situation s'y pr&#234;te, &#224; la faveur d'un mambo fugace dans une salle de bal. Le corps ici est au repos, et ses ardeurs (sc&#232;nes de sexe entre Guy et Genevi&#232;ve ou Jenny) comme ses meurtrissures (la guerre, la blessure de Guy) demeurent dans les hors-champs pudiques qui contrastent avec l'affolement des sens provoqu&#233; par les images trop color&#233;es et les envol&#233;es de violons. &#192; l'union des deux amants, Demy pr&#233;f&#232;re filmer la cage d'escalier &#233;trangement vide dans un film qui grouille de figurants, ces jeunes filles et marins qui traverseront encore Rochefort dans son long-m&#233;trage suivant. L'absence, d&#233;j&#224;, voile leur union, et le temps qui a effrit&#233; le vert vif sur le mur menace de corrompre l'&#233;treinte ind&#233;cente qui unit la fille de Mme Emery &#224; un vulgaire garagiste. Car le film met moins en sc&#232;ne les actions que leurs interstices, ramassant les fruits de la vie, tant&#244;t savoureux, tant&#244;t g&#226;t&#233;s. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt; est avant tout un film de la cons&#233;quence, cons&#233;quence de l'amour qui berce d'illusions, cons&#233;quence de la guerre qui les d&#233;molit, cons&#233;quence de la morale bourgeoise qui impose des choix. Subtil satiriste, Demy ne manque pas d'&#233;gratigner en quelques saillies jubilatoires de cruaut&#233; cette morale qu'incarne la m&#232;re de Genevi&#232;ve, pour le moins contradictoire. Si elle trouve sa fille trop jeune pour &#233;pouser le pauvre Guy, elle ne voit pas d'inconv&#233;nient &#224; la pousser, enceinte et &#233;plor&#233;e, dans les bras de Roland Cassard. Il faut dire que le monsieur est diamantaire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, Cassard n'&#233;tait qu'un jeune homme boh&#232;me &#233;conduit par la belle Lola dans le premier long-m&#233;trage de Demy. Interpr&#233;t&#233; par le m&#234;me acteur, Marc Michel, Roland circule d'un film &#224; l'autre, &#233;bauchant de sa pr&#233;sence et de ses souvenirs la cartographie d'un Demy-monde o&#249; l'on ne cessera plus de voyager, comme dans un pays parall&#232;le, une Province de cin&#233;ma. Le passage Pommeraye, cette fois-ci en couleurs, nous replonge dans le Nantes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lola&lt;/i&gt;. Le plan sur Deneuve orn&#233;e de la couronne de la galette des rois pr&#233;figure &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Peau d'&#194;ne&lt;/i&gt;. Le forain Bill des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Demoiselles de Rochefort&lt;/i&gt; dira avoir tra&#238;n&#233; &#224; Cherbourg. Peut-&#234;tre passe-t-il, anonyme, au coin d'une rue des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Parapluies&lt;/i&gt;&#8230; Tout est circulation dans la cin&#233;matographie de Demy, v&#233;ritable chef d'orchestre du hasard, qui trouve dans le d&#233;cor de villes portuaires (Cherbourg, Rochefort, Nantes, Nice, Marseille, Los Angeles) le lieu de tous les possibles, des fuites salvatrices comme des d&#233;parts malheureux. Rien n'est tout blanc ou tout noir chez le cin&#233;aste, encore moins tout rose, n'en d&#233;plaise &#224; ses d&#233;tracteurs rebut&#233;s par ses fioritures affect&#233;es qui dissimulent &#224; peine, pourtant, l'acide lucidit&#233; de son regard. Et s'il pleut sur la ville comme il pleure dans les c&#339;urs, n'est-ce pas une occasion merveilleuse d'entrer dans un ballet bariol&#233; de p&#233;pins ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Estelle Bayon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;hr /&gt;&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/#nh1-1&quot; name=&quot;nb1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Sur les 115000 euros HT requis, Cin&#233;-Tamaris a collect&#233; 90000 euros aupr&#232;s de LVMH, le Festival de Cannes, la ville de Cherbourg et la r&#233;gion Basse-Normandie. Les 25000 euros manquants ont &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s (et d&#233;pass&#233;s, atteignant pr&#232;s de 50000 euros) sur le site KissKissBankBank, plateforme de financement participatif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt; (France, Allemagne, 1964). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 1h31. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisateur&lt;/strong&gt; : Jacques Demy. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : Jacques Demy. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Jean Rabier. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Anne-Marie Cotret. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Michel Legrand. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Paroles&lt;/strong&gt; : Jacques Demy. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cors&lt;/strong&gt; : Bernard Evein. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Costumes&lt;/strong&gt; : Jacqueline Moreau. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Mag Bodard, Gilbert de Goldschmidt, Parc Film, Madeleine Films, Beta Film. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Catherine Deneuve / Danielle Licari (Genevi&#232;ve Emery), Nino Castelnuovo / Jos&#233; Bartel (Guy), Anne Vernon / Christiane Legrand (Madame Emery), Marc Michel / Georges Blaness (Roland Cassard), Mireille Perrey / Claire Leclerc (Tante Elise). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; : Cin&#233;-Tamaris. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Le Fils unique</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Matthieu Santelli</dc:creator>

<category domain="http://www.critikat.com/-Critiques-.html">Critiques</category>


		

		

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&lt;img src=&quot;IMG/arton6677.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;75&quot; height=&quot;100&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff6677.gif'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.critikat.com/IMG/arton6677.gif'&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
&lt;div class='rss_chapo'&gt;C'est toujours une bonne chose de voir les films d'Ozu ressortir en salles. Mais quand il s'agit d'un in&#233;dit issu d'une de ses p&#233;riodes les moins connues, c'est encore mieux. Carlotta a la bonne id&#233;e de distribuer pour la premi&#232;re fois &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Fils unique&lt;/i&gt;, premier film parlant du cin&#233;aste, drame social aux accents n&#233;or&#233;alistes et surtout bouleversant chef-d'&#339;uvre m&#233;connu.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on aimait, on aimait, et quand on n'avait rien d'autre &#224; donner, on donnait son amour.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;George Orwell, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1984&lt;/i&gt;, 1948&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une m&#232;re, veuve, &#233;l&#232;ve seule son fils dans une petite ville de province japonaise. Ils vivent modestement dans une maison qui, tout de m&#234;me, leur appartient. L'enfant, Ryosuke, finit sa scolarit&#233; au coll&#232;ge et, bon &#233;l&#232;ve, il a toutes les capacit&#233;s requises pour aller au lyc&#233;e. La m&#232;re, Tsune, est tisseuse dans une fabrique de soie mais, employ&#233;e pauvre, elle n'a pas les capacit&#233;s financi&#232;res qui permettraient &#224; son fils de poursuivre ses &#233;tudes malgr&#233; la recommandation et l'insistance de son professeur. Ainsi, au bout de quelques minutes, Ozu filme une terrible prise de conscience : Ryosuke d&#233;couvre soudain le fonctionnement des in&#233;galit&#233;s sociales et de quoi la classe dont il est issu le prive : un avenir. Tsune, pourtant, se ravise. Elle ne peut se r&#233;soudre &#224; le condamner &#224; ce sort et estime que son devoir de m&#232;re est de soutenir son fils, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;co&#251;te que co&#251;te&lt;/i&gt;. Il ira au lyc&#233;e et tentera de faire carri&#232;re &#224; Tokyo : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tu deviendras un grand homme&lt;/i&gt; &#187; esp&#232;re-elle. Il promet que oui. Ellipse. Quinze ans plus tard, Ryosuke a 27 ans et s'est install&#233; &#224; Tokyo o&#249; il aurait une bonne situation. Tsune, qui a travaill&#233; dur tout ce temps, a enfin mis assez d'argent de c&#244;t&#233; pour pouvoir lui rendre visite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout comme &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Voyage-a-Tokyo.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Voyage &#224; Tokyo&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Voyage &#224; Tokyo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Fils unique&lt;/i&gt; raconte l'histoire d'un parent qui rend visite &#224; sa prog&#233;niture &#224; la capitale, mais le motif ici n'est pas encore affin&#233;, il est livr&#233; &#224; l'&#233;tat brut, charg&#233; de la tension qui caract&#233;rise les m&#233;lodrames, o&#249; les personnages sont ballott&#233;s entre leurs sentiments et leur corps social. La sc&#232;ne de leurs retrouvailles en est une formidable illustration : dans un taxi, m&#232;re et fils se d&#233;visagent, chacun un sourire radieux aux l&#232;vres. La voiture traversant Tokyo, Ryosuke en profite pour faire une petite visite guid&#233;e &#224; sa m&#232;re, &#233;merveill&#233;e. Mais le taxi ne s'arr&#234;te pas et traverse la m&#233;galopole nippone, jusqu'&#224; une banlieue miteuse, &#233;gar&#233;e et campagnarde. Ils descendent et sur place les illusions de Tsune s'effondrent : Ryosuke r&#233;side en p&#233;riph&#233;rie de Tokyo et ne survit que modestement gr&#226;ce &#224; un salaire d'enseignant de cours du soir. Et pour couronner le tout, il est mari&#233; et a un fils d'un an.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis le superbe &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Gosses-de-Tokyo.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Gosses de Tokyo&quot;&gt;Gosses de Tokyo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, les films d'Ozu sont pass&#233;s du burlesque au drame social, et se focalisent sur des histoires de petites gens dont la vie de famille est secou&#233;e par les al&#233;as de la mis&#232;re. Apr&#232;s la guerre, il gommera peu &#224; peu les effets dramatiques de son cin&#233;ma, &#233;puration esth&#233;tique qui donnera les chefs-d'&#339;uvre pour lesquels l'histoire du cin&#233;ma mondial l'a reconnu (tardivement). Mais pour l'heure, en 1936, quand il fait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Fils unique&lt;/i&gt;, il r&#232;gne dans son cin&#233;ma une certaine pesanteur dramatique. Pour autant, le film est une pure &#339;uvre ozu&#239;enne, tr&#232;s &#233;loign&#233;e, par exemple, des m&#233;lo-sociaux de Mizoguchi. Chez ce dernier, la cam&#233;ra fait corps avec les personnages, les prend au pi&#232;ge, s'en d&#233;solidarise, puis les r&#233;cup&#232;re &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;in extremis&lt;/i&gt;. La sc&#233;nographie est prise dans leurs tourments mais peut aussi les d&#233;laisser &#224; tout moment. Au contraire, chez Ozu, le d&#233;coupage reste inflexible. Ce qui ne veut pas dire que la cam&#233;ra est insensible &#224; ce qui se passe sous son &#339;il, mais qu'elle maintient la distance, toujours la m&#234;me &#8211; celle qui demande le travail d'une vie &#8211;, et d&#233;voile la d&#233;tresse des personnages et leur embarras sans en violer l'intimit&#233;, saisissant ce qu'il y a saisir. Ni plus, ni moins. Ce n'est pas tant de la pudeur &#8211; on se livre beaucoup chez Ozu, on pleure souvent &#8211; que de la juste mesure, une mani&#232;re de tout mettre &#224; plat, de ne pas jouer la sur-dramatisation, de laisser les &#233;v&#233;nements survenir sans aller les chercher. Tout arrive pas &#224; pas, inexorablement, m&#234;me le moment o&#249; la fa&#231;ade sociale se fissure et les langues se d&#233;lient. Comme quand, ici, bien que surprise et tr&#232;s contrari&#233;e, Tsune ne laisse rien para&#238;tre et accepte l'accueil de son fils et de sa femme. Ryosuke finit par lui avouer qu'il n'&#233;tait pas tr&#232;s favorable &#224; sa venue, qu'il a honte de l'accueillir dans de telles conditions. Il sait surtout qu'il faudra bien r&#233;gler les comptes, s'expliquer. Sa m&#232;re, sans vouloir l'accabler, ne comprend tout de m&#234;me pas qu'il ne se soit pas plus battu, qu'il n'essaie pas de trouver un meilleur poste, qu'il baisse les bras. Il tente de lui expliquer la difficult&#233; de se faire une place dans le milieu du travail mais il ne la convainc pas. Car elle a sacrifi&#233; son existence pour lui, r&#233;v&#232;le-t-elle : elle a vendu sa maison pour lui payer ses &#233;tudes et loge d&#233;sormais dans les dortoirs de la fabrique de soie o&#249; elle est vou&#233;e &#224; finir sa vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le poids de ce sacrifice qui est trop lourd &#224; porter (le fameux plan ozu&#239;en sur un dos vo&#251;t&#233;, ici celui de Ryosuke), c'est une responsabilit&#233; intenable, une preuve d'amour trop grande. Ce fut le signe, pour lui, d'un passage &#224; l'&#226;ge adulte trop radical. L'enfance est omnipr&#233;sente chez Ozu, pas seulement dans la repr&#233;sentation des enfants eux-m&#234;me, qui traversent presque tous les films du cin&#233;aste (qui vivait d'ailleurs chez sa m&#232;re), mais aussi chez les adultes en ce sens qu'ils ne sont rien d'autre que des enfants &#226;g&#233;s. Renoncer &#224; l'enfance, sortir du giron familial est trop leur demander. Ils feront toujours en sorte que leur printemps soit le plus tardif possible. Ryosuke, lui, qui a &#233;t&#233; &#233;ject&#233; de l'enfance violemment, par injustice sociale et amour maternel, s'est retrouv&#233; incapable d'affronter le monde des adultes. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tu deviendras un grand homme&lt;/i&gt; &#187; signifie aussi &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sois d&#233;sormais un adulte&lt;/i&gt; &#187;. Impossible. Impossible &#233;galement, d'&#233;chapper &#224; sa condition de classe : Ryosuke n'est pas le seul &#171; rat&#233; &#187; du film, son professeur aussi, parti &#224; la capitale pour se faire une situation, a &#233;chou&#233;. L'Ordre Social dit que seules les &#233;tudes peuvent le bouleverser, que la scolarit&#233; est le pr&#233;ambule de la soci&#233;t&#233;, que les premiers de la classe seront les premiers &#224; r&#233;ussir. En bonne prolo, Tsune a suivi cette carotte institutionnelle, sans douter un instant de son fondement. Ryosuke, lui, s'est pris de plein fouet la duret&#233; du monde du travail, sa cruaut&#233;, sa comp&#233;tition impitoyable. C'est ce qu'elle va comprendre en d&#233;couvrant (et c'est l&#224; que le film devient bouleversant) que Ryosuke n'est peut-&#234;tre pas un &#171; grand homme &#187; dans le sens social du terme, mais qu'il est profond&#233;ment bon (on vous laisse d&#233;couvrir comment), et donc sans doute inadapt&#233;, justement, &#224; jouer le jeu social. Ryosuke, quelque part, a tenu sa promesse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; pourquoi le cin&#233;ma d'Ozu est terrassant, non pas pour ce qu'il montre de la duret&#233; de la vie et des afflictions des personnages mais pour ce qu'il laisse entrevoir de la persistance de la noblesse des sentiments qui les animent malgr&#233; tout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Matthieu Santelli&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hitori Musuko&lt;/i&gt; (Japon, 1936). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 87 min. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation&lt;/strong&gt; : Yasujiro Ozu. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : Yasujiro Ozu, Tadao Ikeda, Masao Arata. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Shojiro Sugimoto. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Eiichi Hasegawa, Hideo Mohara . &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Senji It&#244;. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Sh&#244;chiku Eiga. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Choko Iida (Tsune), Shin'ichi Himori (Ryosuke), Yoshiko Tsubouchi (Sugiko), Chishu Ryu (professeur Ookubo))... &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Le Choix de Sophie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabien Reyre</dc:creator>

