© The Jokers
Le Procès du chien

Le Procès du chien

de Lætitia Dosch

  • Le Procès du chien

  • France2024
  • Réalisation : Lætitia Dosch
  • Scénario : Lætitia Dosch
  • Image : Alexis Kavyrchine
  • Costumes : Isa Boucharlat
  • Son : Xavier Lavorel
  • Montage : Isabelle Dewinck
  • Musique : David Stanke
  • Producteur(s) : Lionel Baier, Agnieszka Ramu, Mathieu Verhaeghe, Thomas Verhaeghe
  • Production : Bande à Part
  • Interprétation : Laetitia Dosch (Avril Lucciani), François Damiens (Dariuch Michovski), Jean-Pascal Zadi (Marc), Anne Dorval (Roseline Bruckenheimer), Mathieu Demy (le juge)...
  • Distributeur : The Jokers
  • Date de sortie : 11 septembre 2024
  • Durée : 1h25

Le Procès du chien

de Lætitia Dosch

Parodie muselée


Parodie muselée

Le premier long-métrage de Lætitia Dosch repose sur une idée plutôt séduisante : il confronte la mécanique judiciaire et les codes du film de procès à un animal (un chien) – soit un corps incontrôlable échappant à la rationalisation humaine –, dont le crime est d’avoir mordu une femme alors qu’elle essayait de le caresser. De ce postulat, Le Procès du chien tire essentiellement une série de décalages comiques entre le « crime » de cet accusé inhabituel et le sérieux de l’analyse judiciaire (intervention de scientifiques, d’un comité éthique composé d’autorités religieuses et d’un philosophe, interrogatoire de la victime, etc.). Le film se fond ainsi dans la dramaturgie classique du genre (aux différentes étapes du système judiciaire s’ajoute la pression médiatique grandissante) pour accoucher d’une parodie qui ne tire toutefois pas réellement partie de son originalité initiale. Le cadre policé et ritualisé de l’institution n’est pas si fondamentalement bousculé par ce personnage canin, surtout filmé en contre-champ pour tourner en dérision les discours portés par les accusations ; in fine, la mise en scène explore peu l’horizon burlesque qu’ouvre en principe sa présence.

Tel est le paradoxe de cette comédie canine : son comique s’appuie quasi exclusivement sur les performances des acteurs humains (Lætitia Dosch, Anne Dorval, François Damiens en tête). Mais l’outrance de leurs interprétations finit par jouer contre le cadre du procès, qui suppose qu’une situation gagne progressivement en profondeur à mesure que les points de vue se multiplient. Le face à face entre les deux avocates, l’une naïve (Dosch), l’autre hyper-agressive (Anne Dorval) n’est pourtant pas dynamique et repose plutôt sur une partition répétitive, ponctuée de questions passionnantes, aussi bien sur un plan juridique que philosophique ou encore politique, mais dont le film ne s’empare que sur le mode du ressassement argumentatif. L’usage de la voix-off, multipliant les effets d’annonce et de suspense, paraît alors avant tout servir à relancer un film qui fait du surplace.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !