© Alba Films
Le Calendrier

Le Calendrier

de Patrick Ridremont

  • Le Calendrier

  • Belgique, France2021
  • Réalisation : Patrick Ridremont
  • Scénario : Patrick Ridremont
  • Montage : Thierry Delvigne
  • Musique : Thomas Couzinier, Frédéric Kooshmanian
  • Producteur(s) : Alain Benguigui, Virginie Ogouz, Jean-Yves Roubin, Cassandre Warnauts
  • Interprétation : Eugénie Derouand (Eva), Honorine Magnier (Sophie), Clément Oliviera (William), Janis Abrikh (Antoine)...
  • Distributeur : Alba Films
  • Date de sortie : 1 décembre 2021

Le Calendrier

de Patrick Ridremont

Le bras armé de la femme sans jambes


Le bras armé de la femme sans jambes

Dans Le Calendrier, nouvelle réalisation de Patrick Ridremont (Dead Man Talking), l’horreur est un paravent, le miel censé faire passer la pilule d’une allégorie sur la libération individuelle à l’heure de MeToo. Soit la rencontre fortuite entre Eva, une nageuse tétraplégique (Eugénie Derouand), et Ich, un boogeyman à bandelettes piégé à l’intérieur d’un calendrier de l’avent aux allures de maison de poupée. Le huis-clos anxiogène annoncé au départ, lorsque le monstre réveille chaque nuit l’héroïne traumatisée par un accident de voiture, laisse vite place à une relation d’emprise ambiguë : doublement opprimée, comme handicapée et comme femme dans une ville où les hommes oscillent entre machos et violeurs, Eva trouve dans l’esprit frappeur un allié pour renverser la chape pesante du patriarcat. L’ambivalence déplaisante du récit tient alors à ce que la pasionaria vengeresse récupère la maîtrise de son corps (elle parvient à nouveau à marcher au mitan du film) au prix d’une aliénation symbolique, Ich prenant peu à peu possession de la jeune femme en la poussant à manger de petits chocolats aux vertus psychotropes. Manifestement inspiré par les productions Blumhouse, Le Calendrier en reconduit aussi la forme inoffensive, simple compilation d’idées visuelles tout juste amorcées, sans jamais qu’elles ne constituent la matrice d’une véritable mise en scène. Ridremont s’en tient ainsi à mettre en parallèle les différents meurtres avec les supplices infligés aux petites figurines sorties du calendrier – telle la mort d’un agresseur, broyé par sa camionnette tandis qu’un chien dévore une voiture miniature. Le ridicule de la scène, souligné par les cris d’un acteur peu concerné et les tremblements de la caméra censés figurer les mouvements du molosse, ouvre néanmoins une brèche comique inattendue et involontairement réjouissante. Sorte de crossover entre film d’Halloween franchouillard et conte de Noël dark, Le Calendrier provoque de cette façon autant de gêne que de franche hilarité, sans jamais se départir d’un premier degré ahurissant – comme un authentique nanar.

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