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#192; quoi mesure-t-on qu'un film, quelles que soient ses qualit&#233;s cin&#233;matographiques, est rentr&#233; dans l'inconscient collectif ? Lorsque par exemple, son titre est devenu une expression, m&#234;me au-del&#224; des cercles cin&#233;philes. Aux &#201;tats-Unis, il n'est pas rare, lorsqu'une personne doit faire face &#224; un choix particuli&#232;rement difficile, qu'elle se dise : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;It's Sophie's Choice !&lt;/i&gt; &#187;, en r&#233;f&#233;rence au climax du film, la grande r&#233;v&#233;lation finale sur laquelle repose l'intrigue enti&#232;re. Par respect envers ceux qui ignorent encore les tenants et les aboutissants de ce fameux choix que doit faire Sophie, on en taira donc la teneur, mais force est de reconna&#238;tre que sa puissance dramatique reste intacte aujourd'hui encore, trente ans apr&#232;s sa sortie. Son pouvoir &#233;motionnel est d'ailleurs tel qu'il en occulte tout le reste. Sans son twist final, que reste-t-il du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Choix de Sophie&lt;/i&gt; ?&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le film, r&#233;alis&#233; en 1982 par un Alan J. Pakula alors au fa&#238;te de sa gloire apr&#232;s les succ&#232;s critiques et commerciaux de &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/La-Trilogie-de-la-conspiration.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;dossier sur la &quot;trilogie parano&#239;aque&quot; r&#233;alis&#233;e par Alan J. Pakula&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Klute&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/A-cause-d-un-assassinat.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film &#192; cause d'un assassinat&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cause d'un assassinat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Les-Hommes-du-president.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Les Hommes du Pr&#233;sident&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Hommes du Pr&#233;sident&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, est visuellement un peu dat&#233;, avec son flou quasi hamiltonien et une reconstitution des camps d'Auschwitz qui fr&#244;le l'ind&#233;cence &#8211; fort heureusement, le r&#233;alisateur a le bon go&#251;t de traiter le sujet de la Shoah en hors-champ. Pour autant, s'il surprend encore aujourd'hui, c'est par la multitude de sujets qu'il aborde, la plupart n'ayant que finalement tr&#232;s peu de liens avec le secret qui hante son personnage principal. Car &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Choix de Sophie&lt;/i&gt;, m&#233;lo d&#233;finitif s'il en est, c'est avant tout l'histoire d'un amour passionnel et donc tragique, d'une amiti&#233; ind&#233;fectible entre trois personnes que tout oppose et, en premi&#232;re ligne, le portrait de trois solitudes que la vie r&#233;unit bri&#232;vement, avant que la mort ne reprenne ses droits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jeune Stingo (Peter MacNicol) se r&#234;ve &#233;crivain et quitte son Sud natal pour rejoindre New York et peut-&#234;tre y trouver l'inspiration et la gloire. Nous sommes juste apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, l'optimisme est triomphant et les vaches maigres se compensent par une foi inalt&#233;rable en l'avenir. Stingo se trouve une chambre dans une maison de Brooklyn et y fait la connaissance d'un couple au temp&#233;rament orageux, Sophie (Meryl Streep) et Nathan (Kevin Kline). Elle est belle et diaphane, Polonaise &#224; l'accent irr&#233;sistible et &#224; la douceur fondante. Il est entier et truculent, tour &#224; tour col&#233;rique et hyst&#233;rique, g&#233;n&#233;reux et gouailleur, violent et tendre. Elle est chr&#233;tienne, il est juif. Elle a connu les camps, y a perdu son p&#232;re et son mari ; il est am&#233;ricain et n'a qu'une obsession : que les nazis soient traduits en justice. Ces trois-l&#224; deviennent amis, mais le caract&#232;re impr&#233;visible et de plus en plus incontr&#244;lable de Nathan pousse Sophie et Stingo &#224; se rapprocher, jusqu'&#224; ce que la jeune femme r&#233;v&#232;le les secrets les plus sombres et inavouables de son pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; le cabotinage outrancier de Kevin Kline, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Choix de Sophie&lt;/i&gt; parvient curieusement &#224; maintenir une belle sobri&#233;t&#233; dans ses deux premiers tiers, un peu moins dans la derni&#232;re (malgr&#233; une belle retenue dans &#171; la &#187; fameuse sc&#232;ne). C'est que Pakula, plus habitu&#233; aux films &#224; th&#232;se un peu secs, tr&#232;s factuels, a su conserver une certaine raideur qui sied bien aux envol&#233;es lyriques de son sc&#233;nario, inspir&#233; du roman de William Styron. Si on se passionne peu, il faut bien l'avouer, pour les gesticulations de Nathan/Kline et la candeur un peu niaise de Stingo/MacNicol (que l'on retrouvera quelques ann&#233;es plus tard, et beaucoup plus dr&#244;le, en avocat farfelu dans la s&#233;rie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ally McBeal&lt;/i&gt;), on n'a d'yeux que pour la toute jeune Meryl Streep, vue jusqu'alors en second r&#244;le dans deux beaux films (&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Manhattan.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Manhattan&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Manhattan&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Voyage au bout de l'enfer&lt;/i&gt;), et en premier dans deux autres, plus oubliables (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Kramer contre Kramer&lt;/i&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Ma&#238;tresse du lieutenant fran&#231;ais&lt;/i&gt;). Si l'on a aujourd'hui quelque peu tendance &#224; s'agacer de son statut d'actrice intouchable aux cent douze accents, force est de reconna&#238;tre qu'elle incarna alors Sophie bien au-del&#224; des seuls effets de com&#233;dienne bien rod&#233;e. Bien s&#251;r, la prononciation impeccable est l&#224;, mais elle ne saurait r&#233;duire l'interpr&#233;tation sid&#233;rante de l'actrice, dont le jeu instinctif, compl&#232;tement habit&#233; et riche d'une infinit&#233; de nuances &#233;tait alors totalement in&#233;dit pour le cin&#233;ma hollywoodien de l'&#233;poque. Elle bouleverse r&#233;ellement, et c'est peu dire que son premier Oscar de la Meilleure Actrice ne fut pas usurp&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le film, souvent, n'est pas &#224; sa hauteur. Le m&#233;lodrame amoureux &#224; la &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Jules-et-Jim.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Jules et Jim&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Jules et Jim&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; fait place, dans le dernier tiers du film, &#224; une reconstitution en dents de scie du drame v&#233;cu par Sophie &#224; Auschwitz, et Pakula fr&#244;le &#224; plusieurs reprises la catastrophe. Le sc&#233;nario &#224; tiroirs use et abuse un peu trop des effets dramatiques qu'un sujet comme la Shoah ne peut souffrir (les sc&#232;nes avec le commandant nazi ou la petite fille de celui-ci, aussi ambitieuses qu'elles soient, sont franchement grossi&#232;res) et les vingt derni&#232;res minutes semblent interminables. Mais la fin, tragique et r&#233;ellement &#233;mouvante, vient rappeler que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Choix de Sophie&lt;/i&gt; ne se r&#233;sume pas &#224; l'horreur v&#233;cue par la jeune femme &#224; Auschwitz : toute la vie de ce beau personnage &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a priori&lt;/i&gt; tr&#232;s passif fut donc d'expier ce choix impossible en le rempla&#231;ant par un autre, d&#233;finitif, ultime. Difficile, il faut bien l'avouer, de retenir ses larmes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fabien Reyre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Choix de Sophie&lt;/i&gt; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sophie's Choice&lt;/i&gt;, &#201;tats-Unis, 1982). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 2h24. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation&lt;/strong&gt; : Alan J. Pakula. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : Alan J. Pakula, d'apr&#232;s le roman de William Styron. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : N&#233;stor Almendros. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Evan A. Lottman. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Marvin Hamlisch. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Producteurs&lt;/strong&gt; : Keith Barish, Alan J. Pakula. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Incorporated Television Company, Keith Barish Productions. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; (reprise) : Action Cin&#233;mas / Th&#233;&#226;tre du Temple. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Meryl Streep (Sophie), Kevin Kline (Nathan Landau), Peter MacNicol (Stingo)... &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Reprise&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Struck</title>
		<link>http://www.critikat.com/Struck.html</link>
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		<dc:date>2013-06-18T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Avenel</dc:creator>

<category domain="http://www.critikat.com/-Critiques-.html">Critiques</category>


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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Du fait de sa popularit&#233; toute enti&#232;re due &#224; son r&#244;le dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Glee&lt;/i&gt;, Chris Colfer supporte ce &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Struck&lt;/i&gt; sur ses seules &#233;paules d'acteur-sc&#233;nariste. Cela pourrait faire du film un simple caprice de star : si le film pr&#234;te le flanc aux critiques d'un strict point de vue formel, la candeur d&#233;licate de son approche de l'adolescence en fait un projet touchant et &#233;tonnant.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; plus d'un titre, Carson Phillips, le personnage de Chris Colfer, est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;struck&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/#nb4-1&quot; name=&quot;nh4-1&quot; id=&quot;nh4-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Myst&#232;re des traductions VF : le Struck by Lightning original, &#171; foudroy&#233; (...)' &gt;1&lt;/a&gt;], &#171; foudroy&#233; &#187;. Il l'est, &#233;videmment, par la foudre, et ce d&#232;s les toutes premi&#232;res minutes du film. Il l'est, &#233;galement, par l'inspiration &#8211; une exigeante ma&#238;tresse qui n'a gu&#232;re de piti&#233; pour ceux qui font les choses &#224; moiti&#233;. Carson Phillips, journaliste en herbe, entend ne pas d&#233;cevoir sa muse, et fait donc figure d'id&#233;aliste absurde dans une petite ville dont le microcosme scolaire est d&#233;j&#224; scl&#233;ros&#233; par le renoncement. Les jeunes vivent dans le moule impos&#233; par la soci&#233;t&#233; adulte, et les adultes sont d&#233;finitivement fig&#233;s, ou expuls&#233;s de la norme, rejoignant la marge dans la d&#233;cr&#233;pitude. &#201;tonnamment, c'est la m&#233;lancolie profonde attach&#233;e &#224; cette id&#233;e que le film choisit de traiter avec le plus d'attention.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, l'argument de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Struck&lt;/i&gt; se veut burlesque, sur le papier. Le jeune journaliste, pour &#233;tayer son projet naissant de magazine litt&#233;raire, qui va lui ouvrir les portes de la grande &#233;cole de l'&#233;tat, choisit de faire chanter ses camarades de classe, qui le d&#233;testent, le m&#233;prisent, ou les deux, gr&#226;ce &#224; leurs petits secrets. Avec plus ou moins de pr&#233;cision, le film va donc d&#233;tailler la mise en place de ce r&#233;seau : de l&#224;, un montage en &#233;pisodes, en sketchs, et la structure en catalogue assez peu homog&#232;ne de cette partie du film. Mais cet angle narratif, qui semblait constituer le n&#339;ud de l'intrigue, n'est finalement qu'un aspect contingent. En revanche, la personnalit&#233; passionn&#233;e, sans illusion ni compromission, du personnage interpr&#233;t&#233; par Chris Colfer forme le centre du film : une probit&#233; sans faille, assortie d'une ironie mordante, qui n'est pas sans rappeler son personnage de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Glee&lt;/i&gt;, d&#233;j&#224; plut&#244;t marginal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'argument drolatique de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Struck&lt;/i&gt; est un trompe-l'&#339;il : plus que tout, le propos du film est de capturer ce moment si particulier de l'adolescence o&#249; le d&#233;sir &#8211; le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;devoir&lt;/i&gt; &#8211; de changer le monde est si intense que sa rencontre avec le monde adulte statique ne peut pas se faire paisiblement. Foutraque et outrancier, superficiel et habit&#233; de l'envie imp&#233;rieuse de faire dr&#244;le quand il s'agit de traiter son argument primaire de chantage, ce &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Struck&lt;/i&gt;-l&#224; est bien anodin. Lorsqu'il se penche sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;spleen&lt;/i&gt; adolescent et sur la m&#233;lancolie de l'adulte, en revanche, il est d'une grande justesse et d'une finesse qui &#233;vite le plus souvent le pathos. Un beau film qui se dissimule entre les lignes d'une com&#233;die plus pr&#233;visible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vincent Avenel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;hr /&gt;&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/#nh4-1&quot; name=&quot;nb4-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Myst&#232;re des traductions VF : le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Struck by Lightning&lt;/i&gt; original, &#171; foudroy&#233; &#187; donc, se voit r&#233;duit &#224; ce seul &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Struck&lt;/i&gt;, pourtant aussi peu &#233;vocateur pour les non-anglophones...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Struck by Lightning&lt;/i&gt;, &#201;tats-Unis, 2012. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 1h30. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Brian Dannelly. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Chris Colfer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Bobby Bukowski. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Tia Nolan. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; Jake Monaco. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; David Permut, Roberto Aguirre, Mia Chang. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Chris Colfer (Carson Phillips), Allison Janney (Sheryl Phillips), Christina Hendricks (April), Sarah Hyland (Claire Mathews), Carter Jenkins (Nicholas Forbes), Brad William Henke (le principal), Rebel Wilson (Malerie Baggs), Angela Kinsey (la conseill&#232;re), Polly Bergen (la grand-m&#232;re), Dermot Mulroney (Neal Phillips)... &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie :&lt;/strong&gt; 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Room 237</title>
		<link>http://www.critikat.com/Room-237.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabien Reyre</dc:creator>

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Les cin&#233;philes sont-ils dingues ? Le documentaire de Rodney Ascher sur les plus folles th&#233;ories d'admirateurs de &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Shining.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;analyse du film Shining&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Shining&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, certaines gentiment farfelues, d'autres carr&#233;ment inqui&#233;tantes, scrute avec un amusement certain les limites de la cin&#233;philie et de la parano&#239;a. Dommage que le film soit si pauvre formellement.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les films de Stanley Kubrick ont toujours inspir&#233; les interpr&#233;tations les plus amusantes, de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2001, l'Odyss&#233;e de l'espace&lt;/i&gt; &#224; &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Eyes-Wide-Shut.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;analyse du film Eyes Wide Shut&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eyes Wide Shut&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Mais &#224; en croire le documentaire de Rodney Ascher, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Room 237&lt;/i&gt;, c'est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Shining&lt;/i&gt;, l'adaptation du roman de Stephen King, qui remporte la Palme. La chambre 237, dans le film, est la pi&#232;ce o&#249; le personnage jou&#233; par Jack Nicholson se laisse aller &#224; ses fantasmes en compagnie de certains fant&#244;mes de l'h&#244;tel aux courbes avantageuses (en apparence). Le film, qui porte le m&#234;me nom, est &#224; ce titre un m&#234;me d&#233;versoir des fantaisies les plus alambiqu&#233;es pour un certain nombre de cin&#233;philes plus proches pour certains du s&#233;jour en HP que d'une salle de cin&#233;ma.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'appuyant sur de nombreuses images d'archives, pour la plupart issues du film de Kubrick lui-m&#234;me, Ascher laisse ses interview&#233;s expliquer leurs th&#233;ories sur les nombreux secrets que le film porte en son sein. Au programme : g&#233;nocide indien, Seconde Guerre mondiale et id&#233;ologie nazie, m&#233;taphore visuelle appuy&#233;e de l'enfermement mental de ses personnages (plus plausible) ou encore &#8211; la meilleure &#8211; message cod&#233; de Kubrick lui permettant d'expier une extraordinaire commande du gouvernement am&#233;ricain : rien moins que la mise en sc&#232;ne, en mode totalement &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fake&lt;/i&gt;, de l'atterrissage de la fus&#233;e Apollo 11 et des pas d'Armstrong sur une Lune qui n'en &#233;tait pas une.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut entendre et voir, images &#224; l'appui, le pauvre gars s'&#233;chiner &#224; d&#233;montrer que Stanley Kubrick, fortement travaill&#233; par la culpabilit&#233; d'avoir particip&#233; &#224; cette suppos&#233;e mascarade que furent les images d'Armstrong bondissant sur la lune, aurait adapt&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Shining&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;cran dans le seul but de laisser une trace, sans pour autant l'&#233;noncer clairement, de sa participation &#224; cette gigantesque arnaque &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. On n'y croit pas une seconde, mais force est de reconna&#238;tre que le bougre s'est donn&#233; du mal. Mais le film &#8211; et les th&#233;ories qu'il pr&#233;sente &#8211; serait nettement plus efficace si Ascher s'&#233;tait donn&#233; la peine de r&#233;fl&#233;chir un tant soit peu &#224; la fa&#231;on de filmer cette parano&#239;a cin&#233;phile. Las, il encha&#238;ne les images d'archives sans se poser un tant soit peu des questions de repr&#233;sentation, et laisse le soin aux voix-off (pour certaines franchement flippantes, comme celle de ce type qui ponctue chaque phrase d'un ricanement un peu sinistre) de faire le job. Pas s&#251;r qu'un sens de la mise en sc&#232;ne aussi inexistant aurait fait rigoler Kubrick.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fabien Reyre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Room 237&lt;/i&gt; (&#201;tats-Unis, 2012). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 1h42. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation&lt;/strong&gt; : Rodney Ascher. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Rodney Ascher. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Rodney Ascher. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Jonathan Snipes, The Caretaker. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Producteur&lt;/strong&gt; : Tim Kirk. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; : Wild Bunch Distribution. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Perpetua 664</title>
		<link>http://www.critikat.com/Perpetua-664.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Estelle Bayon</dc:creator>

