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Low Expectations

Low Expectations

de Eivind Landsvik

  • Low Expectations

  • Norvège, Danemark2026
  • Réalisation : Eivind Landsvik
  • Scénario : Eivind Landsvik
  • Image : Andreas Bjørseth
  • Décors : Sunniva Rostad
  • Son : Gisle Tveito, Kristoffer Endresen
  • Montage : Patrick Larsgaard
  • Musique : Frederikke Hoffmeier, Bendik Hovik Kjeldsberg
  • Interprétation : Marie Ulven (Maja), Anders Danielsen Lie (Johannes), Embla Berntsen (Aida)...
  • Distributeur : UFO Distribution
  • Date de sortie : 14 octobre 2026
  • Durée : 1h45

Low Expectations

de Eivind Landsvik

Mélancolie sous cellophane


Mélancolie sous cellophane

Low Expectations, présenté cette année à la Quinzaine des cinéastes, partage avec le cinéma de Joachim Trier, et en particulier Julie (en 12 chapitres), une même tendance à figurer la mélancolie dans un décorum douillet. Le film suit Maja (Marie Ulven), musicienne dont la carrière s’est interrompue et qui retourne chez sa mère à l’approche de la trentaine ; elle travaille désormais dans un lycée et côtoie chaque jour des élèves ou des collègues qui, pour la plupart, ne semblent pas prendre la mesure de son désarroi. Sa route croise en particulier celle d’Aida, jeune lycéenne mal dans sa peau avec laquelle se noue un lien fait de confidences, et de Johannes, collègue quarantenaire lui aussi empreint d’une certaine solitude. À eux trois, ils dessinent une forme de permanence de la mélancolie, dont personne ne réchappe vraiment. L’intérêt du récit tient aux petits déplacements que leurs échanges opèrent chez Maja : sans l’extraire de ce cycle, ils lui ouvrent une voie vers l’acceptation de sa tristesse. Celle-ci prend alors aussi la douceur d’un cocon, rendue sensible par les choix de mise en scène du cinéaste. Le régime d’images majoritaire du film, ponctué de ralentis appuyés étirant les gestes et les regards, de musique pop vaporeuse et de lumières de fin du jour, entretient la joliesse d’un vague à l’âme dans lequel il deviendrait presque agréable de se lover.

Une scène aux deux tiers du film, assez réussie, met toutefois ce refuge à l’épreuve. Maja et sa mère discutent autour d’une table dans le salon, où le mobilier harmonieux compose un camaïeu de beige et la lumière ouatée adoucit les visages. Une fois la conversation terminée, les deux personnages quittent le champ tandis que la caméra reste fixe et s’attarde sur la table et les chaises vides. Hors champ, on entend alors Maja s’effondrer en sanglots. À cet instant, on a l’impression que la tristesse doit être évacuée de ce décor pour pouvoir enfin se faire entendre ; l’atmosphère cotonneuse qui enveloppe le personnage paraît soudain incapable d’en accueillir la douleur profonde. Hélas, cette percée demeure isolée : pour le reste, le film glisse sur la surface d’un mal-être dont le cinéaste nous épargne le poids.

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