After.Life
  • After.Life

  • États-Unis2009
  • Réalisation : Agnieszka Wojtowicz-Vosloo
  • Scénario : Agnieszka Wojtowicz-Vosloo, Jakub Korolczuk, Paul Vosloo
  • Image : Anastas N. Michos
  • Montage : Niven Howie
  • Musique : Paul Haslinger
  • Producteur(s) : Celine Rattray, William O. Perkins III, Brad Michael Gilbert
  • Interprétation : Christina Ricci (Anna Taylor), Liam Neeson (Eliot Deacon), Justin Long (Paul Coleman), Chandler Canterbury (Jack), Celia Weston (Beatrice Taylor)…
  • Date de sortie : 18 juillet 2012
  • Durée : 1h44

To be or not to be


To be or not to be

Anna, une jeune institutrice passablement dépressive, se réveille un jour à la morgue, au lendemain d’une dispute avec son petit ami. Est-elle morte, comme l’affirme son thanatopracteur, ou bien vivante comme elle-même le croit ? After.Life est de ces films qui placent le doute au cœur de leur dispositif, forçant le spectateur à se faire enquêteur, à amasser les indices pour démêler le vrai du faux. Belle démonstration de ce qu’il se passe lorsqu’on essaie de faire un film de « petit malin » sans en avoir les moyens.

Il faut être sacrément éhonté pour oser écrire un scénario pareil. L’ambition d’After.Life est apparemment de poser une situation ambiguë, de la développer en maintenant l’incertitude tout au long du film jusqu’à finalement laisser deviner la vérité. Faut-il croire Anna lorsqu’elle affirme être en vie ? Ou croire l’inquiétant Deacon, qui prétend que tous les morts disent la même chose jusqu’à ce qu’ils fassent finalement le deuil de leur vie ? En réalité, aucune des deux hypothèses ne tient la route. Plutôt que de maintenir le trouble par la rétention d’information, le scénario dessine des pistes contradictoires. Les indices qui tendent à démontrer la possibilité matérielle de donner à quelqu’un l’illusion qu’il ou elle a perdu la vie se mêlent à des saillies fantastiques, suggérant que nous sommes bien face à un cadavre qui refuse de mourir et se manifeste de façon surnaturelle aux vivants. Plutôt que de choisir son point de vue, le film oscille de l’un à l’autre de façon totalement incohérente et décomplexée. Voilà qui témoigne d’un criant manque d’estime pour la pratique cinématographique comme pour le spectateur, qui ne tardera pas à s’agacer de la supercherie.

Heureusement, les effets sonores sont là pour nous rappeler que nous sommes face à un film à suspense. Agnieszka Wojtowicz-Vosloo manifeste une grande culture téléfilmique et vient renforcer par sa mise en scène les poncifs qui jonchent le scénario. On a donc droit à une dispute de couple dans un restaurant suivie de la fuite en voiture et sous la pluie d’Anna, en larmes, prélude à un inévitable accident ; à une scène de rêve où la jeune femme, nue sous la douche, arrache son propre cœur et le tend à son petit ami hébété ; à une extinction de néons en cascade dans le couloir d’une école suivie par l’irruption d’un enfant inquiétant ; à un jeu de cache-cache dans des couloirs sombres, où une Anna haletante attend son tortionnaire un grand couteau de cuisine à la main. Le tout représenté de la façon la plus attendue et inélégante qui soit. Ultime affront : Agnieszka Wojtowicz-Vosloo se targue de « faire réfléchir » en proposant une interprétation morale prête-à-consommer, sans pour autant avoir le courage de prendre parti.

Notre seule consolation sera que l’héroïne ne soit pas incarnée par une bimbo de bas étage mais par Christina Ricci, dont la présence troublante survit à la médiocrité dans laquelle elle patauge. Voilà qui eût été une bonne idée de casting si After.Life avait été autre chose qu’un objet stérile, irrécupérable. Sa présentation en salles, deux ans après la sortie outre-Atlantique, a tout d’une mauvaise plaisanterie.

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