© Chrysalis Films
L’Année prochaine

L’Année prochaine

de Vania Leturcq

  • L’Année prochaine

  • Belgique, France2014
  • Réalisation : Vania Leturcq
  • Scénario : Vania Leturcq, Christophe Morand
  • Image : Virginie Surdej, Nicolas Boucart
  • Son : Sarah Gouret
  • Montage : Pierre-Yves Jouette
  • Musique : Manuel Roland
  • Producteur(s) : Fabrice Préel-Cleach, Anthony Rey
  • Production : Hélicotronc, Offshore
  • Interprétation : Constance Rousseau (Clotilde), Jenna Thiam (Aude), Kevin Azaïs (Sébastien), Julien Boisselier (Sébastien)...
  • Distributeur : Chrysalis Films
  • Date de sortie : 24 juin 2015
  • Durée : 1h44

L’Année prochaine

de Vania Leturcq

À 18 ans


À 18 ans

Parmi les illustrations récurrentes de l’adolescence au cinéma, les amitiés dévorantes que se vouent les jeunes filles entre elles semblent fasciner les réalisatrices. Comme si elles voulaient nous révéler le secret de relations fondatrices dont on ne parle pas assez… Récemment, Mélanie Laurent avec Respire et Hélène Zimmer avec À 14 ans filmaient ces rapports passionnels avec les gros sabots du manichéisme. Avec L’Année prochaine, Vania Leturcq a au moins l’intelligence d’offrir plus de nuance à sa fiction et à ses personnages. Ici les jeunes filles n’ont pas nécessairement les comportements qu’on attend. Moins que les pions d’un conflit, elles sont deux électrons qui s’attirent et se repoussent avec les aléas de la vie. Et ce n’est pas vraiment celle qu’on croit qui vampirise l’autre…

Vania Leturcq situe sa fiction au passage décisif à la majorité. Il libère enfin Clotilde et Aude, qui montent à Paris l’une pour étudier la philo à la Sorbonne, l’autre pour préparer les Beaux-Arts. Mais Aude suit malgré elle son amie, laissant au village un amour naissant encore maladroit. Il est un peu lourd de voir l’histoire d’amitié, parce qu’elle marque une scission entre deux trajectoires, se rattacher ainsi à un chemin professionnel, à un choix de vie, revenant de fait à une division manichéenne – élan intellectuel (Clotilde pousse jusqu’au mémoire) contre élan naturel (Aude sera mère et serveuse là où elle a grandi). Le titre marque bien cette triste vision d’une irréparable cassure qui sépare les amitiés à mesure que les choix se font, enfermant le film dans un fil narratif qui va s’appauvrissant.

S’il est dommage de réduire à cette conclusion une amitié dont le rapport de forces est souvent subtilement nuancé, L’Année prochaine tombe à plat par d’autres aspects : son jeu souvent faux, sa musique sirupeuse, son démonstratisme évident (une fois de plus, la scène de cours qui donne littéralement le sous-texte du film). Ce n’est pas parce qu’il sait être là où on ne l’attend pas que L’Année prochaine ne finit pas par s’enfermer dans ses propres clichés, plan sur les toits de Paris compris. Ses personnages et actrices suivent le même chemin, Jenna Thiam surtout qui n’est malheureusement bonne que dans les crises – elle signe d’ailleurs à la fin du film une belle incarnation presque chorégraphiée de la séparation entre les deux jeunes femmes, filmée avec l’embrasure d’une porte pour second cadre pudique. Malgré ces rares instants d’envol, L’Année prochaine peine à n’être que l’anecdotique répétition d’une chanson trop connue.

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