The Long Excuse

The Long Excuse

de Miwa Nishikawa

  • The Long Excuse
  • (Nagai Iiwake)

  • Japon2016
  • Réalisation : Miwa Nishikawa
  • Scénario : Miwa Nishikawa
  • d'après : le roman The Long Excuse
  • de : Miwa Nishikawa
  • Image : Yutaka Yamazaki
  • Décors : Keiko Mitsumatsu
  • Costumes : Miwako Kobayashi
  • Son : Masaya Kitada, Mitsugu Shiratori
  • Montage : Ryûji Miyajima
  • Musique : Michiaki Katoh, Toshihiro Nakanishi
  • Producteur(s) : Akihiko Yose, Asako Nishikawa
  • Interprétation : Masahiro Motoki (Sachio), Pistol Takehara (Yoichi), Eri Fukatsu (Natsuko), Kenshin Fujita (Shinpei), Tamaki Shiratori (Akari), Sôsuke Ikematsu (Shinsuke)
  • Distributeur : Mag Distribution
  • Date de sortie : 29 novembre 2017
  • Durée : 2h04

The Long Excuse

de Miwa Nishikawa

Face à l’absence


Face à l’absence

The Long Excuse est le premier des cinq long-métrages de Miwa Nishikawa à sortir en France, ainsi que l’adaptation de son propre roman homonyme. Sachio est un écrivain à succès, qui perd soudain sa femme dans un accident de car. Enfermé dans un égocentrisme aveuglant depuis des années, il se rend alors compte que cette perte ne provoque chez lui aucune émotion. Placé en témoin de la tentative de rédemption de ce personnage antipathique, voilà donc le spectateur livré à l’inévitable leçon de vie comme quoi il faut profiter du moment présent, et des êtres chers tant qu’ils sont là. Ce programme tendrait inévitablement à l’asphyxie du film, s’il ne parvenait à s’extraire dans sa dernière partie de cette voie pavée de lieux communs.

Reprendre vie

Miwa Nishikawa fait en effet le choix de dévier quelque temps de son scénario en ligne droite pour s’intéresser à l’intimité d’une famille en recomposition. Car Sachio n’est pas le seul à avoir perdu sa femme dans cet accident. Face à l’effondrement de Yoishi, un chauffeur de camion veuf lui aussi suite à l’accident de car, l’écrivain propose de venir s’occuper de son fils et de sa fille durant ses longues journées d’absence sur les routes. Or c’est pendant ces scènes de quotidien que le film s’éveille enfin à la vie. Sachio regarde ces enfants qui parviennent à se débrouiller sans son aide, essayant de comprendre comment ils fonctionnent. La situation offre à à la réalisatrice l’occasion de s’arrêter dans le petit espace de l’appartement fourmillant de détails et d’objets que les enfants utilisent à leur guise. La caméra se place à la bonne distance, ne se contente plus d’isoler des visages, captant les maladresses qui jonchent cette cohabitation et construisent les bases d’une relation familiale. Les jeunes acteurs improvisent, entraînant le comédien / personnage à les suivre. Sachio se rapproche ainsi de l’aîné, garçon travailleur et orgueilleux en qui il se reconnaît, ce dernier commençant à se considérer comme un élément supérieur de cette famille aux origines sociales modestes. L’écrivain décide alors de s’atteler à prévenir la reproduction de sa propre trajectoire, nous ramenant invariablement dans l’entreprise de rachat moral annoncé par le titre. Mais un contact entre les personnages existe désormais, comme cet échange de regard silencieux par-dessus un cahier de devoir, dans l’obscurité d’une chambre d’enfant. Ces quelques instants suffisent à faire décoller le film : le drame humain s’articule désormais autour de la question de l’absence, fonctionnant par petites touches émotionnelles. « Être là » devient tout l’enjeu que poursuit Sachio, et son retour au monde s’accompagne de la naissance de son personnage à l’écran en même temps que la révélation sensible de tout ce qui l’entoure.

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