Killing Bono

Killing Bono

de Nick Hamm

  • Killing Bono

  • Royaume-Uni2010
  • Réalisation : Nick Hamm
  • Scénario : Dick Clement, Ian La Frenais, Simon Maxwell
  • d'après : le livre Killing Bono
  • de : Neil McCormick
  • Image : Kieran McGuigan
  • Montage : Billy Sneddon
  • Musique : Joe Echo, Ciaran Gribbin
  • Producteur(s) : Piers Tempest, Nick Hamm, Mark Huffam, Ian Flooks
  • Interprétation : Ben Barnes (Neil McCormick), Robert Sheehan (Ivan McCormick), Pete Postlethwaite (Karl), Martin McCann (Bono), Krysten Ritter (Gloria)...
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 3 août 2011
  • Durée : 1h54

Killing Bono

de Nick Hamm

Sur la route du succès


Sur la route du succès

Gratter sa guitare au fond du garage, monter son groupe de rock et devenir une star, telle est la trinité adolescente valable presque partout et tout le temps. Surtout à Dublin en 1976, quand deux frangins décident de réaliser leur rêve alors qu’un de leurs amis lycéens suit le même projet et, malheureusement pour eux, se nomme Bono. Portrait en creux de la gloire face au destin tragi-comique de ces deux frères irlandais, toujours dans l’ombre du célèbre chanteur, Killing Bono met en scène des gamins qui refusent de perdre au jeu de la gloire, quitte à commettre l’irréparable.

Tiré du roman autobiographique de Neil McCormick, Killing Bono annonce la couleur avec son titre provocateur. Et pour cause. Neil (Ben Barnes) ne désire qu’une chose dans son existence, être célèbre et adulé. Pour cela, il embarque son jeune frère guitariste (l’excellent Robert Sheehan, remarqué dans la série Misfits) et crée Shook Up. Quant à Paul, un de leurs copains, il recrute lui aussi de son côté pour former un groupe au nom bizarre, U2. Un seul connaitra le succès.

Éminemment comique, Killing Bono nous balade de Dublin aux nuits Cold Wave londoniennes et s’amuse à brosser le portrait d’un loser convaincu de son talent, prêt à toutes les ruses pour atteindre le panthéon du rock. Mensonges, petites magouilles avec les malfrats du coin, Neil ne s’embarrasse d’aucune crasse. Entre concerts minables, squats louches et garde-robe dont même Boy George aurait eu honte, Killing Bono fait un constant va-et-vient des McCormick à la dérive et de la trajectoire ascendante de la bande à Bono. Le film, fortement inspiré de la vie de Neil, souligne la poisse dont furent victimes les deux frères. Alternant les bonnes nouvelles (signature d’un contrat avec un label, une proposition de concert alléchante) et leur irrémédiable plantage (renvoi du directeur du label, organisation du Live Aid de Bob Geldof le même jour que leur fameux concert), le métrage bénéficie d’une dramaturgie bien huilée, est parsemé de hasards systématiques qui annihilent toutes les tentatives des Shook Up, et crée une rythmique de l’échec assez jouissive.

Autre plus-value et non des moindres de Killing Bono, la reproduction des années 1980 dans la capitale britannique. Strass, paillettes, chapeaux ridicules et pompes improbables, le film remémore à ceux qui ne l’aurait pas connue (ou qui l’aurait oubliée) que la décennie Thatcher fut des plus fantasques niveau vestimentaire. Morceau de bravoure des acteurs parfaitement à l’aise dans des accoutrements d’un mauvais goût démentiel, la séquence de night-club vaut à elle seule le déplacement, tordant le cou à l’adage « c’était mieux avant ».

Pathétiquement drôle, le film s’interdit tout glissement tragique alors que le titre pouvait le laisser entendre. Aucune uchronie dans Killing Bono, juste un regard en coin vers les coulisses du succès où trainent souvent des stars mortes-nées.

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