Alex Rider : Stormbreaker

Alex Rider : Stormbreaker

de Geoffrey Sax

  • Alex Rider : Stormbreaker
  • (Stormbreaker)

  • Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis2006
  • Réalisation : Geoffrey Sax
  • Scénario : Anthony Horowitz
  • d'après : le roman Stormbreaker
  • de : Anthony Horowitz
  • Image : Chris Seager
  • Montage : Andrew MacRitchie
  • Musique : Alan Parker
  • Producteur(s) : Marc Samuelson, Peter Samuelson, Steve Christian, Andreas Grosch
  • Interprétation : Alex Pettyfer (Alex Rider), Ewan McGregor (Ian Rider), Mickey Rourke (Darrius Sayle), Bill Nighy (Alan Blunt), Sophie Okonedo (Mme Jones), Alicia Silverstone (Jack Starbright), Missi Pyle (Nadia Vole), Damian Lewis (Yassen Gregorovich), Robbie Coltrane (le Premier ministre), Stephen Fry (M. Smithers), Andy Serkis (M. Rictus)
  • Date de sortie : 25 octobre 2006
  • Durée : 1h33

Alex Rider : Stormbreaker

de Geoffrey Sax

Premier navet d'une culture


Premier navet d'une culture

Après James Bond et Spy Kids, voilà Alex Rider, agent secret blondinet et imberbe en mission pour sauver l’Angleterre. Entre le ridicule et le grotesque, le film vacille au gré de la conviction de ses acteurs.

Quand son oncle se fait canarder en voiture par un Russe en lévitation (suspendu à l’envers à un hélicoptère et rasant le sol à 200km/h), Alex Rider devient colère. Et il y a de quoi puisque l’unique membre de sa famille était Ewan McGregor et qu’il avait une super voiture de sport pleine de gadgets qui faisaient bip bip. Face à ce drame intimiste poignant, le jeune héros n’a plus qu’une solution : partir sauver l’Angleterre.

S’il n’y avait aucun produit pour les 7 – 15 ans estampillé « Agent secret d’origine contrôlée », c’est chose faite. Et le plaisir des producteurs de leur avoir enfin trouvé film à leur pied ne sera que décuplé par la réconfortante assurance d’un investissement sur le long terme. Alex Rider, c’est parti pour une série (Alex Rider à St Tropez, Alex Rider et les extra-terrestres…).

Pour assouvir les pulsions consommatrices adolescentes, le film mélange : un roman à succès (façon Tom Clancy), des gadgets high-tech (façon James Bond) et une psychologie niveau zéro ; le tout agrémenté de quelques effets spéciaux et effets visuels tape-à-l’œil, histoire de donner le sentiment d’en avoir eu pour le prix de son billet.

L’intrigue qui découle des ingrédients insipides parle d’elle-même : un méchant riche (Darrius Sayle — Mickey Rourke) veut tuer des gentils écoliers britanniques grâce à des ordinateurs truqués, pour se venger de la méchanceté de ses camarades de classe quand il était petit. Mais, par une pirouette scénaristique, Alex — devenu agent secret formé à la dure chez les militaires — est envoyé chez Darrius pour sauver le pays.

La mise en scène de Geoffrey Sax entraîne le film aux frontières d’un ridicule que la conviction des acteurs arrive parfois à éviter. Alex Pettyfer se sort plutôt bien de situations ou le grotesque guettait, comme rattraper un camion en vélo moyennant pirouettes et cascades dignes du cirque de Pékin ou mettre à terre huit mécaniciens gros bras avec une ficelle trouvée au hasard du décor. Mickey Rourke, en sobre psychopathe, évite aussi le pire à la différence des autres « adultes » du film. L’absence complète de fantaisie et de légèreté empêche de fonctionner l’autodérision que semble pourtant rechercher Geoffrey Sax, en imposant à ses acteurs adultes surjeu de tics et positions figées vite agaçants et risibles (en tête le bras droit féminin de Rourke).

Qui espérerait tout de même voir dans cette histoire d’ordinateurs tueurs offerts aux écoles britanniques une lueur de critique politique sur la libéralisation de l’éducation serait bien déçu. Même ça, le film passe à coté.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !