© Outplay Films
En Garde

En Garde

de Nelicia Low

  • En Garde
  • (Pierce )

  • Singapour, Taïwan, Pologne2024
  • Réalisation : Nelicia Low
  • Scénario : Nelicia Low
  • Image : Michal Dymek
  • Décors : Marcus Cheng, Kuei-Ting Hsu
  • Montage : John F. Lyons
  • Musique : Piotr Kurek
  • Producteur(s) : Sam Chua Weishi, Jérémy Chua, Patrick Mao Huang, Izabela Igel, John M. Lo
  • Production : Potocol, Flash Forward Entertainment, Harine Films, Elysiüm Ciné
  • Interprétation : Liu Hsiu-fu (Zijie), Tsao Yu-ning (Zihan), Ding Ning (Ai Ling), Lin Tsu-heng (Zhuang)
  • Distributeur : Outplay Films
  • Date de sortie : 31 décembre 2025
  • Durée : 1h46

En Garde

de Nelicia Low

À double tranchant


À double tranchant

Incarcéré pour avoir mortellement blessé son adversaire lors d’un combat d’escrime, Zihan tente à sa sortie de prison de renouer avec son frère, Zijie, qui s’est entre-temps lui aussi spécialisé dans cette discipline sportive. En Garde se concentre dans un premier temps sur ce dernier, présenté comme un jeune homme candide qui, envers et contre tous, décide de laisser une seconde chance à l’aîné. Si le film entretient d’abord une zone d’ombre autour de la culpabilité de Zihan, il l’évacue dans une seconde partie, dévoilant progressivement comment ce dernier est habité depuis toujours par une grande violence. À travers la relation entre ces deux frères, En Garde actualise en cela l’imaginaire de la rivalité d’Abel et Caïn. Jalousie, violence et rédemption sont transposées dans l’univers codifié de l’escrime, qui devient le théâtre symbolique de l’affrontement de ces deux personnalités.

Le récit peine cependant à dépasser un certain schématisme : Zihan est présenté comme une figure dangereuse et manipulatrice, tandis que Zijie incarne une innocence angélique, presque sacrificielle. Ce dualisme se reflète dans la forme même de la narration, qui épouse alternativement le regard de l’un et de l’autre, en faisant de cet entrelacement une manière de naviguer entre plusieurs genres et intrigues secondaires afin d’étoffer la matière du récit. Ce tissage s’effiloche toutefois lorsque le personnage de Zihan revient au premier plan. La narration délaisse alors ce tressage pour basculer brutalement dans l’horreur. La conclusion est ainsi l’écrin d’un déferlement de violence manifestement pensé pour choquer, tant la séquence tranche avec le reste du film. Si ce revirement final se rêve subversif, il laisse plutôt un goût d’inachevé, tant il apparaît arbitraire et animé par la volonté d’épater.

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