Post-Grad

Post-Grad

de Vicky Jenson

  • Post-Grad

  • États-Unis2009
  • Réalisation : Vicky Jenson
  • Scénario : Kelly Fremon
  • Image : Charles Minsky
  • Montage : Dana Congdon
  • Musique : Christophe Beck
  • Producteur(s) : Jeffrey Clifford, Joe Medjuck, Ivan Reitman
  • Interprétation : Alexis Bledel (Ryden Malby), Zach Gilford (Adam), Michael Keaton (Walter Malby), Carol Burnett (Maureen Malby)...
  • Distributeur : Twentieth Century Fox France
  • Date de sortie : 7 juillet 2010
  • Durée : 1h28

Post-Grad

de Vicky Jenson

D'accord, c'est l'été, mais quand même !


D'accord, c'est l'été, mais quand même !

Le premier « vrai » film de Vicky Jenson, jusqu’alors coréalisatrice de médiocres productions DreamWorks (Shrek, Gang de requins), lorgne ouvertement du côté des pires « Disnieyseries », qu’elle parvient même à surpasser en mièvrerie et en médiocrité. Sévèrement étrillé par la presse américaine, Post-Grad bénéficie pourtant, à la faveur de la torpeur estivale, d’une sortie technique en France – quand tant d’autres œuvres qui mériteraient, elles, d’être diffusées en salles et d’y trouver leur public, se retrouvent directement (et dans le meilleur des cas) dans les bacs des vidéoclubs.

Ryden vient de terminer ses études supérieures. Armée de son diplôme, elle pense pouvoir désormais réaliser ses rêves professionnels, mais le poste qu’elle convoite au sein de la plus prestigieuse maison d’édition de Los Angeles lui échappe. La pauvre Ryden découvre alors que trouver du travail, c’est dur, et qu’être adulte c’est bien compliqué. Heureusement, sa famille de doux excentriques et son meilleur ami sont là pour l’aider à trouver sa voie.

S’appuyant sur un comique piteux et une fantaisie poussive, et ponctué par des chansons gluantes, Post-Grad témoigne d’une absence abyssale d’enjeux narratifs, aggravée par un manque de rythme terrifiant et une interprétation catastrophique (pauvre Michael Keaton, quelle triste fin de carrière…). Le jeu crispant de la jeune actrice principale n’aide pas à rendre sympathique son personnage de tête à claques qui n’hésite pas à s’acheter un appartement avant d’être sûre d’avoir décroché un travail, et qui considère comme une suprême horreur de devoir vivre aux crochets de maman et de papa-poule le temps de pouvoir voler de ses propres ailes.

Le film ne s’appesantit guère sur les affres de la recherche d’emploi – expédiée en deux-trois scènes passe-partout – et se concentre rapidement sur ce qui, au fond, intéresse vraiment les filles : la quête du Prince Charmant. Ryden est tellement obsédée par sa réussite professionnelle qu’elle ne voit pas à quel point son meilleur ami, qui l’aime et souffre en silence, est sensible, doux, attentionné et beau (quoique très fade).

Il faudra que celui-ci se fâche et lui dise ses quatre vérités (en gros : « tu penses tellement à ton futur que tu ne t’occupes pas de moi ! ») pour qu’elle réalise enfin sa tragique erreur et rectifie le tir : lorsque le boulot de ses rêves lui tombera tout cuit du ciel, elle n’hésitera pas à tout plaquer pour suivre l’homme de sa vie – qui, de son côté, ne renoncera à rien pour elle et pourra se préparer à une belle carrière. En 2010, après cinquante ans d’un pernicieux processus d’émancipation des femmes, il est sain que des œuvres d’avant-garde viennent rappeler aux jeunes spectatrices le sens des priorités.

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