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Perpetua 664&lt;/i&gt; sort sur les &#233;crans avec pas moins de treize ans de retard. Tourn&#233; en 2000, le film de Claudia Neubern a d&#251; subir les d&#233;favorables circonstances de la distribution et attendre l'engouement plus cons&#233;quent que conna&#238;t d&#233;sormais le documentaire pour se faire une place dans les sorties de 2013. Son amateurisme, parfois touchant, ne sauvera pas ce film dont la maladresse m&#233;thodologique finit par d&#233;ranger.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est l'&#233;poque o&#249; la mise en sc&#232;ne de l'intime, de soi, du cercle familial conna&#238;t un regain d'int&#233;r&#234;t gr&#226;ce &#224; l'entr&#233;e notable dans le cin&#233;ma de la cam&#233;ra DV. Alain Cavalier devient un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;filmeur&lt;/i&gt;, Agn&#232;s Varda r&#233;alise &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Glaneurs et la glaneuse&lt;/i&gt;, Arte propose la collection &#171; Petites Cam&#233;ras &#187;, Thomas Vinterberg emporte la DV sur le terrain de la fiction avec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Festen&lt;/i&gt;, entra&#238;nant derri&#232;re lui plusieurs camarades du Dogme95. Nous sommes en 2000, et Claudia Neubern re&#231;oit de son oncle br&#233;silien des bandes sonores qui ram&#232;nent &#224; la vie sa m&#232;re, d&#233;c&#233;d&#233;e quand elle n'avait qu'un an. Claudia, qui en a d&#233;sormais vingt-cinq et vit en France, retourne dans son pays natal &#224; la recherche de cette femme qu'elle n'a jamais pu conna&#238;tre. &#192; travers les paroles recueillies aupr&#232;s de sa famille et des amies de Lais, qui tous s'accordent &#224; en louer la constante bonne humeur, se dessine le portrait d'une femme belle, romantique et merveilleuse. Cependant, &#231;&#224; et l&#224;, quelques mots ternissent l'image id&#233;alis&#233;e de Lais et ram&#232;nent peu &#224; peu &#224; la surface des souvenirs douloureux terr&#233;s depuis bien longtemps. La d&#233;couverte de la d&#233;pression de la jeune femme voile soudain les francs sourires qu'affichent les photos granuleuses de l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En travaillant avec Waldir Xavier au montage, Neubern a su cr&#233;er un personnage &#224; partir des rushs ramen&#233;s de six semaines de tournage, et raconter une histoire en lui donnant le sens d'une enqu&#234;te : lever le voile sur cette femme myst&#233;rieuse et sur les ambigu&#239;t&#233;s qui restent sans r&#233;ponse. Mais le probl&#232;me essentiel de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Perpetua 664&lt;/i&gt; est sa m&#233;thode. La qu&#234;te obstin&#233;e du secret devient traque de l'&#233;motion, port&#233;e par une obsession d&#233;sagr&#233;able, celle de vouloir absolument faire accoucher les personnages de leurs &#233;mois enfouis apr&#232;s tant d'ann&#233;es. Pire, le film refuse de perdre une miette des larmes qu'il aura extorqu&#233;es, parfois sans effort tant il est vrai qu'elles ne demandent qu'&#224; exploser chez certain(e)s, parfois au prix d'un plus g&#234;nant ent&#234;tement aupr&#232;s de ceux qui pr&#233;f&#233;reraient garder le silence. La r&#233;alisatrice c&#232;de &#224; la facilit&#233; des zooms et gros plans sur la larme, quand ses regards &#224; la cam&#233;ra maladroits trahissent une gaucherie qui finit par rendre mal &#224; l'aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cam&#233;ra de Neubern devient un pr&#233;texte th&#233;rapeutique, et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Perpetua 664&lt;/i&gt; se transforme en r&#232;glement de comptes avec le p&#232;re. &#171; Il vaut mieux parfois ne pas savoir &#187; l&#226;che cette figure mutique, avare de sentiments. Mais Neubern ne retient la le&#231;on qu'&#224; moiti&#233; et continue sa traque tenace. Dans ce combat contre le silence, elle finira donc par gagner, arrachant des pleurs &#224; l'homme taciturne sur la tombe de son amour de jeunesse. Le film, alors, pourra s'achever, comme s'il avait accomplit sa t&#226;che inconsciente : prendre sa revanche sur le hi&#233;ratisme paternel. Malgr&#233; la sinc&#233;rit&#233; de la d&#233;marche de ce film sur l'absence et le difficile travail du pardon, et m&#234;me si quelques jolies sc&#232;nes le sauvent par endroits (les amies de Lais &#233;voquant la r&#233;volution f&#233;minine), l'ind&#233;licatesse impatiente dont il fait trop souvent preuve cr&#233;e un malaise persistant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Estelle Bayon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Perpetua 664&lt;/i&gt; (France, Br&#233;sil, 2000). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 1h18. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisateur&lt;/strong&gt; : Claudia Neubern. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Kirsten Johnson. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Son&lt;/strong&gt; : &#201;tienne Chambolle. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Waldir Xavier. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Th&#233;o Akola. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Matthieu de Laborde, ISKRA, Productions 108. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; : ISKRA. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>People Mountain People Sea</title>
		<link>http://www.critikat.com/People-Mountain-People-Sea,6671.html</link>
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		<dc:date>2013-06-18T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud H&#233;e</dc:creator>

<category domain="http://www.critikat.com/-Critiques-.html">Critiques</category>


		

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Remarqu&#233; en festivals en 2011 (Lion d'argent &#224; &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/People-Mountain-People-Sea.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film People Mountain People Sea lors de sa pr&#233;sentation &#224; la Mostra de Venise 2011&quot;&gt;la Mostra de Venise&lt;/a&gt; et Montgolfi&#232;re d'argent aux 3 continents &#224; Nantes), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;People Mountain People Sea&lt;/i&gt; a pris son temps pour b&#233;n&#233;ficier d'une distribution fran&#231;aise.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette distribution &#224; rebours de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;People Mountain People Sea&lt;/i&gt; produit un &#233;cho rapproch&#233; &#233;vident avec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Cannes-2013-A-Touch-of-Sin.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film A Touch of Sin au festival de Cannes 2013&quot;&gt;A Touch of Sin&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Jia Zhang-ke (sortie programm&#233;e le 11 d&#233;cembre prochain), pr&#233;sent&#233; en comp&#233;tition officielle lors du dernier festival de Cannes. L'un comme l'autre sont des films de vengeance, ils dessinent aussi une cartographie d'une Chine contemporaine o&#249; les personnages tracent des trajectoires dans l'espace et expriment une violence prenant sa source dans une d&#233;sesp&#233;rance sociale. Aussi Jia Zhang-ke et Cai Shangjun sont partis de faits divers qui les ont hant&#233;s ; le r&#233;alisateur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;People Mountain People Sea&lt;/i&gt; a tourn&#233; en partie sur les lieux du drame, int&#233;grant les habitants au casting. Ceci pourrait &#234;tre une obsession suspecte au nom du r&#233;alisme, mais par ce dispositif le cin&#233;aste parvient &#224; faire entrer dans son film une fatigue et une h&#233;b&#233;tude li&#233;es &#224; l'expression et aux manifestations de cette violence. Dans cette volont&#233; de se tenir proche du r&#233;el, on note aussi cette impressionnante d&#233;ambulation dans un ensemble de logements &#224; Chongqing, la cam&#233;ra, souvent en vue subjective, parcourt les galeries de ce qui s'apparente &#224; une fourmili&#232;re humaine ; certains regards ne trompent pas et prennent l'image &#224; t&#233;moin, pas toujours avec une grande sympathie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Archipel de solitudes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Concernant le titre, on note bien la pr&#233;sence de montagnes dans le film, par contre aucune vue sur la mer &#8211; la tr&#232;s continentale province du Sichuan, bien loin du littoral, constituant le lieu de tournage le plus m&#233;ridional. Le cin&#233;aste s'en explique ainsi : &#171; Ce sont des mots qui se comprennent s&#233;par&#233;ment mais qui, mis ensemble, signifient en tant qu'expression chinoise la &#8220;multitude&#8221;, la mer des hommes. Je voulais donner le sentiment d'une force, de quelque chose de puissant, repr&#233;sent&#233;s par la montagne et la mer, qui sont des &#233;nergies, dans forces de la nature. &#187; Il y a en effet cette volont&#233; de faire entrer et r&#233;sonner le peuple des hommes dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;People Mountain People Sea&lt;/i&gt;, ceci dans une version tr&#232;s sombre et rugueuse, jusqu'&#224; ce que, d'une certaine mani&#232;re, il secoue la terre lors du finale, ce que l'on peut &#233;ventuellement interpr&#233;ter comme une explosion sociale qui semble couver sur toute la dur&#233;e. La m&#233;taphore marine peut &#233;galement s'entendre par le fait que la Chine est rendue comme un archipel de solitudes, o&#249; la soci&#233;t&#233; se trouve atomis&#233;e, les liens familiaux disloqu&#233;s. En t&#233;moigne ce plan-s&#233;quence o&#249; le personnage principal est en pr&#233;sence de sa femme et son fils ; dans la continuit&#233;, la cellule &#8211; d&#233;j&#224; rendue comme bien fragile &#8211; &#233;clate et chacun prend une direction diff&#233;rente, et oppos&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Ellipses et trou&#233;es &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la blancheur aveuglante d'une carri&#232;re, un homme en tue un autre, de la fa&#231;on la plus arbitraire, sans pr&#233;venir : des coups d'une grande lame s'abattent dans le dos de la victime. On ne saura si cette violence est motiv&#233;e, mais on aurait tendance &#224; r&#233;pondre par la n&#233;gative ; il s'agirait plut&#244;t d'un pur acte &#8211; pathologique &#224; bien des &#233;gards &#8211;, presque aussi abstrait que le d&#233;cor min&#233;ral. On d&#233;couvre lors de cette sc&#232;ne inaugurale le sens du plan et de la dur&#233;e de Cai Shangjun ; l'&#233;nonciation se tient &#224; une certaine distance, le cadre accepte de se vider de toute pr&#233;sence, parfois la cam&#233;ra panote pour retrouver &#171; l'action &#187;. Avant qu'il n'apprenne la nouvelle, Lao Tie, le fr&#232;re de la victime, est d&#233;j&#224; comme en communication avec le drame ; on le d&#233;couvre perch&#233; sur une paroi de cette m&#234;me carri&#232;re, le visage macul&#233; de ce blanc qui a &#233;t&#233; souill&#233; &#224; quelques encablures de l&#224;. Une blancheur dont le revers sera, dans le dernier segment du film, le noir du charbon et une pluie de cendre. Il ne semble pas y avoir de place pour la tristesse et l'expression d'une &#233;motion lorsqu'il apprend la mort de son fr&#232;re, juste, &#233;ventuellement, une forme de col&#232;re, froide et rentr&#233;e. Et surtout des motivations bien mat&#233;rielles &#8211; des dettes &#224; &#233;ponger &#8211; lorsqu'il se lance dans cette chasse &#224; l'homme. On tient en Lao Tie une figure de l'anti-h&#233;ro&#239;sme dont la qu&#234;te est plut&#244;t rendue comme une sorte de d&#233;rive dont la progression n'est pas franchement intelligible : le r&#233;cit avance par ellipses et trou&#233;es, dans une opacit&#233; qu'exprime la s&#233;cheresse du montage. Entre fond et forme, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;People Mountain People Sea&lt;/i&gt; souffre &#233;ventuellement d'une sorte de tendance au litt&#233;ralisme dans sa noirceur et sa d&#233;sesp&#233;rance &#8211; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A Touch of Sin&lt;/i&gt;, Jia Zhang-ke cr&#233;e des &#233;carts tr&#232;s convaincants par l'appel aux codes du film de genre passant par la stylisation de la violence. Il n'en reste pas moins que Cai Shangjun dessine ici, en ne passant pas par le discours mais par la mise en sc&#232;ne, un tableau de la Chine assez stup&#233;fiant par sa force d'&#233;vocation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Arnaud H&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;People Sea People Mountain&lt;/i&gt; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ren Shan Ren Hai&lt;/i&gt;, Chine, 2011). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 1h31. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Cai Shangjun. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Cai Shangjun, Gu Xiaobai, Gu Zheng. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Directeur de la photographie :&lt;/strong&gt; Dong Jinsong. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/i&gt; Yang Hongyu. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Son :&lt;/strong&gt; Yang Jiang. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique originale :&lt;/strong&gt; Dong Wei. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Li Xudong. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Chen Jianbin (Lao Tie), Tao Hong (Tian Xin), Wu Xiubo (Xiao Qiang), Li Hucheng (Bao Ge). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie :&lt;/strong&gt; 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>My Movie Project</title>
		<link>http://www.critikat.com/My-Movie-Project.html</link>
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		<dc:date>2013-06-18T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Smith</dc:creator>

<category domain="http://www.critikat.com/-Critiques-.html">Critiques</category>


		

		

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&lt;a href="http://www.critikat.com/+-ratner-brett-+.html" rel="tag"&gt;ratner_brett&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.critikat.com/+-farrelly-freres-+.html" rel="tag"&gt;farrelly_freres&lt;/a&gt;

