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Spaceman

Spaceman

de Johan Renck

  • Spaceman

  • Etats-Unis2023
  • Réalisation : Johan Renck
  • Scénario : Colby Day
  • d'après : Un astronaute en Bohême
  • de : Jaroslav Kalfař
  • Production : Free Association, Tango Entertainment, Netflix
  • Interprétation : Adam Sandler (Jakub), Carey Mulligan (Lenka), Paul Dano (Hanuš)...
  • Distributeur : Netflix
  • Date de sortie VOD : 1 mars 2024
  • Durée : 1h47

Spaceman

de Johan Renck

Sandler téléphone maison


Sandler téléphone maison

Spaceman appartient a priori au versant plus « sérieux » de la carrière d’Adam Sandler (au même titre que Uncut Gems, Hustle, etc.) – mais a priori seulement, tant le ridicule de certaines séquences fait basculer le film dans le champ du nanar. Jakub est un astronaute envoyé aux confins de l’espace pour étudier une mystérieuse formation astrale. Isolé du reste de l’humanité, il ne reçoit plus de nouvelles de sa femme Lenka (Carey Mulligan) et commence à s’inquiéter : l’attendra-t-elle, ou s’est-elle détournée de lui ? Il fait alors la rencontre d’Hanuš (doublé par Paul Dano), une créature inquiétante prenant peu ou prou la forme d’une mygale géante, avec qui il développe une étonnante amitié. Le film se révèle d’emblée prisonnier de sa principale astuce de filmage : la caméra flottante, qui vise à faire ressentir les effets de la gravité, semble dispenser Johan Renck de composer ses plans. Cet effet de ballotement donne simplement le sentiment de naviguer aléatoirement à l’intérieur du vaisseau, pour cultiver une impression (limitée) d’immersion dans le quotidien de l’astronaute.

Ce choix explique en partie la mollesse du film, qui transparaît aussi dans le déploiement du récit. Les conversations de Jakub et Hanuš prennent vite la forme d’une longue séance de psychanalyse empesée par une écriture trop explicative. À mesure que le personnage évoque ses souvenirs, des images de son passé lui reparviennent par le truchement de plans dissonants (un vortex aspire le centre de l’image et en tord les bords). Mais ces plans, censés rompre avec le flottement de la caméra, dispensent une nouvelle fois le film de penser sa mise en scène : réutilisé à foison, l’effet sonne comme une redite dès sa deuxième itération. Le film rejoue alors inlassablement une même scène, qui voit Jakub confier ses chagrins tandis qu’Hanuš (une mygale géante, rappelons-le) l’écoute patiemment en serrant contre lui un pot de pâte à tartiner. C’est le seul mérite de Spaceman : susciter quelques rires involontaires.

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