Girls Will Be Girls

Girls Will Be Girls

de Richard Day

  • Girls Will Be Girls

  • États-Unis2003
  • Réalisation : Richard Day
  • Scénario : Richard Day
  • Image : Nicholas Hutak
  • Montage : Chris Conlee
  • Musique : Stephen Edwards
  • Producteur(s) : Richard Ahren, Michael Warwick
  • Interprétation : Jack Plotnick (Evie), Clinton Leupp (Coco), Jeffery Roberson (Varla / Maria), Eric Stonestreet (Dr Benson), Greg Whitney (l'acteur-astéroïde), Jamie Malone (Stevie jeune), Lurie Poston (Varla jeune), Ron Mathews (Stevie), Dana Gould (Dr Perfect)...
  • Date de sortie : 5 juillet 2006
  • Durée : 1h19

Girls Will Be Girls

de Richard Day

Gag queen


Gag queen

Dur dur d’être une femme ! Surtout lorsque l’on s’appelle Evie, Coco ou Varla et que l’on vit de rêves brisés made in Hollywood et de fantasmes inassouvis. Dans ce premier long métrage, l’Américain Richard Day réunit trois acteurs pour interpréter trois rôles d’actrices déjantées et névrosées, au bord de la crise de nerfs. Frank Furter, Ziggy Stardust et John Waters s’invitent chez les Desperate Housewives. On a cru aux feux d’artifices, mais ça finit en pétard tout mouillé.

Evie, vieille alcoolique, au bord du coma éthylique se trouve au point mort de sa carrière d’actrice de séries B et de shows télévisés. Elle a joué dans Astéroïde et ne s’en est jamais vraiment remise. Narcissique et égocentrique, elle passe ses soirées à boire et à coucher. En parfaite femme d’intérieur, sa « roommate » Coco préfère le plumeau au vibro. Pleine de bon sens pratique, elle excelle dans l’art de tenir une maisonnée et fantasme sur la personne de Docteur Perfect, l’homme médecin bodybuildé au sourire émail diamant qui n’a cessé de pratiquer ses avortements. Quant à Varla, elle est fraîche et plantureuse, un peu gourdasse et pas très slim fast. Victime d’un déséquilibre alimentaire, elle rêve d’une carrière hollywoodienne à la Ava Gardner (le tour de taille en moins) avant de sombrer dans les bras d’un obscur faux-producteur aux intérêts peu scrupuleux, qui l’aguiche avant de la jeter sur le trottoir. Un producteur qui, en plus, ne s’est pas trempé dans un bain depuis fort longtemps ! Malheur, donc, à Varla car tout le monde n’a pas l’aisselle Narta. Heureusement, Stevie, le fils d’Evie, est là pour la réconforter : cet homme est chaleureux mais doté d’un micro-pénis.

Chouchou des festivals gays, Girls Will Be Girls est le premier long métrage de Richard Day. Nos trois girls en question sont incarnées par des acteurs. C’est intrigant mais sans grande originalité lorsque l’on sait qu’en 1959 déjà, Billy Wilder demandait à Tony Curtis et Jack Lemmon de revêtir perruques et jupons pour interpréter Daphné et Joséphine dans Certains l’aiment chaud. Ici, Richard Day désamorce les rêves pailletés de nos commères par des dialogues féroces à souhait. Car derrière la vie couleur rose dragée, le sordide pointe son nez. Le blush et le silicone ne masquent pas les ambitions mal digérées et la soif de vengeance inassouvie. Malheureusement, on se lasse vite. Les personnages certes drôles, sont acerbes mais peu convaincants.

Bâti sous forme de courts chapitres selon le principe du journal intime, ce premier long métrage manque de consistance scénaristique. L’enrobage malabar de la mise en scène, que l’on retrouve notamment dans certaines séquences musicalisées de rêves fantasmatiques, ne sauve pas les ambitions d’un film qui, pourtant très référencé, peine à nous surprendre et à dépasser les influences qui l’ont enfanté. On rit, certes, mais pas assez.

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