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Les producteurs de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;My Movie Project&lt;/i&gt; (dont Peter Farrelly, &#233;trangement priv&#233; de son fr&#232;re Bobby) ont d&#233;clar&#233; viser &#171; un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Hamburger-Film-Sandwich-edition.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Hamburger Film Sandwich&quot;&gt;Hamburger Film Sandwich&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; des temps modernes &#187;, se r&#233;f&#233;rant &#224; l'irr&#233;v&#233;rence redoutable (pour son &#233;poque) du film de John Landis plut&#244;t qu'&#224; sa cin&#233;philie. De fait, il est presque rassurant de voir de nouveau un film &#224; sketches non anim&#233; par un sujet de dissertation tel qu'une ville (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/New-York-I-Love-You.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film New York, I Love You&quot;&gt;New York I Love You&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et consorts) ou une cause humanitaire (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Les-Enfants-invisibles.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Les Enfants invisibles&quot;&gt;Les Enfants invisibles&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/article3754,3754.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film 8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, etc.), mais par un pur objectif : arracher au spectateur un rire &#233;trangl&#233; par la g&#234;ne, offenser le bon go&#251;t et surtout cette pesante &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s sur la culture am&#233;ricaine moderne, le politiquement correct. Presque rassurant, disions-nous, dans l'intention &#8211; mais assur&#233;ment d&#233;cevant dans son r&#233;sultat.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;My Movie Project&lt;/i&gt;, apprend-on, a mis plusieurs ann&#233;es &#224; se monter, eu &#233;gard notamment aux difficult&#233;s &#224; int&#233;resser des studios au concept, &#224; s&#233;lectionner des sc&#233;narios de courts &#224; int&#233;grer, &#224; concilier les emplois du temps de r&#233;alisateurs potentiels et surtout &#224; convaincre des stars de Hollywood de se risquer dans pareille entreprise. &#192; l'arriv&#233;e, si les producteurs ont visiblement veill&#233; &#224; ne pas (trop) transiger avec le mauvais go&#251;t souhait&#233;, la volont&#233; d'int&#233;grer leur film dans le circuit hollywoodien aboutit &#224; un r&#233;sultat &#233;trange, donnant l'impression d'un projet un peu &#224; c&#244;t&#233; de la plaque, une b&#234;te occasion pour Hollywood de s'encanailler en courant apr&#232;s une id&#233;e de la transgression qui s'av&#232;re assez limit&#233;e. Le premier indice de ce malentendu est le pauvre sketch &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Thread&lt;/i&gt; (&#171; le fil &#187;) choisi comme pr&#233;texte pour assurer les transitions entre les treize autres : clin d'&#339;il plus sinistre que dr&#244;le &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Explorers&lt;/i&gt; de Joe Dante, o&#249; d'irritantes caricatures d'ados &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nerds&lt;/i&gt; se mettent en qu&#234;te fr&#233;n&#233;tique sur le web d'un myst&#233;rieux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Movie 43&lt;/i&gt; qui aurait &#233;t&#233; interdit partout dans le monde. De telles pr&#233;mices tendent &#224; draper (involontairement ?) cette anthologie d'une pr&#233;tention disproportionn&#233;e au regard de sa port&#233;e r&#233;elle, et surtout d'une menace de fermeture de l'humour sur des clich&#233;s &#233;loign&#233;s d'une observation du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut que supposer que le sketch se rapprochant le plus de ce chim&#233;rique &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Movie 43&lt;/i&gt; serait le dernier. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Beezel&lt;/i&gt; de James Gunn, sorte de version non censur&#233;e du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Ted.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Ted&quot;&gt;Ted&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Seth MacFarlane, un couple de banlieusards est d&#233;chir&#233; par un chat de dessin anim&#233;, qui dispute les faveurs sexuelles du mari &#224; une &#233;pouse qu'il pousse &#224; une telle hyst&#233;rie qu'elle finira lynch&#233;e par ses voisins... Pr&#233;cisons qu'avant d'en arriver l&#224;, on aura vu l'animal anim&#233; mater les &#233;bats du couple en se sodomisant fr&#233;n&#233;tiquement avec un manche de plumeau. Ce niveau d'incorrection et de satire, efficace mais &#233;ph&#233;m&#232;re (humour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;trash&lt;/i&gt; et inqui&#233;tude sociale ne se mariant pas si bien), semble h&#233;las repr&#233;senter un plafond de cr&#233;ativit&#233; pour la quasi-totalit&#233; des autres segments qui, si volontaires qu'ils puissent &#234;tre dans leurs infractions (plus ou moins dr&#244;les) au bon go&#251;t, manifestent comme une crainte sourde d'y formuler un regard allant plus loin que la gaudriole. Cela se manifeste sous plusieurs aspects :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; attaques sur les conventions sociales am&#233;ricaines, bas&#233;es sur une id&#233;e limit&#233;e et jamais d&#233;velopp&#233;e : p&#234;le-m&#234;le sur l'&#233;ducation des enfants et la sexualit&#233; qui fait peur, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Homeschooled&lt;/i&gt; (les vrais &#233;poux Liev Schreiber et Naomi Watts campent un couple &#233;duquant son enfant sur le mode des vexations d'adolescence), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;iBabe&lt;/i&gt; (la s&#233;duction des appareils Apple sous la forme d'un objet sexuel) et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Middleschool Date&lt;/i&gt; (quand la pubert&#233; f&#233;minine d&#233;concerte les familles) ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; com&#233;dies romantiques se risquant &#224; la subversion pour mieux se d&#233;gonfler &#224; la fin, tels des ersatz de films de Farrelly : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Proposition&lt;/i&gt; o&#249; Anna Faris manifeste des go&#251;ts sexuels hors norme, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Veronica&lt;/i&gt; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; incongruit&#233;s bas&#233;e sur la seule ineptie : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Super Hero Speed Dating&lt;/i&gt;, piteuse parodie des personnages de DC Comics clignant de l'&#339;il &#224; la s&#233;rie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Batman&lt;/i&gt; des ann&#233;es 1960 ; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Happy Birthday&lt;/i&gt; o&#249; Gerard Butler se fait plaisir en campant &#224; lui seul deux fr&#232;res leprechauns orduriers et vindicatifs ; les faux spots fumeux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Machine Kids&lt;/i&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tampax&lt;/i&gt; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; enfin, une occasion manqu&#233;e, sign&#233;e Peter Farrelly : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Catch&lt;/i&gt;, r&#233;flexion inaboutie sur le refoul&#233; et la d&#233;finition de la normalit&#233; (peut-&#234;tre trahie par le format court) qui pr&#233;f&#232;re se d&#233;lecter des grimaces g&#234;n&#233;es de Kate Winslet devant l'&#233;trange malformation et l'assurance perturbante de Hugh Jackman.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cherchant bien, on a envie de sauver deux films de ce d&#233;cevant bric-&#224;-brac. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Truth or Dare&lt;/i&gt;, encore de Farrelly, renoue (un peu comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Catch&lt;/i&gt;, mais de fa&#231;on plus assur&#233;e) avec l'affection pour le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;freak&lt;/i&gt; et le hors-norme (dans le c&#244;t&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;freak&lt;/i&gt;, on peut inclure un Stephen Merchant arborant une t&#234;te de chat du Cheshire &#224; faire peur). Et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Victory's Glory&lt;/i&gt;, plus ambitieux qu'il n'y para&#238;t, s'aventure sur l'int&#233;ressante id&#233;e que la lutte contre la s&#233;gr&#233;gation raciale aux &#201;tats-Unis aurait &#233;t&#233;, quelque part, nourrie par un certain racisme en miroir de celui que l'on combattait. Soit deux petites perc&#233;es vers une transgression incarn&#233;e en regard sur le monde, au-del&#224; d'un plafond derri&#232;re lequel les autres plaisantins se retranchent inconsciemment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beno&#238;t Smith&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Movie 43&lt;/i&gt;, &#201;tats-Unis, 2013. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 1h34. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Charles B. Wessler, Peter Farrelly, John Penotti, Ryan Kavanaugh. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie :&lt;/strong&gt; 19 juin 2013.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Thread&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Steven Brill. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Rocky Russo, Jeremy Sosenko. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Steve Gainer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Patrick J. Don Vito. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Adam Cagley (JJ), Devin Eash (Baxter), Mark L. Young (Calvin), Fisher Stevens (Vrankovich), Beth Littleford (Maman), Tim Chiou et James Hsu (les gangsters chinois), Nate Hartley (Stevie Schraeder), Liz Carey (Sitara).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Catch&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Peter Farrelly. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Rocky Russo et Jeremy Sosenko, sur une histoire de Bill O'Malley. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Tim Suhrstedt. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Sam Seig. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Hugh Jackman (Davis), Kate Winslet (Beth), Julie Claire (Pamela), Katie Finneran (Angie), Roy Jenkins (Ray), Rocky Russo (Jake le serveur), Anna Madigan (Abby).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Homeschooled&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Will Graham. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Will Graham, Jack Kukoda. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; William Rexer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Paul Zucker. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Jeremy Allen White (Kevin), Liev Schreiber (Robert), Naomi Watts (Samantha), Alex Cranmer (Sean), Julie Ann Emery (Clare).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Proposition&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Steve Carr. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Rocky Russo, Jeremy Sosenko. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Daryn Okada. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Craig Herring. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Jason Taragan. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Anna Faris (Vanessa), Chris Pratt (Jason), J.B. Smoove (Larry), Jarrad Paul (Bill)...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Veronica&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Griffin Dunne. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Matthew Portenoy. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; William Rexer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Suzy Elmiger. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Kieran Culkin (Neil), Emma Stone (Veronica), Arthur French (le vieil homme), Brooke Davis (la femme de grande taille), John Shuman (l'homme de petite taille)...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;iBabe&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Steven Brill. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Rocky Russo et Jeremy Sosenko, sur une histoire de Claes Kjellstr&#246;m, Jonas Wittenmark et Tobias Carlson. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; William Rexer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Myron Kerstein. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Cathy Cliften et Cherina Monteniques Scott (les iBabes), Richard Gere (le patron), Kate Bosworth (Arlene), Jack McBrayer (Brian), Aasif Mandvi (Robert), Zach Lasry (le gar&#231;on), Darby Lynn Totten (la femme), Marc Ambrose (Chappy).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Super Hero Speed Dating&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; James Duffy. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Will Carlough. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Frank G. DeMarco. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; David J. Hodge, William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Justin Long (Robin), Jason Sudeikis (Batman), Uma Thurman (Lois Lane), Bobby Cannavale (Superman), Kristen Bell (Supergirl), John Hodgman (le Pingouin), Leslie Bibb (Wonder Woman), Will Carlough (le Sphinx), Katrina Bowden (la premi&#232;re candidate)...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Machine Kids&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation et sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Jonathan Van Tulleken. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Eric Scherbarth. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Joe Randall Cutler, Jonathan Van Tulleken. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; &#171; Spiegel im Spiegel &#187; d'Arvo P&#228;rt. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Jonathan Van Tulleken, Jacob Jaffke. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Ed Blythe (l'homme au distributeur de boissons), Olivia Roberts Payne et Monique Delee (les enfants dans le distributeur de boissons), Julie McNiven (la femme au DAB), Jaron Henrie-McCrea (l'homme au DAB), Sebastian et Severyn K. Brodziak (les enfants dans le DAB), Rightor Doyle et Raven Burnett (les hommes &#224; la photocopieuse), Montana Byrne, Jarrett Carter et Phillip Michaels (les enfants dans la photocopieuse). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Narration :&lt;/strong&gt; Phil Crowley.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Middleschool Date&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Elizabeth Banks. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Elizabeth Shapiro. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Tim Suhrstedt. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Debra Chiate. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Christopher Mintz-Plasse (Mikey), Chlo&#235; Grace Moretz (Amanda), Patrick Warburton (Papa), Jimmy Bennett (Nathan), Matt Walsh (le p&#232;re d'Amanda).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tampax&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Patrik Forsberg. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Patrik Forsberg, Olle Sarri. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Mattias Andersson Rudh. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; H&#229;kan W&#228;rn. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; &#171; Drop the dress &#187; de Laurent Parisi. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Jenny Serneholt. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Coleen Hoffman (la blonde), Elbe Van der Merwe (la brune).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Happy Birthday&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Brett Ratner. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Jacob Fleisher. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Newton Thomas Sigel. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Mark Helfrich. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; Christophe Beck, Leo Birenberg. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Gerard Butler (les deux leprechauns), Seann William Scott (Brian), Johnny Knoxville (Pete), Esti Ginzburg (la f&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Truth or Dare&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Peter Farrelly. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Greg Pritikin. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Matthew F. Leonetti. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Sam Seig. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Halle Berry (Emily), Stephen Merchant (Donald), Sayed Badreya (l'homme au blouson), Nicole Elizabeth Polizzi (Snooki), Caryl Lippman West (la serveuse), Ricki Noel Lander (Elizabeth l'infirmi&#232;re), Paloma Felisberto (la f&#234;tarde c&#233;libataire), Jasper Grey (le patron), Ben Harris (Blanco le barman), Zen Gesner (le strip-teaseur).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Victory's Glory&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Rusty Cundieff. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Rocky Russo, Jeremy Sosenko. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Steve Gainer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Sandy Solowitz. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Terrence Howard (Jackson l'entra&#238;neur), Aaron Jennings (Anthony), Jared Dudley (Moses), Corey Wayne Brewer (Wallace), Larry Eugene Sanders II (Bishop), Jay Ellis (Lucious), Brian Flaccus, Brett Davern, Evan Dumouchel, Sean Rosales et Logan Holladay (les joueurs blancs), Mandy Kowalski (la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cheerleader&lt;/i&gt;). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Narration :&lt;/strong&gt; Eric Stuart.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Beezel&lt;/i&gt; &#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation et sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; James Gunn. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Steve Gainer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Cara Silverman. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; Tyles Bates, William Goodrum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Elizabeth Banks (Amy), Josh Duhamel (Anson), Emily Alyn Lind (la fille de l'anniversaire), Michelle Gunn (Maman), Christina Linhardt (le clown).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Man of Steel</title>
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		<dc:creator>Th&#233;o Ribeton</dc:creator>

<category domain="http://www.critikat.com/-Critiques-.html">Critiques</category>


		

		

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Adapter &#224; nouveau Superman, le pari &#233;tait assez anachronique et audacieux pour esp&#233;rer un renouveau du genre, cousu de fil blanc, qu'est d&#233;sormais le film de super-h&#233;ros. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Man of Steel&lt;/i&gt;, avec une sorte de beaut&#233; f&#233;brile de l'effort, semble essayer de s'en &#233;chapper, et entame de belles pistes. Il lui faut h&#233;las courber l'&#233;chine malgr&#233; tout.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Producteurs, sc&#233;naristes, r&#233;alisateurs sonnent comme un seul homme : &#171; faire en sorte que Superman corresponde au public d'aujourd'hui &#187;, &#171; un super-h&#233;ros de notre temps &#187;, etc. C'est presque une excuse par avance : le monolithique homme d'acier affiche d'embl&#233;e une sorte d'insubordination &#224; l'&#233;poque contemporaine bouffie de ses h&#233;ros ombrageux, parsem&#233;s de f&#234;lures. &#192; l'&#232;re de l'ambivalence comme bagage par d&#233;faut du r&#233;cit hollywoodien (o&#249; l'on se r&#233;jouit immanquablement que les franchises deviennent plus &#171; sombres &#187;, comme une valeur objective), la subsistance de Superman est une d&#233;licieuse taquinerie. C'est le contretype parfait, l'inverse absolu de Batman [&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/#nb9-1&quot; name=&quot;nh9-1&quot; id=&quot;nh9-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Bien que Christopher Nolan apparaisse au g&#233;n&#233;rique, en tant que (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] : un bloc solaire, glabre et diurne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Man of Steel&lt;/i&gt;, &#339;uvre in&#233;gale, alterne r&#233;ussites et &#233;checs au regard de cette rigidit&#233; semi-divine du personnage, que Zack Snyder n'est pas toujours en mesure d'assumer. Quand il y parvient, le r&#233;alisateur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Watchmen-Les-Gardiens.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Watchmen &#8211; Les Gardiens&quot;&gt;Watchmen&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; r&#233;anime la dimension abstraite des aventures de Superman, qui fait de lui un super-h&#233;ros absolu, gardien d'une ville qui n'en est pas une, sinon l'id&#233;e morte d'une ville : &#233;tendue immense et uniforme, infiniment vitr&#233;e, o&#249; la foule est muette, voire invisible, silhouett&#233;e tout au plus. Metropolis n'est pas comme son nom l'indique une m&#233;tropole, mais l'ardente cit&#233; de verre o&#249; l'homme d'acier d&#233;fie ses rivaux et &#224; laquelle il inflige, &#224; loisir, l'an&#233;antissement atomique. C'est lors du combat final contre Zod, ennemi certes peu convaincant, que s'exprime avec le plus de gr&#226;ce ce jusqu'au-boutisme de la destruction, horizontale et verticale, o&#249; ne survivent dans les ruines noires et osseuses de la ville que des personnages d&#233;j&#224; connus (Lois Lane, Perry White) tandis que la masse humaine se volatilise &#8211; pas vraiment morte, mais d&#233;mat&#233;rialis&#233;e par le r&#233;cit. Superman est un spectre nucl&#233;aire. Il s&#232;me sur son passage crat&#232;res d'impact, ondes de choc et embrasements mortels ; c'est un personnage aussi infiniment positif que destructeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#338;uvre in&#233;gale, parce que ce n'est que sur la fin que Zack Snyder honore ce minimalisme. Qu'il s'y applique ne serait-ce que partiellement constitue d&#233;j&#224; une surprise. &#201;ternel bambin d'Hollywood, on ne peut que constamment lui reprocher sa gloutonnerie. Clark Kent se noie ? Rajoutez-y une baleine, et son petit pendant qu'on y est ! Il y a en Snyder une sorte de peur panique du vide, du creux, du moindre entreb&#226;illement silencieux. Hans Zimmer soude tous ces interstices &#224; grands renforts de violons, comme autant d'occasions manqu&#233;es de vibrer un instant, sur un geste, un regard, une coupe. Pour Zack Snyder, la mise en sc&#232;ne ne se fait que positivement, par l'ajout ; jamais par la soustraction et le choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour l'&#233;criture, en revanche, il faut lui reconna&#238;tre la v&#233;ritable surprise du film : avoir su faire souffler sur la conception du personnage une veine in&#233;dite, qu'on pourrait qualifier de spielbergienne. Les &#171; ann&#233;es Smallville &#187; de Superman font l'objet dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Man of Steel&lt;/i&gt; d'une subite rupture de la lin&#233;arit&#233;, o&#249; la narration entre dans une promenade erratique entre les &#233;poques, de l'enfance &#224; l'&#226;ge adulte. Ces &#233;changes vagabonds sont parcourus de fant&#244;mes secondaires (les camarades de classe), qui de leur &#233;tat adolescent &#224; leur stabilisation future, oscillent parall&#232;lement &#224; Clark, gravitent autour de leur nature. Dans toutes les &#233;poques et les identit&#233;s infuse ce sentiment profond&#233;ment Amblin-esque de la peur magn&#233;tique et fascin&#233;e d'un extraordinaire inconnu, tapi dans le temps, dans l'espace ou en soi, et de la n&#233;cessit&#233; fatale de l'affronter, de s'harmoniser avec lui, qu'il soit fabuleux ou intime.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'arriv&#233;e, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Man of Steel&lt;/i&gt; est malgr&#233; lui un film &#224; &#233;pisodes, soumis &#224; la succession boiteuse de passages inspir&#233;s avec d'autres que l'industrie exhale par d&#233;faut, dans toute sa goinfrerie enguirland&#233;e de d&#233;cors et de nappes sonores. Quand il parvient &#224; s'affranchir de l'&#233;poque, Zack Snyder, le dernier qu'on attendait sur ce terrain, am&#232;ne un instant une oasis, un souffle d'air ; mais l'implacable fa&#231;on qu'ont ces espoirs de toujours se dissiper nous fait presque n'y voir plus rien que de fuyants mirages, dans un triste d&#233;sert o&#249;, dor&#233;navant, tous les films de super-h&#233;ros se ressemblent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;o Ribeton&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;hr /&gt;&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/#nh9-1&quot; name=&quot;nb9-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Bien que Christopher Nolan apparaisse au g&#233;n&#233;rique, en tant que producteur et co-auteur de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Man of Steel&lt;/i&gt; (&#201;tats-Unis, 2013). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 2h20. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation&lt;/strong&gt; : Zack Snyder. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : David S. Goyer, sur une histoire originale de David S. Goyer et Christopher Nolan, d'apr&#232;s les personnages de bande dessin&#233;e cr&#233;&#233;s par Jerry Siegel et Joe Shuster et publi&#233;s par DC Entertainment. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Amir Mokri. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : David Brenner. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Hans Zimmer. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Effets visuels&lt;/strong&gt; : John &#171; DJ &#187; Desjardin. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Charles Roven, Christopher Nolan, Emma Thomas, Deborah Snyder (Legendary Pictures, Syncopy, Warner Bros Pictures). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; : Warner Bros France. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Henry Cavill (Clark Kent alias Kal-El alias Superman), Amy Adams (Lois Lane), Michael Shannon (Zod), Russell Crowe (Jor-El), Laurence Fishburne (Perry White), Kevin Costner (Jonathan Kent), Diane Lane (Martha Kent), Harry Lennix (G&#233;n&#233;ral Swanwick), Antje Traue (Faora-ul), Richard Schiff (Dr Emil Hamilton), Christopher Meloni (Colonel Nathan Hardy), Ayelet Zurer (Lara Lor-Van)... &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Offline</title>
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		<dc:creator>Estelle Bayon</dc:creator>

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&lt;a href="http://www.critikat.com/-Critiques-.html" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Rudy Vandekerchove sort d'une peine de prison de sept ans, bien d&#233;cid&#233; &#224; reconstruire sa vie : retrouver un travail de r&#233;parateur de machines &#224; laver et, surtout, raccommoder les liens familiaux bris&#233;s par un drame dont le r&#233;cit d&#233;voile peu &#224; peu la teneur avec une certaine efficacit&#233; sc&#233;naristique. Le Belge Peter Monsaert livre un premier long-m&#233;trage juste et honn&#234;te sur une difficile r&#233;demption.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;cente vitalit&#233; du cin&#233;ma belge, m&#234;me si elle ne convainc pas toujours, propose chaque ann&#233;e de nouvelles tentatives de d&#233;border le territoire du r&#233;alisme social, balis&#233; par les fr&#232;res Dardenne, en tirant l'ancrage dans le r&#233;el vers des espaces de fiction qui oscillent entre polar (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Bullhead.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Bullhead&quot;&gt;Bullhead&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) et com&#233;dies d&#233;complex&#233;es (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/La-Merditude-des-choses.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film La Merditude des choses&quot;&gt;La Merditude des choses&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Hasta-la-Vista.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Hasta La Vista&quot;&gt;Hasta La Vista&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). C'est vers le m&#233;lodrame familial que regarde &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Offline&lt;/i&gt;, tout en &#233;vitant les &#233;cueils du genre. La premi&#232;re image se veut programmatique : en gros plan, un oiseau en cage est emport&#233; dans un bus dans un geste qui &#233;largit le cadre. Libre, enfin, Rudy reste pourtant prisonnier. Car il n'a pas vraiment fini de purger sa peine, celle qui lui a enlev&#233; son &#233;pouse et sa fille. &#192; mesure que ce personnage aussi bourru, voire violent, que m&#233;lancolique (interpr&#233;t&#233; avec une belle intensit&#233; par Wim Willaert, d&#233;couvert dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quand la mer monte&lt;/i&gt;) tente de renouer des liens qui semblent d&#233;finitivement d&#233;faits, il d&#233;terre des hostilit&#233;s qui contreviennent &#224; ses projets de r&#233;habilitation. M&#234;me ses alli&#233;s, un vieil ami et une coiffeuse &#224; la retraite, peinent &#224; extirper l'ancien taulard d'une spirale de la d&#233;b&#226;cle dans laquelle il semble vou&#233; &#224; sombrer. Son ex-femme ne veut plus lui adresser la parole, le march&#233; du travail est bien d&#233;sertique et Rudy tue l'ennui sur internet. Sans emphase ni sch&#233;matisme, le r&#233;cit tisse pos&#233;ment autour de Rudy la toile des ranc&#339;urs pass&#233;es qui freine les sentiments et prend le risque de s'exposer &#224; un d&#233;chirement irr&#233;vocable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Difficile de parler du film sans spoiler le dispositif sc&#233;naristique &#8211; tout du moins son amorce &#8211; qui conduira cet homme vers sa fille de vingt ans. &#201;gar&#233;e dans l'univers virtuel d'une chatbox sexy, Vicky lui ouvre sans le savoir une porte vers une communication ambigu&#235;, que le cin&#233;aste parvient &#224; ne jamais rendre malsaine. Dans l'anonymat de l'internet, Rudy parvient &#224; s'ouvrir, d&#233;lest&#233; de son identit&#233; et du poids du pass&#233;, quand Vicky trouve le confident masculin qui lui manque. La webcam met efficacement le champ-contrechamp en d&#233;s&#233;quilibre, les rapprochant en m&#234;me temps qu'elle souligne leur &#233;loignement. &#192; la voix et au visage de la jeune fille ne r&#233;pond qu'un &#233;cran noir, prolongement des sept ann&#233;es d'invisibilit&#233; et de silence qui les ont priv&#233;s l'un de l'autre. Brid&#233; par son propre stratag&#232;me, Rudy s'englue dans les non-dits, la culpabilit&#233; et l'impossibilit&#233; d'&#233;chapper &#224; un pass&#233; qui &#233;crase toute vell&#233;it&#233; r&#233;demptrice d'une &#233;touffante fatalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Incapable de lui donner corps, Rudy ne peut que trimballer l'image de la famille heureuse et &#233;panouie, celle qui orne ironiquement le camion publicitaire qu'il prom&#232;ne pour survivre dans Gand, film&#233;e sans pittoresque. Le retour &#224; la r&#233;alit&#233; prend la trajectoire d'une errance urbaine jalonn&#233;e de solitudes, d'&#226;mes esseul&#233;es qui utilisent des moyens d&#233;tourn&#233;s pour trouver un peu d'affection, sans pour autant qu'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Offline&lt;/i&gt; ne tombe le mis&#233;rabilisme &#233;motionnel. La sensibilit&#233; m&#233;lancolique du film port&#233;e par ces deux interpr&#232;tes principaux, travers&#233;e de quelques notes d'humour et ponctu&#233;e par les guitares du groupe belge Triggerfinger, l'&#233;loigne des lourdeurs qu'un tel sujet pouvait plomber. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Offline&lt;/i&gt; a d'ailleurs r&#233;colt&#233; plusieurs prix en festivals, notamment le grand prix du 32e festival international du film d'Amiens qui lui a permis, en lui octroyant une prime de distribution, de trouver son chemin vers les &#233;crans fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Estelle Bayon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Offline&lt;/i&gt; (Belgique, 2012). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 1h55. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisateur&lt;/strong&gt; : Peter Monsaert. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : Peter Monsaert, Dominique Willaert, Tom Dupont. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Ruben Impens. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Alain Dessauvage. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Triggerfinger. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Victoria Deluxe, Lunanime. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Wim Willert (Rudy Vandekerchove), Anemone Valcke (Vicky), Mourade Zeguendi (Rachid), Patricia Goemaere (Carine), Margriet Bruggeman (Denise), Katelijne Damen (Chantal). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; : Mica Films. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Eat Sleep Die</title>
		<link>http://www.critikat.com/Eat-Sleep-Die.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marianne Fernandez</dc:creator>

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&lt;a href="http://www.critikat.com/-Critiques-.html" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Loin de la Su&#232;de urbaine et tranquille que montre habituellement le cin&#233;ma, le premier long-m&#233;trage de la jeune Gabriela Pichler s'int&#233;resse au versant oubli&#233; du pays. Dans une petite ville ouvri&#232;re, la r&#233;alisatrice filme Ra&#353;a, une jeune femme &#233;nergique et d&#233;cid&#233;e vivant seule avec son p&#232;re, malade. D&#233;vou&#233;e &#224; son travail en usine, elle se trouve d&#233;munie le jour o&#249; elle est licenci&#233;e. Avec bon sens et g&#233;n&#233;rosit&#233;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eat Sleep Die&lt;/i&gt; dessine le tableau sensible d'une g&#233;n&#233;ration et d'un statut marginalis&#233;s.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Su&#232;de. Ra&#353;a est une jeune musulmane, venue d&#232;s l'enfance du Mont&#233;n&#233;gro o&#249; elle est n&#233;e. Aujourd'hui, cette jeune femme efficace, sur laquelle souffle une agr&#233;able sensation de libert&#233;, travaille dans une usine alimentaire (elle met de la roquette en sachets et est devenue experte dans l'art d'en soupeser 175g sans se tromper). Elle prend soin de son p&#232;re, malade. Mais cela change le jour o&#249; celui-ci d&#233;cide de partir travailler en Norv&#232;ge, tandis que la jeune femme est licenci&#233;e de l'usine o&#249; elle travaillait depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que filme Gabriela Pichler avec ce premier long-m&#233;trage et &#224; travers cette histoire qu'on sent personnelle (la jeune r&#233;alisatrice est originaire d'un pays d'ex-Yougoslavie et a grandi dans les campagnes ouvri&#232;res de Su&#232;de), c'est autant une situation documentaire &#8211; avec un mat&#233;riau brut, r&#233;aliste, et des acteurs non-professionnels &#8211; que l'admirable portrait d'une jeune femme &#8211; qui ressemble peu &#224; ce que le cin&#233;ma nous montre d'habitude.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le geste et l'originalit&#233; sont d'abord sc&#233;naristiques, parce que Gabriela Pichler refuse de noyer sous un lourd psychologisme les bouleversements auxquels est confront&#233;e Ra&#353;a. Elle refuse ne serait-ce que de les intellectualiser. La d&#233;marche, qui dirige le fil de la narration aussi bien que le jeu saisissant de l'actrice principale (Nermina Luka&#269;, prim&#233;e &#224; Angers en d&#233;but d'ann&#233;e) et des interpr&#232;tes non-professionnels &#8211; cette d&#233;marche est brute et, surtout, honn&#234;te. Ainsi malgr&#233; l'&#233;vidente noirceur de la crise dont il est question, malgr&#233; le sentiment qu'on est devant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eat Sleep Die&lt;/i&gt; comme devant un monde marginal et ignor&#233;, la r&#233;alisatrice parvient &#224; donner &#224; son propos une vigueur &#233;patante, &#224; son personnage une libert&#233; admirable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contre le ch&#244;mage auquel elle se cogne sans broncher, contre l'aust&#233;rit&#233; du monde ouvrier qui l'entoure, la jeune Ra&#353;a r&#233;pond &#224; coups de force et de dignit&#233;. Direct, sans d&#233;tour ou fioriture, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eat Sleep Die&lt;/i&gt; donne &#224; voir une contr&#233;e dont on entend peu parler. Surtout, le film s'inscrit dans une d&#233;marche populaire, &#224; vrai dire rarement popularis&#233;e sans mis&#233;rabilisme par le cin&#233;ma europ&#233;en. Un geste sinc&#232;rement populaire, donc, et r&#233;ussi : qui donne &#224; voir, qui fait sentir le monde de cette protagoniste d&#233;brouillarde qui cache, sous le d&#233;nuement de son quotidien, une puissance et une sensibilit&#233; peu communes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marianne Fernandez&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eat Sleep Die&lt;/i&gt; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#196;ta sova d&#246;&lt;/i&gt;, Su&#232;de, 2012). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 1h44. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation, sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : Gabriela Pichler. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Johan Lundborg. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Gabriela Pichler et Johan Lundborg. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Son&lt;/strong&gt; : Martin Hennel. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Andreas Svensson et Jonas Isaksson. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : China &#197;hlander. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; : ASC Distribution. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Nermina Luka&#269; (Ra&#353;a), Milan Dragi&#353;i (le p&#232;re), Jonathan Lampinen (Nicki), Peter F&#228;lt (Peter), Ru&#382;tica Pichler (Rosi). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2012.&lt;/div&gt;
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		<title>Belle du seigneur</title>
		<link>http://www.critikat.com/Belle-du-seigneur.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferhat Abbas</dc:creator>

