Ce que je veux de plus

Ce que je veux de plus

de Silvio Soldini

  • Ce que je veux de plus
  • (Cosa Voglio di Più)

  • Italie, Suisse2010
  • Réalisation : Silvio Soldini
  • Scénario : Doriana Leondeff, Angelo Carbone, Silvio Soldini
  • Image : Ramiro Civita
  • Montage : Carlotta Cristiani
  • Musique : Giovanni Venosta
  • Producteur(s) : Lionello Cerri, Ruth Waldburger
  • Interprétation : Alba Rohrwacher (Anna), Pierfrancesco Favino (Domenico), Giuseppe Battiston (Alessio), Teresa Saponangelo (Miriam), Monica Nappo (Chicca), Tatiana Lepore (Bianca)...
  • Distributeur : Pyramide
  • Date de sortie : 11 août 2010
  • Durée : 2h

Ce que je veux de plus

de Silvio Soldini

Ne pas trop en attendre


Ne pas trop en attendre

Soit deux couples milanais : une comptable charmante et consciencieuse, compagne d’un homme à embonpoint et lunettes, bricoleur, gentil comme tout mais un peu dans son monde ; et un gérant de cantine méridional ténébreux marié à une épouse un peu aigrie. Devinez donc qui, dans chaque couple, va tromper son conjoint avec l’autre ? C’est que malgré sa tentative d’inscrire la romance dans un contexte réaliste — la vie de couple, les galères du foyer, etc. — le film de Silvio Soldini cache mal ses balises de mélodrame prévisible où, pour faciliter la sympathie pour les amants, chaque personnage est subtilement marqué pour occuper la place qui lui est conventionnellement due (par petites touches faciles de physique ou de caractère, les conjoints « de trop » sont stigmatisés et mis en retrait). Même l’audace naturaliste toute relative dont il fait preuve pour appuyer la relation clandestine va, d’une certaine façon, dans ce sens discriminatoire consistant à faire des uns des arguments de vente et des autres des meubles un peu encombrants : aux amants les ébats torrides filmés dans leur crudité sans coupures, tandis que la vie sexuelle des couples légitimes mérite à peine, à ses yeux, d’être mentionnée.

Soldini s’embarrasse bien, en vérité, pour essayer de conférer à son mélodrame un semblant de rapport avec le réel qui l’entoure : les vies conjugales et professionnelles plus ou moins stimulantes des deux amants, les difficultés économiques qui les assaillent. De ces constats d’usage un peu tirés en longueur, il ne constitue jamais un vrai point de vue, seulement de quoi alimenter les valses-hésitations des tourtereaux dont il ne sait nous faire attendre qu’une bien piètre chose : qu’à mesure que chacun cherche à faire évoluer leur relation, la réalité, justement, les rattrape et, à travers son regard de faiseur de drames piqués de social, fasse de leur liaison une faute. La question de l’argent, notamment, fait office de triste régulateur des élans sentimentaux. C’est elle qui s’infiltre dans les foyers et peut faire des conjoints des boulets, même malgré eux ; c’est elle aussi qui finit par mettre fin à la tendre parenthèse et à ramener au moins l’un des amants à la maison, parce que, comme constaté à la fin, l’adultère, ça coûte cher. La liaison extra-conjugale vue comme un luxe : l’idée, discutable, aurait mérité d’être développée, mais Soldini n’en garde qu’un ingrédient de scénario propre à aiguiller son film aux enjeux plus banals qu’il ne le voudrait.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !