Chemin de croix

Chemin de croix

de Dietrich Brüggemann

  • Chemin de croix
  • (Kreuzweg)

  • Allemagne2013
  • Réalisation : Dietrich Brüggemann
  • Scénario : Anna Brüggemann, Dietrich Brüggemann
  • Image : Alexander Sass
  • Décors : Klaus-Peter Platten
  • Costumes : Bettina Marx
  • Son : Jacob Ilgner, Martin Frühmorgen, Holger Lehmann
  • Montage : Vincent Assmann
  • Producteur(s) : Jochen Laube
  • Production : UFA Fiction Ludwigsburg
  • Interprétation : Lea van Acken (Maria), Franziska Weisz (la mère), Florian Stetter (père Weber), Lucie Aron (Bernadette), Moritz Knapp (Christian), Klaus Michael Kamp (le père), Georg Wesch (Thomas), Birge Schade (la professeur de sport (Hanns Zischler (l'entrepreneur), Anna Brüggemann (médecin), Ramin Yazdani (médecin), Sven Taddicken (l'infirmier)...
  • Distributeur : Memento Films
  • Date de sortie : 29 octobre 2014
  • Durée : 1h47

Chemin de croix

de Dietrich Brüggemann

Un calvaire


Un calvaire

Reprendre les quatorze stations du chemin de croix pour y crucifier une adorable adolescente parce qu’elle est issue d’une famille de catholiques intégristes et ainsi montrer que, oui, la religion tue, voilà peu ou prou le projet particulièrement rudimentaire de Kreuzweg (chemin de croix). Troisième long-métrage du jeune réalisateur allemand Dietrich Brüggemann dont la filmographie est encore inédite en France, ce calvaire frappe non seulement par son message global d’une bêtise crasse, mais aussi par le fait qu’il fait mine de le justifier en enfonçant chaque fois un peu plus son personnage principal (interprété par la formidable jeune actrice Lea van Acken, seule véritable éclaircie du film).

Les derniers jours d’une condamnée à mort

Complètement corseté dans une esthétique rapidement aussi banale qu’exaspérante – quatorze plans fixes, à trois petites exceptions près –, ce supplice pèche essentiellement par son formalisme cauteleux, feignant de laisser au spectateur la chance de contempler de lui-même les étapes du lent suicide d’une jeune fille quand, au fond, il les martèle avec un bourrin d’ennui et de clichés. Pour les poncifs sur les relations au sein d’une famille refermée sur son intégrisme (mère castratrice et hystérique, père docile) et les médiocres discours anti-modernistes du prêtre, on accordera au film le fait qu’il est peu évident de ne pas sombrer dans la caricature quand sa source d’inspiration est déjà elle-même si caricaturale dans ses prises de positions systématisées ; mais, le vrai problème avec Kreuzweg, c’est qu’à aucun moment il ne semble vouloir dévier de sa trajectoire sordide, ne serait-ce que pour aller renifler ce qui existe un peu au-delà de ses émanations misanthropes.

Au-dessus de ses spectateurs dans sa manière de ne jamais leur lâcher la main, les traînant jusqu’au spectacle d’une des morts les plus idiotes que le cinéma ait jamais pu proposer (c’est le prêtre qui achève Maria en lui administrant l’extrême-onction – alors que, bon, on avait déjà bien compris que l’intégrisme pouvait être mortifère), le film prend également de haut ses personnages en leur imposant cette danse morbide dans un cadre qui finit par ne ressembler qu’à une vitre d’aquarium. La progression balisée du récit n’aide pas beaucoup non plus. Tout sent un peu la fausse bonne idée soi-disant radicale, quant il aurait fallu commencer par faire preuve d’un minimum d’empathie pour sa jeune protagoniste plutôt que de la condamner à mort dès les premières minutes.

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