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Tout succ&#232;s litt&#233;raire m&#233;rite-t-il n&#233;cessairement une adaptation cin&#233;matographique ? La question pourrait s'apparenter &#224; un &#233;ni&#232;me d&#233;bat litt&#233;raire, ringard et sans int&#233;r&#234;t, mais r&#233;v&#232;le pourtant une importance lorsqu'on conna&#238;t la renomm&#233;e mondiale de l'&#339;uvre d'Albert Cohen. Tiraill&#233;e entre des probl&#232;mes de droits d'auteur et de financement, l'adaptation de l'ouvrage est devenue une entreprise de longue haleine, &#233;tir&#233;e sur plus d'une vingtaine d'ann&#233;es. H&#233;las, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Belle du seigneur&lt;/i&gt; d&#233;chante aussi rapidement qu'il a pu susciter, chez les amateurs av&#233;r&#233;s, les plus belles promesses.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nul doute que Genio Bonder ait &#233;t&#233; un admirateur inv&#233;t&#233;r&#233; de l'&#339;uvre d'Albert Cohen, le r&#233;alisateur lui ayant d&#233;j&#224; consacr&#233;, dans le pass&#233;, un brillant documentaire t&#233;l&#233;visuel. Comme le protagoniste principal du roman d'Albert Cohen, le cin&#233;aste fut &#233;galement diplomate, d&#233;couvrant l'ouvrage au milieu des ann&#233;es 1980, alors qu'il travaillait encore pour le gouvernement br&#233;silien. Le film conserve l'intrigue principale du livre et met en sc&#232;ne dans les ann&#233;es 1930 le parcours du s&#233;duisant Solal, brillant employ&#233; de la SDN (Soci&#233;t&#233; des Nations). Lorsqu'il croise le regard de la belle Ariane, une aristocrate protestante mari&#233;e &#224; son subalterne Adrien, Solal imagine un stratag&#232;me pour s&#233;duire la jeune femme, et entame une relation tumultueuse, passionn&#233;e et tragique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fort int&#233;r&#234;t du cin&#233;aste pour l'ouvrage d'Albert Cohen transpara&#238;t d'embl&#233;e dans un souci du d&#233;tail, une attention extr&#234;me pour retranscrire l'atmosph&#232;re du Paris des ann&#233;es 1930 et d&#233;peindre l'avidit&#233; sociale du milieu aristocrate et protestant de l'&#233;poque. Seulement, en &#233;tant attach&#233; &#224; une telle fid&#233;lit&#233; socio-historique, le r&#233;alisateur introduit une qu&#234;te picturale &#233;reintante dans la mesure o&#249; la mise en sc&#232;ne n'ob&#233;it d&#232;s lors qu'&#224; un effort de stylisation de l'espace. Th&#233;&#226;tralis&#233; &#224; outrance, ce dernier n'offre qu'une tr&#232;s faible libert&#233; d'improvisation aux com&#233;diens, dont le jeu ne prend une dimension r&#233;ellement pertinente que lorsqu'il entre en &#233;cho avec un cadre centrifuge, comme sans cesse d&#233;pass&#233; par la fuite en avant des deux amants, et leur glissement in&#233;vitable vers une destin&#233;e tragique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pi&#233;g&#233; par un souci esth&#233;tique prenant rapidement le pas sur le traitement de l'intrigue autant que sur la construction des personnages, le filmage de Glenio Bonder tombe dans le pi&#232;ge d'un mani&#233;risme qu'on pourrait soup&#231;onner de vouloir masquer un manque d'inventivit&#233;. Doit-on alors s'imaginer que le r&#233;alisateur n'aurait pas su prendre suffisamment de distance vis-&#224;-vis de l'&#339;uvre d'Albert Cohen ? La question laisse peu de place au doute, tant la direction d'acteurs souffre d'une ingestion beaucoup trop sommaire des personnages. La jeune Natalia Vodianova -qui signe ici son premier r&#244;le principal au cin&#233;ma- n'est r&#233;duite qu'&#224; une interpr&#233;tation purement physique d'Ariane, lui pr&#234;tant certes une beaut&#233; saisissante, mais d&#233;nu&#233;e du myst&#232;re et de la pr&#233;tention cens&#233;s pourtant caract&#233;riser le personnage. Jonathan Rhys Meyers insuffle au s&#233;duisant Solal un dynamisme et une f&#233;rocit&#233; plus pertinents, rappelant l'excellence de son jeu dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Match-Point.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Match Point&quot;&gt;Match Point&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Woody Allen, sans toutefois en reproduire l'&#233;tincelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; force de vouloir &#171; coller &#187; &#224; l'atmosph&#232;re du texte original comme pour mieux en respecter l'authenticit&#233;, Glenio Bonder essouffle donc toute v&#233;ritable appropriation du roman d'Albert Cohen, s'effa&#231;ant directement derri&#232;re son auteur comme par crainte d'une quelconque d&#233;naturation de l'ouvrage. En r&#233;sulte une &#339;uvre filmique d&#233;personnalis&#233;e, comme d&#233;pouill&#233;e de toute originalit&#233;, loin des caract&#233;ristiques qui d&#233;finissaient pourtant l'audace du roman. Cela est d'autant plus regrettable que le cin&#233;aste, d&#233;c&#233;d&#233; durant la post-production du film, a incontestablement d&#233;di&#233; sa propre vie &#224; la concr&#233;tisation de cette adaptation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ferhat Abbas&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Belle du seigneur&lt;/i&gt; (France, Italie, 2011). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 1h44. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Glenio Bonder. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Glenio Bonder, Vincenzo Cerami, James Dearden, Richard Boidin et Nick Rohr, d'apr&#232;s le roman d'Albert Cohen. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Direction de la photographie :&lt;/strong&gt; Eduardo Serra. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Philippe Ravoet. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Costumes :&lt;/strong&gt; Magdalena Labuz. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; Gabriel Yared. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Thierry de Navacelle, Jimmy de Brabant. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution (France) :&lt;/strong&gt; Oc&#233;an Films. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Jonathan Rhys Meyers (Solal), Natalia Vodianova (Ariane d'Auble), Marianne Faithfull (Mariette), Ed Stoppard (Adrien), Maria Bonnevie (Isolde), Leslie Woodhall (M. Deume). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Date de sortie :&lt;/strong&gt; 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Les Beaux Jours</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cl&#233;ment Gramini&#232;s</dc:creator>

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&lt;a href="http://www.critikat.com/-Critiques-.html" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Marion Vernoux ne nous avait pas donn&#233; la moindre nouvelle depuis neuf ans et la d&#233;b&#226;cle de son dernier film, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; boire&lt;/i&gt;. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Beaux Jours&lt;/i&gt;, son go&#251;t pour les petites d&#233;pressions existentielles un brin narcissiques ne se d&#233;ment pas. Seulement, en s'adjoignant les services de Fanny Ardant et de Patrick Chesnais, la r&#233;alisatrice offre un film plut&#244;t juste, modeste et empreint d'une jolie tendresse. Dommage cependant que le sc&#233;nario n'&#233;vite pas certains lieux communs.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Caroline, interpr&#233;t&#233;e par Fanny Ardant dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Beaux Jours&lt;/i&gt;, rappelle d'une certaine mani&#232;re le personnage qu'incarnait Valeria Bruni-Tedeschi dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rien &#224; faire&lt;/i&gt; (1999), sign&#233; de la m&#234;me r&#233;alisatrice : l'arr&#234;t d'une activit&#233; professionnelle laissant place au vide, la tentation de la passion adult&#232;re pour y rem&#233;dier. Entre ces deux films existent pourtant deux diff&#233;rences de taille : le contexte social (le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rien &#224; faire&lt;/i&gt;, la retraite et le confort bourgeois dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Beaux Jours&lt;/i&gt;) et la question de l'&#226;ge qui &#233;pouse une nouvelle tendance du cin&#233;ma fran&#231;ais (et am&#233;ricain) &#224; mettre de plus en plus en sc&#232;ne le d&#233;sir et la sexualit&#233; chez les personnes vieillissantes. Ce n'est donc pas sans une certaine appr&#233;hension qu'est envisag&#233; le nouveau film de Marion Vernoux : on craint d'abord l'&#233;grenage de clich&#233;s sur la &#171; femme m&#251;re mais toujours tr&#232;s classe &#187; (personnage qui sied un peu trop facilement &#224; Fanny Ardant) engonc&#233;e dans un ennui que la m&#233;diocrit&#233; du monde environnant est incapable de comprendre ; on craint &#233;galement que la relation adult&#233;rine soit le maigre pr&#233;texte &#224; un petit frisson bourgeois sans cons&#233;quences, loin de la perversit&#233; de Claude Chabrol dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/La-Femme-infidele.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;analyse du film La Femme infid&#232;le&quot;&gt;La Femme infid&#232;le&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; ou de la passion destructrice de Fran&#231;ois Truffaut dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Femme d'&#224; c&#244;t&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sc&#232;nes d'exposition peinent dans un premier temps &#224; contredire cette inqui&#233;tude en jouant sur des divergences de vues entre le personnage principal et son entourage, comme pour mieux justifier le chemin de traverse qui s'annonce un peu lourdement. Pour occuper ses journ&#233;es de dentiste retrait&#233;e, Caroline se voit offrir par ses deux filles un abonnement au centre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Beaux Jours&lt;/i&gt;, lieu de sociabilit&#233; qui lui permet de se faire de nouveaux amis (le tableau est assez peu inspir&#233; m&#234;me si on y retrouve avec plaisir Marie Rivi&#232;re et Jean-Fran&#231;ois St&#233;venin) autour d'activit&#233;s aussi diverses que le th&#233;&#226;tre, la poterie ou encore l'informatique. Dans cette petite ville c&#244;ti&#232;re du nord de la France, on sent bien que les &#233;claircies se font rares et ces nouvelles activit&#233;s sont &#233;videmment pr&#233;sent&#233;es comme d'artificiels rayons de soleil. Jusqu'au jour o&#249; Caroline rencontre Julien (Laurent Lafitte), de vingt ans son cadet, avec qui elle va vivre une relation sans grand lendemain, en cachette de son mari Philippe (Patrick Chesnais) avec qui la tendresse et la complicit&#233; sont pourtant toujours de mise. Cet amour naissant, Marion Vernoux choisit de le mettre en sc&#232;ne en mode mineur, misant avant tout sur la g&#233;n&#233;rosit&#233; de ses interpr&#232;tes et sur sa cam&#233;ra caressante mais rarement complaisante, attentive aux doutes de Caroline, lui &#233;pargnant les sc&#232;nes les plus attendues du genre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La plus belle inspiration de la r&#233;alisatrice est donc d'avoir mis de c&#244;t&#233; les coups d'&#233;clat et les sc&#232;nes d'hyst&#233;rie pour tenter de faire &#233;clore la singularit&#233; de ses personnages. D'ailleurs, s'il est parfois question de solitude, elle n'est jamais sourde ou insurmontable, juste le reflet de petits compromis que chacun fait avec lui-m&#234;me. Les deux sc&#233;naristes n'ont jamais cherch&#233; &#224; distribuer les bons ou mauvais points, ni m&#234;me &#224; s'interroger sur une quelconque faute. Si quelques interventions s'av&#233;raient dispensables (l'histoire de la meilleure amie d&#233;c&#233;d&#233;e ressass&#233;e &#224; deux reprises, la raideur de la fille cadette), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Beaux Jours&lt;/i&gt; affiche sa qu&#234;te d'une justesse du milieu, que certains jugeront probablement impersonnelle, mais qui a au moins le m&#233;rite d'assurer une d&#233;licate synth&#232;se entre passion et raison, sans jamais dissocier les deux. En d&#233;pit de sa courte dur&#233;e (1h34), le film prend le temps d'&#233;couter, notamment lorsque que Caroline tente avec des mots d'&#233;crire la suite d'une liaison qu'elle appr&#233;hende difficilement puisqu'elle n'est bas&#233;e que sur le ressenti. Si le sentiment de d&#233;faite pointe parfois le bout de son nez (notamment dans une sc&#232;ne finale &#224; l'euphorie peu inspir&#233;e), il n'est cependant le contrepoint d'aucune victoire. C'est cette absence de volontarisme qui fait le modeste prix de ces &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Beaux Jours&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cl&#233;ment Gramini&#232;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Beaux Jours&lt;/i&gt; (France, 2012). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 1h34. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation&lt;/strong&gt; : Marion Vernoux. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : Fanny Chesnel, Marion Vernoux. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D'apr&#232;s&lt;/strong&gt; : le roman &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une jeune fille aux cheveux blancs&lt;/i&gt; de Fanny Chesnel. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Nicolas Gaurin. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Beno&#238;t Quinon. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Quentin Sirjacq. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Les Films du Kiosque (Fran&#231;ois Kraus, Denis Pineau-Valencienne), 27.11 Production (Juliette Favreul Renaud). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Fanny Ardant (Caroline), Laurent Lafitte (Julien), Patrick Chesnais (Philippe), Jean-Fran&#231;ois St&#233;venin (Roger), Fanny Cotten&#231;on (Chantal), Catherine Lachens (Sylviane), Alain Cauchi (Jacky), Marie Rivi&#232;re (Jocelyne). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>The Bay</title>
		<link>http://www.critikat.com/The-Bay.html</link>
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		<dc:date>2013-06-18T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Blanchot</dc:creator>

