Je suis venu vous dire…

Je suis venu vous dire…

de Pierre-Henry Salfati

  • Je suis venu vous dire…

  • France2010
  • Réalisation : Pierre-Henry Salfati
  • Scénario : Pierre-Henry Salfati
  • Image : Lionel Perrin
  • Montage : Bénédicte Prunet, Pascale Hannoyer
  • Production : Zeta Productions, Arte France
  • Distributeur : Kanibal Films Distribution
  • Date de sortie : 15 février 2012
  • Durée : 1h38

Je suis venu vous dire…

de Pierre-Henry Salfati

Ces petits riens qui me venaient de vous


Ces petits riens qui me venaient de vous

Entre ses passages télévisés multi rediffusés et les reprises régulières de ses chansons, c’est peu de dire que la parole de Serge Gainsbourg est omniprésente au sein de la culture populaire française. Quel intérêt pouvait donc représenter de réaliser un tel film, alors qu’une bonne partie des archives sur Gainsbourg sont déjà regroupées dans un coffret DVD (De Serge Gainsbourg à Gainsbarre) ? Peu de choses, si ce n’est quelques petites découvertes et toujours le même plaisir de (re)goûter à la prose de l’homme à la tête de chou.

On l’aura compris, le film de Pierre-Henry Salfati est composé en grandes parties d’images d’archive que chacun aura déjà pu voir ici et là. Pour redonner un gain d’intérêt esthétique au récit de la vie de Serge Gainsbourg, le réalisateur y mêle également des plans extraits de La Dame au petit chien d’Iossif Kheifitz, comme un rappel des origines russes du chanteur. On trouve également ici et là quelques images contemporaines de notre époque, dans un élan illustratif légèrement hors de propos, qui jure avec la beauté nostalgique des vieilles bobines. Le parti pris de flâner à travers l’œuvre de Gainsbourg par le biais de sa parole, dans un collage guidé par la libre association des éléments avait de quoi séduire sur le papier ; en pratique, il se résume surtout à reprendre en bloc certaines étapes de sa vie. On pourra grappiller, que l’on soit un initié ou non, quelques informations ou témoignages inédits, notamment sur son enfance et son exil en province durant la Seconde Guerre mondiale, ou revenir sur les images dures et attendrissantes de ses dernières tournées, mais le fait est que le principe d’une sortie en salles pour un film de ce genre pose question tout au long de la projection.

Pourtant, Salfati révèle, dans sa belle insistance à vouloir recueillir la parole du chanteur, que Gainsbourg était aussi un extraordinaire conteur de lui-même et de sa propre existence. Mais la facture finalement assez scolaire de ce documentaire laisse à penser qu’il obtiendrait plus de légitimité au travers d’un passage en télévision que d’une sortie en salles qui ne laisse que peu de place à sa réception. Cette impression est redoublée par le déficit d’images paradoxal que représente Gainsbourg : elles ont toutes déjà été tellement diffusées, décortiquées et sont terriblement connues du grand public que Salfati peine à apporter une pierre à un édifice qui n’en manquait véritablement pas.

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