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Un talent en or massif

Un talent en or massif

de Tom Gormican

  • Un talent en or massif

  • Etats-Unis2022
  • Réalisation : Tom Gormican
  • Scénario : Tom Gormican, Kevin Etten
  • Image : Nigel Bluck
  • Décors : Kevin Kavanaugh
  • Costumes : Paco Delgado
  • Montage : Melissa Bretherton
  • Musique : Mark Isham
  • Producteur(s) : Kevin Turen, Nicolas Cage, Samson Mucke, Mike Nilon, Kristin Burr
  • Production : Saturn Films, Lionsgaste, Burr! Productions
  • Interprétation : Nicolas Cage (Nicolas Cage), Pedro Pascal (Javi), Tiffany Haddish (Vivan), Sharon Horgan (Olivia), Paco Leon (Lucas Gutierrez), Neil Patrick Harris (Richard Fink), Lily Mo Sheen (Addy), Alessandra Mastropardi (Gabriela)...
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie : 20 avril 2022
  • Durée : 1h48

Un talent en or massif

de Tom Gormican

Mytheux


Mytheux

Dans la filmographie de Nicolas Cage, Un talent en or massif apparaît presque comme une suite logique : au fil de ses rôles dans des séries B d’une qualité parfois douteuse, l’acteur s’est en effet retrouvé de plus en plus à « faire du Nicolas Cage », devenant indirectement une étrange icône. Quoi d’étonnant, dès lors, à le voir maintenant camper explicitement son propre personnage dans une méta-comédie ? L’idée n’est pas sans charme : si le film de Tom Gormican affiche d’emblée une grande platitude formelle, il semble d’abord laisser le champ libre à Nicolas Cage pour jouer avec sa persona. L’acteur se caricature en travailleur boulimique, prompt à accepter n’importe quel rôle, tant et si bien qu’il finit par délaisser sa relation avec sa fille et par s’humilier en improvisant un pathétique concert de piano à son anniversaire. Si l’on peut ressentir un certain plaisir à voir l’acteur s’adonner à ce cabotinage et figurer sa carrière comme un véritable business plan permettant de financer un train de vie dérisoire, le film réfrène ses élans décalés à mesure que l’intrigue se met en place. Afin de rembourser ses dettes, Cage accepte de se rendre en vacances chez Javi (Pedro Pascal), l’un de ses plus grands fans, qui s’avère être aussi un narcotrafiquant ; il va alors faire office d’infiltré pour aider la CIA à mettre le criminel hors d’état de nuire.

Tout en exploitant à quelques occasions ce qu’une vénération idolâtre de Nicolas Cage peut avoir de comique, le film révèle son réel projet : il s’agit moins de déplier le mythe Cage que de le replier sur lui-même avec une jouissance régressive. L’aura n’est ici escamotée que pour mieux être réaffirmée, ce que confirme le plan-clef du film, où l’acteur-personnage contemple chez Javi une statue réalisée à son effigie : un lent mouvement de caméra y fait peu-à-peu se superposer le visage de Cage se reflétant dans le plexiglas avec celui de la statue. S’ensuit un long dernier acte particulièrement faible où Nicolas Cage redevient définitivement un action hero et où s’enchaînent retournements de situation et courses-poursuites en pilotage automatique. Le second degré n’est plus que le cheval de Troie du même train-train supposément spectaculaire sur lequel reposent les Cage movies. Une fois expédié le happy end de rigueur, Un talent en or massif peut alors s’achever sur un rassurant montage parallèle, réunissant Nicolas Cage et ses fans. Que le spectateur se rassure, le star-system hollywoodien n’est évidemment rien d’autre qu’une bienveillante usine à rêves.

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