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;Cin&#233;aste touche-&#224;-tout et parfois peu regardant sur sa mati&#232;re, Barry Levinson n'&#233;tonnera personne en passant par le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;home movie&lt;/i&gt; d'horreur. Vieux champion du ronron &#233;difiant (dans ses grandes heures acad&#233;miques : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rain Man&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Good Morning, Vietnam&lt;/i&gt;), il va ici jusqu'&#224; se confronter &#224; une forme faussement neuve : le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;found footage&lt;/i&gt;. Sur fond de menace &#233;cologique et de secret gouvernemental, le r&#233;alisateur multiplie points de vue et couches figuratives afin de nous faire revivre la journ&#233;e cauchemardesque d'une petite bourgade de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;East Cost&lt;/i&gt;, sauvagement d&#233;cim&#233;e par une petite puce carnassi&#232;re. Fourre-tout et appliqu&#233;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Bay&lt;/i&gt; est comme toute arnaque foraine : une gentille arnaque.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Originellement proc&#233;d&#233; de r&#233;cup&#233;ration et de d&#233;tournement cher au cin&#233;ma exp&#233;rimental, aujourd'hui marronnier f&#233;tiche du cin&#233;ma d'horreur, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;found footage&lt;/i&gt; est un terme un peu galvaud&#233; pour d&#233;signer un film uniquement compos&#233; d'images r&#233;cup&#233;r&#233;es, amateurs, &#171; prises dans le tas &#187;. En fran&#231;ais, il faudrait dire un &#171; m&#233;trage trouv&#233; &#187;. Parfois port&#233;s par l'aura pleine de souffre de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cannibal Holocaust&lt;/i&gt; et souvent motiv&#233;s par la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;success story&lt;/i&gt; du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Projet Blair Witch&lt;/i&gt;, ces &#171; m&#233;trages trouv&#233;s &#187; ont pullul&#233; sur les &#233;crans ces derni&#232;res ann&#233;es pour naturellement se fondre avec un autre genre : le cin&#233;ma d'horreur. Mariage logique, pour au moins deux raisons. D&#233;j&#224; parce que, d'une certaine mani&#232;re, ce parasitage entre quotidien et effroi illustre le cin&#233;ma d'horreur dans ce qu'il a de plus &#233;l&#233;mentaire : une image anodine, soudainement travers&#233;e par un &#233;clair de terreur. Enfin parce que, &#224; l'autre bout de la cha&#238;ne, il r&#233;pond &#224; une sorte de fantasme morbide du cin&#233;ma contemporain : sa dissolution tous azimuts dans le grand torrent d'images.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le principe de ces &#171; m&#233;trages trouv&#233;s &#187; est simple : raconter une histoire en se bornant au regard d'un appareil d'enregistrement qui n'&#233;tait pas pr&#233;vue &#224; cet effet. Sauf qu'ici ce n'est pas une ni deux ni trois, mais au moins cinquante cam&#233;ras que se disputent les reines du r&#233;cit. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Bay&lt;/i&gt;, deux fils narratifs, entrelac&#233;s, se tissent : deux fils &#224; l'agitation desquels le film provoque la peur. Le premier, qu'on doit tout entier aux maigres qualit&#233;s de Levinson, n'est en r&#233;alit&#233; pas tr&#232;s flippant : c'est celui de voir une bact&#233;rie germer dans un corps &#8211; le faire pourrir, le faire crever. Programme attendu, programme respect&#233;. Flippant, le second l'est en revanche beaucoup plus : c'est celui de prendre conscience qu'une ville peut &#224; loisir se transformer en panoptique pervers, pr&#234;t &#224; savourer le spectacle de sa propre destruction. Fascination, toujours, face &#224; cette humanit&#233; qui, affam&#233;e d'images, irait jusqu'&#224; pouvoir se d&#233;vorer elle-m&#234;me, capable de transformer son extermination en t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; &#224; ciel ouvert. Plusieurs fois, presque sans y prendre garde, le film effleure cette volupt&#233; t&#233;l&#233;visuelle du carnage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e de ce cin&#233;ma, quoique non neuve, serait ainsi plut&#244;t excitante, si tant est que Levinson r&#233;ponde &#224; cette aspiration r&#233;flexive par autre chose que le volontarisme. Dans une logique purement compilatoire, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Bay&lt;/i&gt; s'envisage comme une stricte application, scolaire et sans &#226;me, d'un proc&#233;d&#233; esth&#233;tique qui, d&#233;j&#224; devenu une routine pour les spectateurs, montre bien les limites de ce genre de petites machinations narratives. Aussi ludique que malhonn&#234;te, le r&#233;cit suit une dynamique de simple colporteur, o&#249; il ne s'agit jamais que d'&#233;bruiter des signes et des id&#233;es : que le r&#233;cit singe la forme d'un documentaire complotiste et qu'il donne prise pour moiti&#233; &#224; des images de reportages t&#233;l&#233; r&#233;v&#232;lent bien que, sous les chichis du proc&#233;d&#233;, Levinson pr&#233;f&#232;re s'en tenir &#224; un pragmatisme de bon faiseur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, le film est plein de bonnes intentions, il est selon les mots de l'auteur une &#171; mise garde &#187;, une sensibilisation sur un risque &#233;cologique pour le moins inqui&#233;tant : une pollution chimique g&#233;n&#233;rant un parasite d&#233;voreur de chair. &#201;videmment, tout se base sur des faits r&#233;els. Et on sent le film hant&#233; par cette id&#233;e : le r&#233;el. Label de cr&#233;dibilit&#233; qu'il s'agit de floquer au revers de toutes les sc&#232;nes, mais qui engendre plut&#244;t un voile d'ironie involontaire : tout cela est trop grotesque pour convaincre, trop explicatif pour effrayer. Il faut voir comment le r&#233;alisateur pars&#232;me son r&#233;cit d'accidents artificiels (sc&#232;nes rat&#233;es, chutes, etc.), floril&#232;ge d'impond&#233;rables en toc qui, en plus de virer tr&#232;s vite au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;running gag&lt;/i&gt;, sonne comme un certain aveu d'impuissance : &#224; chaque fois que le r&#233;el tente un clin d'&#339;il, c'est la fiction qui nous file un coup de coude. &#171; M&#233;trage trouv&#233; &#187; par terre, on n'en attendait pas tant, mais on aurait au moins aim&#233; un m&#233;trage tra&#238;n&#233; au sol ; alors que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Bay&lt;/i&gt; est un faux documentaire &#233;crit comme n'importe quelle fiction du genre, s'attachant juste &#224; passer son r&#233;cit au tamis du &#171; tout-image-contemporain &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lieu d'&#234;tre une ligne de fuite ou un filtre probl&#233;matique, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;found footage&lt;/i&gt; est ainsi l'entonnoir dans lequel il importe de tout faire rentrer : le film d'horreur, le thriller parano, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Skype movie&lt;/i&gt;, le docu' scientifique, le drame familial, la boucherie estivale. Sur ce point, et comme un prolongement de cette logique d'exhaustivit&#233;, le film est plomb&#233; par une tr&#232;s p&#233;nible manie : tout montrer, tout expliquer, tout &#233;claircir. Ce que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Bay&lt;/i&gt; ne comprend pas, c'est qu'&#224; force de couvrir ses b&#233;ances, d'irradier toutes ses zones d'ombres, de calfeutrer jusqu'au moindre trou narratif, il en vient &#224; p&#233;cher sur l'essentiel, l&#224; m&#234;me o&#249; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Projet Blair Witch&lt;/i&gt;, par exemple, excellait, et l&#224; o&#249; le cin&#233;ma d'horreur, surtout, a souvent trouv&#233; sa meilleure &#233;conomie : la r&#233;tention. Parce qu'avec ses mille cam&#233;ras il s'emploie &#224; la traquer partout, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Bay&lt;/i&gt; ne trouve la peur nulle part (on est loin du beau travail d'arch&#233;ologie d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/After-Earth.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film After Earth&quot;&gt;After Earth&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). Souvent, le film donne la dr&#244;le d'impression de s'emballer tout seul. Son exhaustivit&#233; lui permet d'empiler les intentions mais l'emp&#234;che de prendre du recul sur sa trajectoire &#8211; terriblement pr&#233;visible &#8211; et sur son mouvement &#8211; r&#233;p&#233;titif et ennuyeux. Pas de panique donc, tout ceci est bien trop r&#233;el pour &#234;tre juste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Blanchot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Bay&lt;/i&gt; (&#201;tats-Unis, 2012). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 1h25. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation&lt;/strong&gt; : Barry Levinson. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario&lt;/strong&gt; : Michael Wallach, sur une histoire de Barry Levinson et Michael Wallach. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image&lt;/strong&gt; : Josh Nussbaum. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Son&lt;/strong&gt; : Mariusz Glabinski. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage&lt;/strong&gt; : Aaron Yanes. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cors&lt;/strong&gt; : Lee Bonner. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique&lt;/strong&gt; : Marcelo Zarvos. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Producteurs&lt;/strong&gt; : Jason Blum, Steven Schneider, Barry Levinson, Oren Peli, Brian Kavanaugh-Jones. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production&lt;/strong&gt; : Automatik Entertainment, Hydraulx. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution&lt;/strong&gt; : ARP Selection. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation&lt;/strong&gt; : Nansi Aluka (Jacqueline), Christopher Denham (Sam), Frank Deal (Mayor Stockman), Stephen Kunken (Dr Abrams), Kether Donohue (Donna)... &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie&lt;/strong&gt; : 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Bambi</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Maille</dc:creator>

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&lt;div class='rss_chapo'&gt;R&#233;alis&#233; &#224; l'origine pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Nuit trans&lt;/i&gt; de Canal + et r&#233;compens&#233; aux Teddy Awards 2013, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bambi&lt;/i&gt; est un peu le cha&#238;non manquant des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Les-Invisibles,6182.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Les Invisibles&quot;&gt;Invisibles&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, pr&#233;c&#233;dent documentaire c&#233;saris&#233; de S&#233;bastien Lifshitz. En effet, apr&#232;s avoir donn&#233; la parole aux vieux homosexuels, le r&#233;alisateur s'int&#233;resse &#224; la vie de Marie-Pierre Pruvot, alias Bambi, l'une des premi&#232;res transsexuelles fran&#231;aises m&#233;diatiques.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S&#233;bastien Lifshitz a rencontr&#233; Bambi lors du Festival du Film gay et lesbien de Paris, alors qu'ils &#233;taient tous les deux membres du jury et que le r&#233;alisateur &#233;tait en plein pr&#233;paratif des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Invisibles&lt;/i&gt;. De l&#224; est venue l'envie de raconter l'histoire de cette femme qui d&#233;fie les genres et dont la vie &#233;tonnante semble &#233;crite pour le cin&#233;ma. N&#233;e de sexe masculin dans les ann&#233;es 1930, Bambi a pass&#233; son enfance et adolescence en Alg&#233;rie. C'est l&#224; qu'elle d&#233;couvre le spectacle du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Carrousel&lt;/i&gt;, c&#233;l&#232;bre cabaret parisien de travestis. Pour ce jeune gar&#231;on qui s'est toujours senti femme, cet &#233;v&#233;nement fait office de r&#233;v&#233;lation. Dans un &#233;lan de survie, &#224; une &#233;poque o&#249; les alternatives pour les transsexuelles se r&#233;duisaient &#224; faire du spectacle, le tapin ou &#224; se donner la mort, elle monte &#224; Paris pour int&#233;grer la troupe du Carrousel et y devient, pendant plusieurs ann&#233;es, l'une des artistes embl&#233;matiques. Mais plus &#233;tonnant &#8211; et contrairement &#224; ses cons&#339;urs de l'&#233;poque comme Coccinelle ou Marie-France &#8211;, Bambi mit un terme &#224; cette carri&#232;re d'artiste pour devenir une brillante professeur de lettres (elle obtint les Palmes acad&#233;miques) et tenter de vivre, pour reprendre ses mots, comme &#171; Madame tout le monde &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Invisibles&lt;/i&gt; reposait sur un entrelacs de voix, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bambi&lt;/i&gt; se concentre ainsi sur une seule figure mais n'en perd pas pour autant son universalit&#233;. &#192; la fois portrait intime, incursion dans les coulisses d'un cabaret, pr&#233;misses d'une grande histoire d'amour qui suit toujours son cours, le documentaire dessine aussi en filigrane l'histoire des transsexuelles en France depuis les ann&#233;es 1950. Une histoire m&#233;connue et pour le moins douloureuse o&#249; les probl&#233;matiques li&#233;es aux changement de sexe (la prise d'hormones &#224; une &#233;poque o&#249; elle n'&#233;tait pas encore m&#233;dicalis&#233;e, l'op&#233;ration, le changement d'&#233;tat civil) c&#244;toient le regard m&#233;prisant d'une soci&#233;t&#233; peu cl&#233;mente (&#224; cet &#233;gard les extraits d'&#233;poque de reportages t&#233;l&#233; sont &#233;difiants).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme souvent chez Lifshitz (et ce depuis &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Travers&#233;e&lt;/i&gt;), la qu&#234;te du pass&#233; est souvent li&#233;e &#224; un voyage sur les lieux du souvenir. D&#232;s l'ouverture du film, le r&#233;alisateur met ainsi en sc&#232;ne Bambi en Alg&#233;rie, terre de son enfance, au milieu d'espaces qui, comme son corps, ont aussi connu une mutation. La mati&#232;re du documentaire se montre ensuite hybride, alternant entretiens en face-&#224;-face, mises en situations, images personnelles de Bambi, photographies, extraits de films (elle a tourn&#233; pour Claude Lelouch) et m&#234;me chansons. De ces &#233;l&#233;ments disparates, le r&#233;alisateur sait trouver le juste m&#233;lange par un subtil jeu d'aller-retour entre l'intime et l'histoire. Surtout, il distille avec parcimonie les images d'archive pour donner suffisamment d'&#233;l&#233;ments aux spectateurs pour que son imagination puisse s'exercer par la seule voix de la protagoniste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car en tant que femme de lettres, Bambi ma&#238;trise parfaitement la parole. Habitu&#233;e des plateaux t&#233;l&#233;, elle a d&#233;j&#224; amorc&#233; son travail d'introspection par le biais d'une auto-biographie parue il y a quelques ann&#233;es. Son discours, &#224; la fois pr&#233;cis et synth&#233;tique, est donc parfaitement en phase avec la m&#233;thode de Lifshitz qui, sans renier la spontan&#233;it&#233; propre au genre documentaire, aime guider et mettre en sc&#232;ne la parole pour toucher au plus pr&#232;s l'essence de ses t&#233;moins. Il en ressort ainsi une certaine distance &#233;motionnelle qui pr&#233;serve le film de tout pathos, malgr&#233; la force et la gravit&#233; de certains propos. &#192; l'apitoiement, Bambi pr&#233;f&#232;re bien souvent le bon mot ou la d&#233;rision. Logique, lorsque l'on r&#233;alise que cette femme doit beaucoup &#224; sa force de caract&#232;re et &#224; cette carapace invisible qu'elle s'est construite comme une barricade. Les rares moments o&#249; l'&#233;motion n'est plus contr&#244;l&#233;e surgissent telles des br&#232;ches et en deviennent encore plus bouleversants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;jouant les clich&#233;s et se d&#233;faisant de tout sensationnalisme, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bambi&lt;/i&gt; se r&#233;v&#232;le une belle le&#231;on de courage, d'amour et de vie. Le seul d&#233;faut du documentaire est peut-&#234;tre sa dur&#233;e. Format&#233; pour la t&#233;l&#233;vision, il se concentre principalement sur la premi&#232;re partie de la vie de son h&#233;ro&#239;ne. On aurait aim&#233; que le voyage se prolonge un peu car, sans aucun doute, Bambi avait encore de belles choses &#224; nous raconter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nicolas Maille&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bambi&lt;/i&gt; (France, 2013). &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e&lt;/strong&gt; : 58 minutes. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; S&#233;bastien Lifshitz. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Directeur de la photographie :&lt;/strong&gt; S&#233;bastien Buchmann. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Monteuse :&lt;/strong&gt; Tina Baz. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Collaborateur artistique :&lt;/strong&gt; St&#233;phane Bouquet. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Un Monde Meilleur. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution :&lt;/strong&gt; &#201;picentre Films. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sortie :&lt;/strong&gt; 19 juin 2013.&lt;/div&gt;
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		<title>Le court en dit long &#8211; 21e &#233;dition</title>
		<link>http://www.critikat.com/Le-court-en-dit-long-21e-edition.html</link>
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		<dc:date>2013-06-18T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Caillard, Julien Marsa</dc:creator>

<category domain="http://www.critikat.com/-Festivals-Expos-.html">Festivals-Expos</category>


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&lt;a href="http://www.critikat.com/-Festivals-Expos-.html" rel="directory"&gt;Festivals-Expos&lt;/a&gt;


