Sempre Vivu ! (Qui a dit que nous étions morts ?)

Sempre Vivu ! (Qui a dit que nous étions morts ?)

de Robin Renucci

  • Sempre Vivu ! (Qui a dit que nous étions morts ?)

  • France2007
  • Réalisation : Robin Renucci
  • Scénario : Jean-Bernard Pouy, Robin Renucci, Pierre Chosson, Ricardo Montserrat, Stéphane Gallet, Jean-Louis Milesi
  • Image : Bruno Privat
  • Décors : Bruno Beaugé
  • Costumes : Monic Parelle
  • Son : Maxime Gavaudan
  • Montage : Lisa Pfeiffer
  • Musique : Pierre Gambini
  • Producteur(s) : Alain Guesnier
  • Production : Agora Films
  • Interprétation : René Jauneau (Ange), Angèle Massei (Lellè), Wladimir Yordanoff (Sauveur), Élise Tielrooy (Carole), Pierre Laplace (Rinathu), Nathalie Grandhomme (Anna), Sarah Jossen (Marcia), Guy Cimino (Pantaleon), François Berlinghi (Fanfan), Jo Fondacci (Tarsigliu)
  • Distributeur : Shellac
  • Date de sortie : 13 juin 2007
  • Durée : 1h30

Sempre Vivu ! (Qui a dit que nous étions morts ?)

de Robin Renucci

Le temps des Corses


Le temps des Corses

Robin Renucci est acteur, il a créé un festival de théâtre en Corse et se réjouit dans ce film de rendre hommage à des textes comiques, à des acteurs amateurs, et à une île qu’il affectionne évidemment. Le problème est que l’on ne sort jamais de la peinture pittoresque de l’île de beauté, avec tous ses ingrédients politiques et humains. Ça crie, ça chante, ça rit, ça bouge beaucoup, mais un peu pour rien.

Un petit village dans les montagnes corses dont on barre sur les pancartes les terminaisons françaises pour les remplacer par des mots du cru. On y vit au milieu des chèvres, on y voit passer une voiture tous les trente-six du mois, et on tente coûte que coûte de sauver le village en y construisant un théâtre susceptible d’entraîner la renaissance commerciale et culturelle du coin, il faut bien le dire, un peu paumé au milieu de nulle part. Robin Renucci aime son pays, ses paysages panoramiques impressionnants au demeurant. Il aime aussi ses habitants, pris d’une douce folie un peu anachronique. Mais il ne parvient pas toujours à exprimer finement cet amour à l’écran, en voulant trop en faire, dans le son, dans les mouvements. Sans sombrer dans la caricature, il ne parvient pas vraiment à passionner.

Le maire ronfle, il va uriner bruyamment dans des toilettes qui servent aussi de frigos pour un bouteille de vin matinale, et il s’endort apparemment pour de bon. Son fils cadet est indépendantiste, très pointilleux sur les traditions et ferment immédiatement les volets en signe de deuil. Mais voilà, un ministre doit venir signer le contrat de construction du théâtre et le maire doit être vivant pour que le village renaisse. Et le fils aîné, haut-fonctionnaire parisien (un traître ?), débarque en pleine émeute. Au milieu de tous, la femme du maire, Lellè, se débat pour conserver l’unité familiale et villageoise. Tous ses personnages, de la ménagère encline aux ragots aux jeunes rockers, sont très vivants, parfois réellement comiques. Le problème du film est qu’il se fonde sur deux idées très réductrices : d’une part, celle de la private joke, qui finit par ennuyer à la longue tant les gags sont répétitifs ; d’autre part, celle du brouillon. Tentant de reproduire l’atmosphère des films de Kusturica, Robin Renucci bouge en permanence sa caméra sans réfléchir à un cadre.

Beaucoup de blagues potaches donc, beaucoup de hurlements et de beaucoup de poules. Robin Renucci a voulu une Corse qu’il ne veut pas voir disparaître : il lui rend hommage en retranscrivant une certaine gaieté, une bonne humeur bien réelle à l’écran, mais filme trop ses sujets comme des personnages de théâtre, qui vont et viennent sur une même scène. On en restera donc au stade de la peinture, sympathique et parfois réjouissante, mais pas vraiment inspirée.

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