© Gebeka Films
Mars Express

Mars Express

de Jérémie Périn

  • Mars Express

  • France2023
  • Réalisation : Jérémie Périn
  • Scénario : Jérémie Périn, Laurent Sarfati
  • Producteur(s) : Didier Creste, Gaëlle Bayssière
  • Production : Everybody On Deck
  • Interprétation : Léa Drucker (Aline Ruby), Mathieu Amalric (Chris Royjacker), Daniel Njo Lobé (Carlos Rivera), Marvie Bouvet (Roberta Williams)...
  • Distributeur : Gebeka Films
  • Date de sortie : 21 novembre 2023
  • Durée : 1h25

Mars Express

de Jérémie Périn

Coquille fantôme


Coquille fantôme

On pouvait attendre davantage de radicalité de Mars Express, premier long-métrage de Jérémie Périn, au regard des débuts du réalisateur dans le champ du clip (le traumatisme générationnel DyE – Fantasy) et de la série (Lastman). Il y creusait une veine à part dans l’animation française, marquée par un esprit punk, mais aussi alourdie par un goût prononcé pour la citation (Lovecraft, le cinéma d’action américain, l’animation japonaise…). Sorte de film « techn-noir » fortement influencé par Philip K. Dick, Mars Express suit Aline, détective hardboiled et Carlos, un androïde dans lequel a été téléchargée la conscience de son partenaire décédé. Engagés sur les traces d’une étudiante en robotique disparue après avoir « déplombé » (soit libéré des trois lois d’Asimov[1]Les trois lois de la robotique, formulées en 1942 par Isaac Asimov, sont des règles permettant en principe de garantir une forme de suprématie de l’humain sur la machine.) plusieurs robots, ils se retrouvent malgré eux au cœur d’un complot : en secret, la révolte des machines se prépare.

Au sein d’un imaginaire aussi balisé que celui du cyberpunk, Mars Express peine à trouver son identité. Étouffé par ses influences, le film semble souvent se contenter de cocher les cases attendues du genre, en témoignent les incises politico-philosophiques, centrées autour d’une division entre les robots et les humains comme métaphore (éculée) du racisme, ou encore les séquences d’action, calquées sur d’illustres modèles (cf. une séquence qui reproduit presque à l’identique le climax de Ghost in the Shell de Mamoru Oshii). On devine en creux la volonté de Périn de brosser le portrait d’un futur aseptisé et déshumanisé par le capitalisme technologique, à travers notamment l’antagoniste, caricature à peine voilée d’Elon Musk. Mais ces retours au contemporain ne dépassent pas le stade du clin d’œil ou de l’easter egg, et le film s’en tient à une vision dystopique convenue se révélant bien inoffensive.

Notes

Notes
1 Les trois lois de la robotique, formulées en 1942 par Isaac Asimov, sont des règles permettant en principe de garantir une forme de suprématie de l’humain sur la machine.

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