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&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/IMG/arton6662.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;64&quot; height=&quot;75&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
&lt;div class='rss_chapo'&gt;Le festival &#171; Le court en dit long &#187;, organis&#233; depuis 21 ans par le Centre Wallonie-Bruxelles, est ouvert aux courts-m&#233;trages produits ou coproduits dans ces deux r&#233;gions. Il permet donc de faire annuellement un point sur la jeune production cin&#233;matographique belge francophone. Partenaire du festival depuis trois ans, Critikat y remet un Prix coup de c&#339;ur, qui est revenu cette ann&#233;e &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vie de r&#234;ve en promotion&lt;/i&gt; &#8211; film hybride compos&#233; de s&#233;quences d'animations et de prises de vues r&#233;elles &#8211; r&#233;alis&#233; par un collectif de trois r&#233;alisateurs. Le jury du festival a quant &#224; lui distingu&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Betty's Blues&lt;/i&gt; (Grand Prix du jury), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Merci d'&#233;teindre en partant&lt;/i&gt; (Prix de la mise en sc&#232;ne) et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Premiers pas&lt;/i&gt; (Prix du sc&#233;nario et d'interpr&#233;tation f&#233;minine).&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs lignes de force se d&#233;gagent de la vision d'ensemble des 38 courts s&#233;lectionn&#233;s. La plus &#233;vidente est l'importance de l'empreinte des fr&#232;res Dardenne sur la jeune g&#233;n&#233;ration de cin&#233;astes belges. Un tr&#232;s grand nombre de films s'inscrit en effet directement dans la veine r&#233;aliste et sociale caract&#233;ristique des frangins, et le moins que l'on puisse dire est que la le&#231;on a &#233;t&#233; bien assimil&#233;e. Le niveau g&#233;n&#233;ral de ma&#238;trise et de savoir-faire est assez &#233;lev&#233;, et abouti &#224; des r&#233;sultats plut&#244;t probants mais sans surprise, comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Fils du Blanc&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;RAE&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En attendant le d&#233;gel&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Part sauvage&lt;/i&gt; ou encore &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Premiers pas&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_11152 spip_documents' &gt;
&lt;img src='http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L480xH267/Le_fils_du_blanc-2cb45.jpg' title=&quot;&quot;/ width='480' height='267' style='height:267px;width:480px;' class='' &gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Fils du Blanc&lt;/i&gt; de Maxence Robert (Mention sp&#233;ciale du jury) constitue par exemple, malgr&#233; d'&#233;videntes qualit&#233;s de mise en sc&#232;ne et de direction d'acteur, un condens&#233; de la m&#233;thode des fr&#232;res Dardenne. Contexte social aride clairement d&#233;fini (un groupe d'ouvriers vient qu&#233;mander du travail &#224; l'entr&#233;e d'une usine), isolement d'une trajectoire singuli&#232;re au sein de cet environnement (un jeune homme aux motivations obscures), d&#233;veloppement de liens filiaux renforc&#233;s par l'&#226;pret&#233; du travail (th&#232;me que l'on retrouve &#233;galement dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Part sauvage&lt;/i&gt; de Gu&#233;rin Van de Vorst, qui a re&#231;u le Prix d'interpr&#233;tation masculine). Derri&#232;re des &#234;tres au comportement taiseux se cache toujours une recherche de l&#233;gitimit&#233; (ici, face &#224; un p&#232;re), qui se justifie par une incapacit&#233; r&#233;currente &#224; exposer ses propres sentiments, &#224; &#233;tablir un moyen de communication. Que le jeu tout en retenue et en effusions ponctuelles des acteurs soit le porte-&#233;tendard d'une conception du r&#233;alisme &#8211; qui puisse incarner la caution de &#171; v&#233;rit&#233; &#187; du r&#233;cit &#8211; indique bien qu'il va falloir, pour faire avancer ce qui est maintenant devenu un genre en soi, sortir de cette orni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxi&#232;me &#233;cueil de cette reconduite d'une m&#233;thode trop bien dig&#233;r&#233;e, c'est la justesse. Que ce soit dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En attendant le d&#233;gel&lt;/i&gt; de Sarah Hirtt, qui joue avec brio de toute une palette de nuances entre les personnages, ou dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Premiers pas&lt;/i&gt; de Gr&#233;gory Lecocq, qui d&#233;roule un r&#233;cit minimaliste en autant d'&#233;tapes impos&#233;es, la justesse enferme plus qu'elle n'ouvre les portes du r&#233;cit. Car elle se transforme bien vite en laboratoire vou&#233; &#224; sa propre recherche de convenances qui, malgr&#233; son intelligence et sa sensibilit&#233;, ne renvoie qu'&#224; une qualit&#233; d'&#233;criture. Une sorte de formatage des affects qui passe plus de temps &#224; se demander comment les faire advenir de la mani&#232;re la plus naturelle possible, qui pr&#233;pare le terrain avec une pr&#233;caution laborieuse, plut&#244;t que de les laisser surgir avec toute leur force et leur caract&#232;re incontr&#244;lable. S&#251;rement impressionn&#233;s par ce que les Dardenne sont capables d'en faire, cette lign&#233;e de jeunes r&#233;alisateurs regarde leurs illustres a&#238;n&#233;s avec trop de respect. Mais nul doute qu'avec le niveau de ma&#238;trise qu'ils atteignent &#224; l'aube de leur carri&#232;re cin&#233;matographique, ils sauront s'en d&#233;barrasser pour courir vers d'autres horizons.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_11153 spip_documents' &gt;
&lt;img src='http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L400xH240/Merci-deteindre-en-partant-2d893.jpg' title=&quot;Merci d'&#233;teindre en partant&quot;/ width='400' height='240' style='height:240px;width:400px;' class='' &gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour preuve, une th&#233;matique r&#233;currente de la programmation, celle de la disparition d'&#234;tres chers, a r&#233;ussi &#224; &#234;tre trait&#233;e par le biais d'approches plus singuli&#232;res. Elle semblait en tout cas constituer un sujet d'int&#233;r&#234;t pour le jeune cin&#233;ma belge, et plusieurs cin&#233;astes ont choisi cette ann&#233;e de faire dialoguer les vivants avec les morts (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Annonce&lt;/i&gt; de Laure Hassel, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Terre ou le Ciel&lt;/i&gt; de Fran&#231;oise Dupal). Enti&#232;rement construit autour de ce motif (une femme discutant avec son mari d&#233;c&#233;d&#233;), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Merci d'&#233;teindre en partant&lt;/i&gt; est particuli&#232;rement touchant. Le t&#233;l&#233;phone portable, embl&#232;me contemporain de la communication dans le couple, par lequel transitent aujourd'hui les petites marques d'attention quotidiennes et les piques d&#233;sobligeantes, est l'objet central de ce dialogue. L'exp&#233;rience de l'absence s'&#233;tant significativement amoindrie en nos temps num&#233;riques, la mort de l'&#233;poux ne se mat&#233;rialise vraiment dans l'esprit de sa femme qu'avec la prise de conscience progressive et toujours retard&#233;e que la communication est bel et bien d&#233;finitivement coup&#233;e, que l'absence de messages de sa part n'est pas due &#224; un probl&#232;me de r&#233;seau ni &#224; un manque de batteries. Tourn&#233; en ext&#233;rieur dans la lumineuse nature canadienne lors d'un kino-cabaret, ce petit film de quelques minutes du plus tout jeune Thierry De Coster a &#233;t&#233; l'un des temps forts du festival.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_11154 spip_documents' &gt;
&lt;img src='http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L480xH270/Vie_de_reve_en_promotion-3f940.jpg' title=&quot;&quot;/ width='480' height='270' style='height:270px;width:480px;' class='' &gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre Prix coup de c&#339;ur Critikat est revenu &#224; un film dont la vivacit&#233; des &#233;changes et la porosit&#233; des modes de repr&#233;sentation constituait un joli coup de pied dans la fourmili&#232;re. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vie de r&#234;ve en promotion&lt;/i&gt; d'Ellen Salom&#233;, Alicia Keppenne et K&#233;vin Dupont m&#234;lait ainsi s&#233;quences d'animation et prises de vue bien r&#233;elles. Et pourtant la ligne de d&#233;marcation entre les deux semblait bien ind&#233;cise, tant le dessin des visages et leurs expressions pr&#233;sentait un rendu photor&#233;aliste. Cette ind&#233;cision guide tout le processus d'avanc&#233;e du r&#233;cit, qui sautille de sc&#233;nettes en sc&#233;nettes sans que l'on puisse saisir, &#224; premi&#232;re vue, de quoi il retourne. Et pourtant, l'utilisation r&#233;currente de produits de grande consommation &#224; l'&#233;cran, ainsi que le caract&#232;re publicitaire et parodique de certaines s&#233;quences am&#232;ne, peu &#224; peu, &#224; d&#233;blayer le terrain, jusqu'&#224; la conclusion, qui r&#233;v&#232;le une port&#233;e bien plus large que le simple court-m&#233;trage &#224; chute. Le film op&#232;re &#224; la fronti&#232;re entre r&#234;ves et quotidien d'une caissi&#232;re de supermarch&#233;, ses hautes aspirations (aventure, amour, savoir) &#233;tant constamment parasit&#233;es par des &#233;lans consum&#233;ristes, r&#233;v&#233;lant un instantan&#233; assez saisissant de l'&#233;tat du monde. Un film prot&#233;iforme, aux multiples portes d'entr&#233;e et de sortie, qui b&#233;n&#233;ficie d'un univers, d'un humour et de qualit&#233;s graphiques toujours au service de son propos.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_11155 spip_documents' &gt;
&lt;img src='http://www.critikat.com/local/cache-vignettes/L400xH224/la-faveur-des-moineaux-77a0c.jpg' title=&quot;&quot;/ width='400' height='224' style='height:224px;width:400px;' class='' &gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En opposition &#224; l'&#233;cole &quot;dardennienne&quot; dont nous parlions plus haut, quelques r&#233;alisateurs se positionnent comme cr&#233;ateurs d'atmosph&#232;res. Des gestes comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eliot&lt;/i&gt; (de Philippe Reypens), &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Faveur des moineaux&lt;/i&gt; (de Serge Mirzabekiantz) ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un monde meilleur&lt;/i&gt; (de Sacha Feiner), bien que pas exempts de d&#233;fauts, m&#233;ritent un peu d'attention. Ambiance solaire et m&#233;lancolique pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eliot&lt;/i&gt;, trajectoire tortur&#233;e d'un adolescent introverti. L'image tr&#232;s appliqu&#233;e &#8211; port&#233;e par une luminosit&#233; irradiant de magnifiques d&#233;cors automnaux &#8211; et la voix-off r&#233;trospective placent le film sur le terrain de jeu du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Memory-Lane.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Memory Lane&quot;&gt;Memory Lane&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Mika&#235;l Hers. Ces souvenirs semi-fantasm&#233;s d'une adolescence &#224; la fois belle et douloureuse constituent une jolie mise en place pour ce film qui malheureusement tend &#224; se figer dans sa seconde partie, en raison de choix sc&#233;naristiques un peu convenus et du d&#233;roulement m&#233;canique du parcours d'Eliot, qui finira par accomplir son destin et par devenir r&#233;alisateur. Ambiance rigide et hostile d'un grand manoir bourgeois perdu dans la for&#234;t pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Faveur des moineaux&lt;/i&gt;. Deux enfants perp&#233;tuent la tradition et partent &#224; la chasse avec pour mission d'&#234;tre &#224; la hauteur de leur pesante histoire familiale. Surplomb&#233;s par de nombreux arbres aux silhouettes verticales et &#224; la puissance mutique, oblig&#233; de se d&#233;p&#234;trer &#224; m&#234;me le sol dans les mar&#233;cages des sous-bois, la mise en sc&#232;ne ing&#233;nieuse s'alimente de cette confrontation entre la condition vuln&#233;rable des enfants &#8211; qui ne sont &#224; toute &#233;vidence pas arm&#233;s pour endosser &#224; plein l'h&#233;ritage de leur lign&#233;e &#8211; et la raideur de l'&#233;ducation qui leur est administr&#233;e. Un peu moins abouti lorsqu'il s'attache &#224; d&#233;velopper la relation entre les deux fr&#232;res, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Faveur des moineaux&lt;/i&gt; &#8211; qui aurait tr&#232;s bien pu s'appeler &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ruban vert&lt;/i&gt;, en r&#233;f&#233;rence au &lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Le-Ruban-blanc.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Le Ruban blanc&quot;&gt;film de Haneke&lt;/a&gt; et aux teintes verd&#226;tres dont il est empli &#8211; atteste d'une belle maturit&#233; dans la cr&#233;ation d'images signifiantes et g&#233;n&#233;ratrices de tension. On peut l&#233;gitimement nourrir de l'ambition pour ce petit groupe d'auteurs, et leur souhaiter de parvenir &#224; assouplir leur &#233;criture encore un peu scolaire et &#224; apprendre &#224; d&#233;vier de leurs postulats de d&#233;part pour laisser leurs films explorer quelques chemins de traverse qui, loin de diluer leur message, parviendront sans aucun doute &#224; en renforcer la pertinence et &#224; introduire cette part de fragilit&#233; n&#233;cessaire &#224; tout grand &#339;uvre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Julien Marsa &amp; Fr&#233;d&#233;ric Caillard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;


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		<title>Le Sang du vampire &#8211; &#233;dition DVD</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Avenel</dc:creator>

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&lt;img src=&quot;http://www.critikat.com/IMG/arton6642.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;87&quot; height=&quot;111&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
&lt;div class='rss_chapo'&gt;Figure centrale du cin&#233;ma anglais des ann&#233;es 1960-70, le sc&#233;nariste Jimmy Sangster est d&#233;bauch&#233; loin de la Hammer pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Sang du vampire&lt;/i&gt; en 1958. Le talent et l'intelligence narrative du comp&#232;re de Terence Fisher sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Frankenstein s'est &#233;chapp&#233;&lt;/i&gt; (1957) est tout aussi pr&#233;sent dans cette histoire de vampire d'une impressionnante modernit&#233;.&lt;/div&gt;
&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1958 est &#233;galement l'ann&#233;e du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Le-Cauchemar-de-Dracula.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Le Cauchemar de Dracula r&#233;alis&#233; par Terence Fisher&quot;&gt;Cauchemar de Dracula&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; : l'approche du th&#232;me du vampire est, dans ce &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sang du vampire&lt;/i&gt;, beaucoup moins romantique que dans le film de Terence Fisher, plus proche des codes de l'Universal. Ainsi le &#171; vampire &#187; du titre est-il pourvu de son propre serviteur bossu avec un &#339;il mort pour faire bonne mesure (Victor Maddern, habit&#233; par son r&#244;le), et d'un laboratoire &#224; l'avenant. Jimmy Sangster ins&#232;re &#233;galement des nouveaut&#233;s intelligentes &#8211; et gla&#231;antes : un vivier de prisonniers dans lequel le vampire peut puiser, avec un syst&#233;matisme et une cruaut&#233; froide qui &#233;voquent plus les camps de la mort que la litt&#233;rature gothique, ou la possibilit&#233; de &#171; soigner le vampirisme &#187; par des transfusions (le beau &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Aux fronti&#232;res de l'aube&lt;/i&gt; de Kathryn Bigelow est donc moins original qu'il n'y para&#238;t !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;cit prend son temps avant de d&#233;signer son antagoniste principal : la femme (la reine bis Barbara Shelley &#224; ses d&#233;buts) venue chercher son futur mari, ledit futur mari, assistant forc&#233; du vampire, voire le bossu sont au m&#234;me niveau d'importance narrative, tous pourvus d'un personnage d&#233;velopp&#233;. Mais, &#233;videmment, la part du lion revient &#224; l'acteur de th&#233;&#226;tre Donald Wolfit dans le r&#244;le du personnage principal, &#171; vampire &#187; afflig&#233; d'une pathologie &#233;trange, sorte d'h&#233;mophilie qui le contraint &#224; subir des transfusions r&#233;guli&#232;res. Choix de casting &#233;tonnant, Donald Wolfit s'adapte pourtant avec enthousiasme &#224; son r&#244;le, p&#234;chant ses influences dans le style de Bela Lugosi, auquel il ajoute une bonhomie cruelle (il n'est pas oblig&#233; de saigner ses victimes &#224; mort, et pourtant...) qu'il semble aimer &#224; interpr&#233;ter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec cet &#233;trange vampire, on est donc au croisement du film de vampire traditionnel et du mythe de Frankenstein : on per&#231;oit ici la m&#234;me capacit&#233; au renouvellement des mythes par Jimmy Sangster que dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Frankenstein s'est &#233;chapp&#233;&lt;/i&gt;. Historiquement, ces choix narratifs aux c&#244;t&#233;s tangibles et r&#233;alistes renforcent la force fantasmagorique du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cauchemar de Dracula&lt;/i&gt;, film quant &#224; lui d'un romantisme et d'une stylisation absolus. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Sang du vampire&lt;/i&gt; est d'une cruaut&#233; redoutable, renforc&#233;e par les s&#233;quences &#171; europ&#233;ennes &#187; retrouv&#233;es par l'&#233;quipe des &#233;ditions Artus, qui ne sont pas sans &#233;voquer les &#233;prouvantes s&#233;quences rajout&#233;es des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.critikat.com/Les-Chasses-du-comte-Zaroff.html&quot; class=&quot;spip_in&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;critique du film Les Chasses du comte Zaroff r&#233;alis&#233; par Ernest Schoedsack et Irving Pichel&quot;&gt;Chasses du comte Zaroff&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Tout cela prouve la capacit&#233; redoutable de Jimmy Sangster &#224; renifler les changements th&#233;matiques du cin&#233;ma de genre (sans parler du changement du rapport de force des genres, amorc&#233; ici avec le personnage de Barbara Shelley, poursuivi avec force dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Frankenstein cr&#233;a la femme&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours prompt &#224; agr&#233;menter avec pertinence leurs DVD, les &#233;ditions Artus doivent &#234;tre ici salu&#233;es pour la bande-son de leur menu, agr&#233;ment&#233;e de bruits &#233;tranges et spongieux, le tout &#233;tant parfaitement bis et hautement r&#233;jouissant. Alain Petit est toujours au rendez-vous pour replacer le film en contexte, et se livre ici &#224; une petite digression sur les affres de la passion du cin&#233;ma bis qui r&#233;sonnera aupr&#232;s des amateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vincent Avenel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Blood of the Vampire&lt;/i&gt;, Royaume-Uni, 1958. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 1h27. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alisation :&lt;/strong&gt; Henry Cass. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sc&#233;nario :&lt;/strong&gt; Jimmy Sangster. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Image :&lt;/strong&gt; Monty Berman. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Douglas Myers. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Musique :&lt;/strong&gt; Stanley Black. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Production :&lt;/strong&gt; Robert S. Baker, Monty Berman. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interpr&#233;tation :&lt;/strong&gt; Donald Wolfit (Dr Callistratus), Vincent Ball (Dr John Pierre), Barbara Shelley (Madeleine Duval), Victor Maddern (Carl), William Devlin (Kurt Urach)...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;diteur DVD :&lt;/strong&gt; Artus. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Langues :&lt;/strong&gt; fran&#231;ais, anglais. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous-titres :&lt;/strong&gt; fran&#231;ais. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Date de sortie :&lt;/strong&gt; 5 juin 2013. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Prix maximum conseill&#233; :&lt;/strong&gt; 12,99 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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